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L A V I G E R I E . be
Esclavage et pauvreté

LA PAUVRETE EN AFRIQUE.

Famille Mission N°4 - 2012
lundi 25 mars 2013 par Manu Quertemont, Webmaster

On n’arrivera pas à des résultats valables dans la lutte contre les multiples formes modernes d’esclavage sans s’attaquer aux racines du mal.

A quoi sert –il, par exemple, de sauver des femmes et des enfants des griffes de la rue et de la prostitution si le reste de la population, leurs familles, demeurent éternellement au seuil de la pauvreté, si l’accès à l’eau potable, à l’électricité, à un logement décent reste le privilège des gens aisés.

S’il n’y a pas d’égouts dans les quartiers pauvres des grandes villes, pas d’écoles, pas de dispensaires pour les villageois isolés, pas de travail pour la jeunesse, peut-on s’attendre à ce que cesse cette plaie infâme qu’est l’exploitation des hommes et des femmes en Afrique ?

Il n’y a aucun doute, le combat contre la pauvreté endémique en Afrique est la clé du problème de l’esclavage moderne dans cette partie sud du monde.

Est-ce à dire que l’Afrique est un continent pauvre ?

Que non ! Comme le disait Benoit XVI et comme nous pouvons en témoigner, nous les missionnaires, le continent africain regorge de richesses naturelles qui bien gérées pourraient en faire le continent le plus riche du monde. « Dieu a donné à l’Afrique d’importantes ressources naturelles ». Africae Munus § 79.

Diamants, or, pierres précieuses, coltan, uranium, fer, cuivre, pétrole etc… dorment depuis des millions d’années dans le sous-sol africain et n’attendent que d’en être retirés.

La terre produit de tout pour faire le bonheur des humains : café, cacao, thé, arachides, maïs, riz, coton, sisal… Des centaines d’espèces de délicieux fruits tropicaux attendent d’y être cueillis : bananes, ananas, mangues, papayes, goyaves… La belle nature avec sa faune et sa flore extraordinaires attire les touristes. Les grands lacs africains, les hautes montagnes et même les déserts font recette. C’est bien là le malheur du continent « Noir » : c’est sa richesse qui fait sa pauvreté. Toute cette opulence excite l’appétit féroce des grands, favorise l’exploitation des petits et sème partout l’ivraie de la corruption… ceci sans compter toutes les guerres et conflits armés engendrés par la convoitise de tous ces biens.

« Il est du devoir de l’Église de lutter pour « que chaque peuple puisse être lui-même le principal artisan de son progrès économique et social... » Africae Munus 79.

LES CHEMINS DE LA PAUVRETE EN AFRIQUE.

Pour bien lutter, il faut identifier l’ennemi et connaître toutes ses ruses. Si l’Afrique d’aujourd’hui est encore si peu développée et si une grande majorité de sa population stagne encore dans la misère, il doit bien y avoir des raisons à cette situation ? La pauvreté n’est pas tombée du ciel, elle est arrivée par de multiples chemins plus tortueux les uns que les autres. Nous en épinglons ici quelques-uns (il y en a d’autres) et essayons très brièvement de trouver des pistes d’action pour une réduction progressive de cette détresse généralisée du continent africain.

- 1) LES CATASTROPHES NATURELLES.

Le réchauffement de la planète c’est aussi valable pour l’Afrique. El Nino se rappelle continuellement au souvenir de ses habitants, particulièrement ceux de la corne de l’Afrique et le continent se voit tour à tour asséché ou inondé. Les récoltes compromises, le peuple meurt de faim, les épidémies de choléra ravagent villes et villages vite abandonnés par leurs populations qui se réfugient dans des camps de misère. Comment dans ces conditions vivre et se développer harmonieusement ? Comment sans eau, sans nourriture, sans toit, sans « chez soi » regarder vers l’avenir en toute quiétude ?

La parabole du jugement dernier retentit par-dessus les déserts et les savanes et vient jusqu’à nous : « J’avais faim, j’avais soif, j’étais malade…. » L’évangile nous secoue et nous rappelle notre mission de partage et de solidarité vis-à-vis de tous les réfugiés du monde. Au cours de l’eucharistie, lors du « Faites ceci en mémoire de moi » nous nous rappelons aussi le lavement des pieds. La « communion », ce n’est pas seulement recevoir mais aussi donner !

« La situation de précarité de ces pauvres (réfugiés) devrait susciter la compassion et la générosité de tous » Africae Munus 84.

- 2) LES PANDEMIES.

Quand dans un village, la moitié de la population active est terrassée par des maladies telles que le Sida, la Tuberculose ou la Malaria, peut-il y avoir vraiment du développement durable ? Quand à cause de ces fléaux, l’espérance moyenne de vie des habitants au sud du Sahara, se situe approximativement à 50 ans peut-on faire des plans d’avenir ?

« L’Eglise est résolument engagée dans la lutte contre les infirmités, les maladies et les grandes pandémies. » Africae Munus 139.

- 3) LA SORCELLERIE.

A première vue on pourrait se demander ce que vient faire un tel propos au 21e siècle ? Les africains et ceux qui, comme les missionnaires, les connaissent bien, ne s’étonnent pas. La sorcellerie est toujours d’actualité, en recrudescence même dans certains pays. Les Pères Synodaux n’ont pas manqué de la stigmatiser.
Superstition direz-vous, oui, mais terrible frein au développement et grand facteur de pauvreté. Cela va même parfois jusqu’à des sacrifices humains sensés vous apporter la richesse et le bonheur. En référence consultez ce qui a déjà été écrit dans nos rubriques au sujet des meurtres d’albinos en Tanzanie et au Burundi, des enfants talibé au Mali, des enfants sorciers de Kinshasa.

