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L A V I G E R I E . be
Niger

Une autre Eglise, une autre vitalité !

lundi 18 juin 2012 par Jan Heuft, Webmaster

Il était à peine deux heures trente du matin, lorsque l’avion venant d’Alger touchait le sol de l’aéroport international de Niamey.

A l’accueil : deux jeunes confrères Pères Blancs, l’un du Congo, l’autre de l’Inde. Ce dernier n’arrêtait pas de clamer que c’était le troisième anniversaire de son ordination sacerdotale et qu’il était « hyper heureux » d’être le serviteur du Seigneur dans le sacerdoce. D’ailleurs, le lendemain dans la cathédrale de la ville, il a prononcé « une homélie du tonnerre » sur le sujet nourri pas des applaudissements fervents et fréquents des fidèles enthousiasmés par son témoignage ! Pour moi, venant de l’Afrique du Nord, une telle foule à la Messe fut un évènement en soi !

Après avoir passé quelques heures dans la maison d’accueil des missionnaires d’Afrique où encore deux autres confrères, l’un espagnol et l’autre français, ont tout fait pour rendre mon séjour agréable, j’étais sensé animer, dans une salle de l’archevêché, une réunion traitant le problème du service rendu aux migrants désireux de retourner dans leurs pays d’origine.

De nouveaux prêtres étrangers se sont ajoutés à notre groupe : un autre congolais, un italien, un béninois et un togolais. La société civile nigérienne musulmane fut représentée par une association gérante d’une station de radio locale. Il était particulièrement agréable de réflechir avec un tel groupe de jeunes, dynamiques et engagés pour la défense des droits de plus pauvres, en particulier les migrants sur la route du retour.

Ensemble nous formons une chaîne de solidarité allant d’Alger/Oran jusqu’à Kinshasa en passant par de multiples points de « ravitaillement » dont Ghardaïa, Tamanrasset, Adrar, Gao, Bamako, Arlit, Agadez, Niamey, Zinder et Birni N’konni.

En arrivant à l’archevêché de Niamey nous fûmes frappés par la présence dans la cour de deux petites familles libériennes que nous avions aidées, à partir d’Alger, à rejoindre leur pays d’origine.

Le prêtre italien, chargé de l’accueil des migrants, s’est montré très accueillant et très préoccupé d’assurer un départ rapide de ces familles dans de bonnes conditions dont la sécurité. L’organisation mondiale de migration, OMI, devrait organiser ce retour.

Ces deux familles avaient été mal traitées par les forces de sécurité à la frontière de l’Algérie et du Niger. Là encore, notre confrère italien, nous a courageusement accompagnés au ministère concerné pour signaler ces traitements indignes de l’être humain. Nous avons admiré son franc-parler exemplaire tout en respectant lui-même la hiérarchie locale !

Le dimanche, la cathédrale fut remplie, de haut en bas, de fidèles, dont les femmes, avec leurs beaux habits et leurs impressionnantes coiffures, donnaient une image festive à cette célébration de la Sainte Trinité.

Le père Curé, tout à fait au diapason avec « son troupeau », a expliqué ce mystère, incompréhensible, avec un téléphone mobile qui ne peut fonctionner sans la puce et le réseau. Cette comparaison a évidement provoqué quelques « hilarités » chez ses confrères concélébrants dans le chœur, mais a donné une bonne ambiance à cette célébration.

Un grand moment émouvant fut la cérémonie de l’offertoire où chaque fidèle avançait afin de poser, dans une immense corbeille au pied de l’autel, ses petites économies en geste de solidarité avec les milliers de réfugiés maliens campant aux frontières du pays. Vraiment cette foule joyeuse de fidèles, marchant en chantant et en dansant, témoignait vraiment de la solidarité entre les hommes dans le malheur et le bonheur !

Mon séjour dans ce pays formidable, mais pauvre, et dans cette Eglise bouillante de dynamise, s’est terminé par une visite à une association de radio locale de la défense des droits de l’homme.

Un bon groupe de jeunes femmes et hommes musulmans s’engage là pour faire avancer les conditions des migrants et de la démocratie d’une manière signifiantes, nous donnant tous « un remontant d’espoir » qu’un autre monde est possible. Il faut y croire.

Pour revenir à cette Eglise bouillante de dynamisme, le repas de tous les jeudis à midi rassemblant les prêtres de l’archidiocèse, auquel je fus invité, donnait un autre signe très fort de convivialité entre des hommes animés d’un même esprit, engagés dans un même combat : celui de faire progresser le règne de Dieu .

Niamey, le 7 juin 2012.

Jan Heuft, président de
Rencontre et Développement (CCSA)
Alger, Algérie

 

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