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L A V I G E R I E . be

Le Père Yves Dujardin

mardi 26 juin 2012 par J.V.
  Un coup de téléphone matinal d’Evere nous apprit que le
 
Père Yves Dujardin


était décédé à ’Nazareth’, le 24 juin 2012, vers 23 heures.

Yves est né le 1er novembre 1933, à Leuze, dans la province du Hainaut, diocèse de Tournai. Son père mourut en 1947. Yves commença les humanités classiques chez les Jésuites à Tournai, pour les poursuivre, à partir de la cinquième, au collège diocésain St-Augustin à Enghien. En 1953 il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château, fit ensuite son noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 4 juillet 1959. Il fut ordonné prêtre à Thy-le-Château le 2 février 1960.

Ses formateurs le décrivent ainsi : plutôt travailleur manuel qu’intellectuel, « savoir-faire d’ancien scout », très bon dessinateur, rêveur, « un peu dans la lune », original, espiègle, « capable d’inventions cocasses et inattendues », « avec rien il vous fait des merveilles », plutôt bohème, genre broussard, « boute-en-train et jovial », caractère heureux, toujours de bonne humeur, mais aussi « plus profond qu’on ne le pense », une candeur désarmante, un cœur d’or, « ne connaît pas ce que c’est la méchanceté », humble…
Avant l’envoi en mission, il avait demandé l’Afrique Occidentale Française.

Premier départ en novembre 1960 : vicaire à la paroisse de Zaba, diocèse de Nouna, dans ce qui s’appelait encore la Haute-Volta à cette époque. Zaba est une paroisse de brousse de 1 800 chrétiens marka. Après six mois Yves a passé brillamment l’examen de langue marka chez Mgr. Lesourd. En 1964, Monseigneur l’appelle à Nouna, pour des aumôneries et comme responsable des Œuvres diocésaines. Après son retour de congé, Yves est nommé vicaire à la paroisse de Safane, paroisse encore en fondation.

En juillet 1970, il devient lui-même curé-fondateur de la paroisse d’Oury. Dans ces circonstances, une démarche du provincial de Belgique, en février 1971, visant à obtenir Yves pour l’animation missionnaire, était condamnée d’avance. Une deuxième tentative en 1984 connaîtra le même sort. Yves parle couramment le djoula et il est dans cette région le seul à parler le huluma. Il restera à Oury pendant 26 ans ! Il se dépense corps et âme. Il multiplie les tournées pour visiter les chrétiens, se déplaçant le plus souvent en mobylette, anime, construit et se dévoue plus spécialement auprès de la jeunesse. Malheureusement, une fois lancé dans une activité, il ne se ménage pas assez. Déjà en 1963, le régional de l’époque écrit : « Il fait facilement des imprudences qu’il faut payer ensuite. J’ai insisté sur ce point, espérant qu’il en tiendra compte. » Yves n’en tient pas compte ou si peu, non pas par manque d’esprit d’obéissance, mais par nature, par distraction et par l’habitude de ne point penser à lui-même.

Cette longue période à Oury est entrecoupée par la session-retraite à Jérusalem en 1980. En juillet 1996, Yves vient en congé et la session DMA à Jérusalem l’aide à digérer son départ d’Oury, mission accomplie, car la paroisse est transmise aux abbés diocésains. A son retour de congé, en janvier 1997, il devient vicaire à Solenzo, et en octobre 2000 vicaire à Tansila. Après son congé en 2005, pendant lequel il participe à Rome à la session des 70+, il retourne à Tansila, jusqu’à son évacuation sanitaire d’urgence, en février 2007. Il a trop présumé de ses forces, trop négligé les attaques de paludisme qui le terrassent de plus en plus souvent. En juin 2007 il est définitivement nommé en Belgique et s’installe, après un long passage à l’hôpital, à la Maison Saint-Joseph d’Evere. A un moment donné il espère encore repartir au Burkina pour faire ses adieux… Quand il devient de plus en plus ’absent’, il sera transféré à Nazareth en août 2010, où il recevra des soins appropriés. Il reconnaît de moins en moins les personnes qui le visitent, même les confrères d’Evere qui le visitent régulièrement. Les derniers mois il était dans état comateux.

Il n’y a aucun doute que sa maman veillait sur lui. Non seulement elle était allée à plusieurs reprises au Burkina voir et travailler sur place, mais elle suivait de près tout ce que son fils missionnaire entreprenait. « Continue à me donner tous les détails de ta vie là-bas, lui écrivait-elle, tout m’intéresse et me permet de te suivre par la pensée et la prière. » – « De mon côté je prie de Bon Dieu, afin qu’il t’aide et te garde en bonne santé, pour accomplir ce rude travail qu’Il t’a confié, et que je connais mieux maintenant pour y avoir participé. » Ses séjours en mission avec son fils ont totalisé une année complète… En 1984, Yves avait revu sa maman pour la dernière fois. « L’un et l’autre nous le savions. Nous savions aussi que cela faisait partie d’une vocation partagée. Les moments qui me restent présents à la mémoire sont surtout les Eucharisties partagées dans son petit appartement, à l’intention de vous tous et plus largement de la mission universelle. » En février 1985, elle écrivait : « J’ai gardé un magnifique souvenir de ton séjour. Je remercie le Bon Dieu de m’avoir permis de vivre ensemble durant ces quelques mois. Quand cela m’est possible, je lis la messe et je me joins à toi par la pensée… Bien qu’éloignée, je me sens proche de toi par la prière. » Et Yves de conclure cette lettre à sa famille (écrite après le décès de sa maman, survenu en novembre 1986) : « Je suis persuadé que jusqu’au bout, elle a continué à offrir tout ce qu’elle vivait pour vous, pour nous, pour la mission… »

Voici quelques phrases tirées du testament spirituel d’Yves :

Au-delà de ma mort, une porte s’ouvrira, Il me fera entrer dans son intimité, pour me conduire enfin chez son Père bien-aimé.
Au-delà de mes peurs, au-delà de ma pauvreté, tel que je suis Il me fera entrer dans son Royaume d’amour, qu’Il nous fit entrevoir, pour lequel Il est mort, mort et ressuscité.
Et au-delà de tout, nous serons tout en Lui, nous serons tout en tous, en communion d’Esprit et dans l’amour du Père AVEC LUI pour toujours, comme Il nous l’a promis. Voilà ce que je crois !

  La liturgie d’action de grâce aura lieu le samedi 30 juin, à 10h30, en l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent, 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare.  

Ceux qui désirent concélébrer apportent une aube et une étole blanche. Une collation sera offerte à la famille et aux confrères dans l’établissement James en face de l’église.

 
Jef Vleugels
 

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