Une espèce de peur ancestrale peut saisir l’homme africain jusqu’aux viscères. Perturbé au plus profond de son âme, il ne trouve son chemin dans la vie que grâce à toutes sortes de pratiques magiques reçues des ancêtres depuis des générations. Ne faites rien pour exciter la jalousie de vos voisins, pas de belles maisons, pas de grands projets agricoles, vous risquez qu’on vous jette un mauvais sort, qu’on vous empoisonne… Pour tous vos problèmes il y a une « Dawa », un grigri, un remède et c’est ainsi que sur tous les marchés africains on vend des amulettes en pagaille  !

« …des peurs renaissent et créent des liens de sujétion paralysants. Les préoccupations concernant la santé, le bien être, les enfants, le climat, la protection contre les esprits mauvais, conduisent de temps à autre à recourir à des pratiques des religions traditionnelles africaines qui sont en désaccord avec l’enseignement chrétien… » Africae Munus 93.

- 4) LES GUERRES ET CONFLITS ARMES.

Les conflits armés retardent le développement des peuples.

L’Afrique ne compte plus les guerres. Les pays africains qui depuis leur indépendance n’ont pas subi ces calamités se comptent sur les doigts d’une main.
On se bat entre citoyens d’un même pays, contre la nation voisine. Ces luttes fratricides prennent leur source dans des questions d’ethnie, de religion, d’économie, de politique, mais le plus souvent elles sont le résultat de la cupidité de « Seigneurs de la guerre » avides de pouvoir et prêts à tout pour régner sur les autres. On tue, on viole, on mutile, on brûle maisons et récoltes juste pour faire sentir qu’on est le plus fort ! Pauvre Afrique !

« Seule une authentique réconciliation engendre une paix durable dans la société.
Pour devenir effective, cette réconciliation devra être accompagnée par un acte courageux et honnête : la recherche des responsables de ces conflits, de ceux qui ont commandité les crimes et qui se livrent à toutes sortes de trafics, et la détermination de leur responsabilité. »
Africae Munus 21.

- 5) L’ANALPHABETISME.

S’il y a une chose que la plupart des gouvernements africains ont bien comprise, c’est l’importance de l’éducation pour le développement de leurs nations. De réels efforts sont faits dans ce domaine à travers tout le continent. Il y a des écoles maternelles, primaires, secondaires, des universités, mais c’est assez mal réparti. Il y a encore beaucoup de pays qui sont à la traîne.

Eduquer un peuple c’est lui donner les outils pour sortir de sa pauvreté. Un simple regard sur la carte du taux d’alphabétisation ci-contre fera aisément comprendre là où le bât blesse.

« Au long de son histoire, l’Église catholique a prêté une attention particulière à l’éducation.
De nombreuses Congrégations religieuses sont nées dans ce but. »
Africae Munus 74.

- 6) SUREXPLOITATION DE L’ENVIRONNEMENT.

Partout sur le continent, c’est le cercle vicieux du charbon de bois et du bois de chauffage. On commence avec quelques sacs et fagots, puis quelques charrettes, ensuite viennent les camions… Cela devient du commerce. Quelques années plus tard il n’y a plus de forêt, les collines sont dénudées, l’érosion s’en mêle, résultat : le sol s’appauvrit et les champs ne produisent plus. Alors les paysans recommencent le même manège ailleurs.

Il ne faut pas trop blâmer ces pauvres hères qui souvent ne cherchent qu’à survivre. Il faut bien manger. Avec quoi cuire sa nourriture quand il n’y a ni gaz, ni électricité et que la forêt est là au seuil de votre cabane ? Il faudrait plutôt les plaindre… S’il ne s’agissait que d’eux, mais voilà que les grosses entreprises et les multinationales s’en mêlent : place aux tronçonneuses, aux tracteurs et camions à remorque. C’est la déforestation, l’érosion et la pollution à outrance. Eux, ce qu’ils cherchent c’est le pur profit que souvent ils réalisent avec la complicité de quelque administrateur alléché.

« Des hommes et des femmes d’affaires, des gouvernements, des groupes économiques s’engagent dans des programmes d’exploitation, qui polluent l’environnement et causent une désertification sans précédent. ...
Tout cela menace l’écosystème tout entier et, par conséquence la survie de l’humanité.
J’exhorte l’Église en Afrique à encourager les gouvernants à protéger les biens fondamentaux que sont la terre et l’eau, pour la vie humaine des générations présentes et futures et pour la paix entre les populations. »
Africae Munus 74.

PAUVRETE.
QUELQUES PAROLES A MEDITER…

« Le cri du pauvre monte jusqu’à Dieu mais il n’arrive pas à l’oreille de l’homme. » Félicité de La Mennais.

« Il y a toujours de la sueur de pauvre dans l’argent des riches. » Eugène Cloutier.

« Le manque d’amour est la plus grande pauvreté. » Mère Teresa.

« Qui donne au pauvre prête à Dieu. » Victor Hugo.

« Le plus grand des maux et le pire des crimes, c’est la pauvreté. » George Bernard Shaw.

« La pauvreté n’est pas un accident. Comme l’esclavage et l’apartheid, elle est créée par l’homme et peut donc être évitée par ses actions. » Nelson Mandela.

« La pauvreté n’est pas une fatalité, c’est une condition. C’est le résultat de la main humaine qui peut également en terminer avec une situation antihumaine, antiévangélique. » Gustavo Gutiérrez

« Si un frère ou une soeur sont nus, s’ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l’un de vous leur dise : « Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Ainsi en est-il de la foi : si elle n’a pas les oeuvres, elle est tout à fait morte. » St Jacques 2, 15-17.

MQ.
 

Voir aussi en néerlandais : ARMOEDE in AFRIKA


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