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L A V I G E R I E . be

Le Père Octave Juvent

lundi 18 juin 2012 par J.V.
  Vendredi 15 juin 2012, vers 14h30, notre confrère
 
Octave Juvent


s’est éteint doucement au « Foyer Sainte Elisabeth » à Saint-Ghislain.

Le Père Juvent est né le 25 juillet 1916 à Frameries (Province du Hainaut, diocèse de Tournai), en plein Borinage. Sa maman meurt quand Octave a huit ans. Après l’école primaire à Hornu, il fit d’abord quatre années d’Humanités modernes à Jemappes, ensuite, voulant devenir prêtre, il passa aux Humanités gréco-latines au Petit séminaire Notre-Dame de Bonne-Espérance ; il fut renvoyé « pour une affaire de gaminerie (discipline) ». Il termina la poésie et la rhétorique au collège St-Julien à Ath. Il entre à Glimes le 14 septembre 1935, fait son noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee, où il prononce son serment missionnaire le 13 avril 1941 et est ordonné prêtre le 6 avril 1942. Les éducateurs notent à son sujet : « Caractère borain : rude, explosant rapidement, lancé dans l’action, mais vite calmé ». De 1942 à 1945 il étudia à l’Université de Louvain où il obtint une licence en théologie.

En 1943, le père Juvent était aumônier de la résistance à Herchies. « J’étais très prudent, je ne portais pas d’arme. Je faisais fréquemment des visites chez les résistants, histoire de remonter leur moral. » Un jour, un pasteur lui demande de cacher quelque part dans le Borinage une famille juive de Bruxelles, la famille Schweitzer. « C’était mon devoir de le faire, ma conscience me le demandait. » Il l’a cachée au grenier d’un Institut et l’a ravitaillée jusqu’à la libération. Cinquante ans plus tard – parce qu’il avait refusé à plusieurs reprises - il obtiendra de l’Etat d’Israël le titre de ’Juste parmi les Nations’.

Ayant terminé ses études, Octave enseigne pendant une année la philosophie à Thy-le-Château (’45-’46) et pendant deux ans la théologie dogmatique à Heverlee (’46-’48).

Le 1er décembre 1948 Octave peut enfin s’envoler avec Sobelair pour le Rwanda, où il devient professeur au Grand séminaire régional de Nyakibanda, après avoir passé l’examen de langue kinyarwanda. Le régional de l’époque, le père Hellemans, note : « Est dévoué et généreux ; travaille à la pioche avec les séminaristes. Est bien vu de ceux-ci. » Pourtant, ses idées novatrices ne plaisent pas à tout le monde, surtout pas aux autorités. En 1952 on décide de le nommer « dans la vie active des missions ». Un confrère, curé de la paroisse de Nyumba tout proche du séminaire, a écrit : « Le P. Juvent est l’homme de mes rêves, un de ces hommes qui feraient un jour une révolution bienfaisante, s’il passait par la brousse. Il a des idées sociales et éducatives à la page et il est passionné de progrès. »
En janvier 1953, le voilà donc vicaire et directeur des écoles à Rwamagana. Une année et demie plus tard il fonde la paroisse de Bungwe. En juin 1955, Octave est curé à Kigali et en avril 1956 curé à Butare (Astrida à l’ époque).

En février 1958 il suit la grande retraite à Mours. Il est alors nommé propagandiste « pour le pays wallon », avec résidence à Verviers. Pas pour longtemps, car en juin 1959 il est nommé professeur de théologie morale à Heverlee. Il a beaucoup de contacts avec les scolastiques, voudrait moins d’insistance sur le règlement et que l’on leur fasse davantage confiance… Il donne des conférences théologiques dans les maisons de la province sur les encycliques « Mater et Magistra » et « Pacem in terris ». En 1962 il est élu conseiller provincial.

En novembre 1965 il repart au Rwanda, où il est nommé dans le diocèse de Ruhengeri. En décembre il devient secrétaire de l’évêque du lieu, Mgr. Sibomana, Ayant l’habitude d’abattre énormément de travail, Octave se sent sous-employé. Aussi accepte-t-il de prêcher retraites et récollections, même au-delà des limites du diocèse. Il reçoit beaucoup de jeunes confrères en direction spirituelle.

Au Chapitre de 1967 il représente les confrères du Rwanda. A son retour, en juin 1968, il est nommé supérieur à Busogo. En janvier 1969 il est élu conseiller régional. En juillet 1969, Octave est chargé de la direction de l’Ecole des catéchistes à Ruhengeri.

En juillet 1970 il revient en Belgique pour son congé régulier ; un de ses reins est « descendu » et lui cause pas mal de problèmes. Entre-temps l’ancien scolasticat d’Heverlee est devenu une pédagogie universitaire, toujours sous la direction des Pères Blancs. Le provincial de l’époque, le père Van Wielendaele, écrit au père Juvent : « Grâce à votre forte personnalité, vous êtes de taille, estimons-nous, à affronter les problèmes des étudiants. Votre travail est à la foi d’ordre apostolique, surtout dans les contacts personnels, et d’ordre administratif et disciplinaire. » Octave accomplit cette tâche jusqu’à la fin de l’année académique 1972. En mars 1971 il avait été élu conseiller provincial. Pendant quelques mois il assura le travail de propagandiste pour Vivant Univers, à Namur.

Le 13 avril 1973, le père Juvent est nommé assistant provincial de la Belgique, service qu’il commencera au premier juillet 1974. Le père Van Wielendaele commence alors son deuxième mandat de provincial et le père Georges Eeckhout est premier assistant. Octave sera délégué au Chapitre de 1974. C’était une période difficile pour notre Province, car beaucoup de confrères quittèrent la Société. Ad extra Octave était surtout engagé dans les O.P.M. sur le plan national, ce qui impliquait beaucoup de déplacements et de nombreux contacts avec les curés. Il faisait en outre partie de l’équipe d’animation missionnaire et participait à la rédaction d’Eglise et Mission.

Après son deuxième mandat à la Province, Octave s’installe à la rue du Prévôt ; son premier souci reste l’apostolat paroissial, mais il continue ses engagements dans les O.P.M. nationales mais également dans le diocèse de Tournai. En août 1982 il donne sa démission au niveau national. Après un essai de quelques mois hors communauté, comme vicaire de la paroisse Saint-Martin à Genly-Noirchain (il résidait à Audregnies-Quiévrain), il s’installe en novembre 1983 à la Fraternité de Thy-le-Château. Il y participe au travail d’animation missionnaire, mais reste surtout engagé dans les O.P.M. de son diocèse d’origine. Fin 1985, fatigué, il donne sa démission. L’évêque de Tournai, Mgr. Jean Huard, témoignera : « Fort de son expérience missionnaire, il a su susciter avec son équipe un véritable esprit d’ouverture à toute la mission évangélisatrice de l’Eglise. »

Le père Juvent était donc à nouveau disponible et les autorités provinciales en profitèrent. En décembre 1985 il est nommé supérieur à Heusy, en septembre 1987 il retourne à Thy-le-Château somme supérieur, formateur et secrétaire, en septembre 1989 il est nommé à La Plante, où il donne un coup de main au supérieur et fait du ministère. A partir de Namur, il s’engage comme aumônier au Foyer Ste-Elisabeth à Saint-Ghislain. Quand, en décembre 2001, les déplacements en voiture commencent à lui peser, il s’installe chez les sœurs Servantes du Sacré-Cœur de Jésus (de Versailles) à Boussu. En 2008 il est fait citoyen d’honneur de Boussu. Il vieillit, bien sûr, mais son esprit reste vif. Il continue à lire trois livres à la fois : théologie, spiritualité et culture générale. Il reste le confrère charmant et agréable, aux réparties bien ajustées, à l’humour décapant. Après plusieurs semaines à l’hôpital, il est accueilli au Foyer Ste-Elisabeth le 27 janvier 2012. Le 6 avril Octave fêtait ses 70 ans de sacerdoce…

  La liturgie d’adieu aura lieu le jeudi 21 juin 2012 à 11 heures, en l’église Saint-Géry à Boussu (rue Leo Figue – 7300 Boussu), suivie de l’enterrement dans le caveau familial à Hornu.  

Les concélébrants apportent aube et étole blanche. Une collation est prévue dans la maison du doyen, près de l’église.

 
Jef Vleugels
 

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