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Algérie

Dimanche de la Migration 2014

jeudi 16 janvier 2014 par Jan Heuft

La fin d’une année civile et le début d’une nouvelle sont particulièrement marquants pour les personnes vivant dans la précarité ou au bord de la vie sociale.

Il y a tout d’abord la fête de Noël le 25 décembre.

Joseph et Marie errent dans les rues de Bethléem pour trouver un endroit afin d’y passer la nuit et de permettre à Marie d’accoucher. Malheureusement personne ne les accepte « pas de places » ou « trop encombrant ».

Combien de migrants vivent cette même situation journalièrement ? En tout cas, à notre petite permanence, dans une rue populaire d’Alger, la demande ne désamplifie pas. II n’y a pas de place, il n’y a pas d’argent, la loi ne le permet pas. Alors, comme Joseph et Marie, ils cherchent aux alentours de la ville, dans des grottes, des étables ou des maisons en constructions. Comme ce fut le cas pour Marie, souvent la femme est enceinte.

Il y a un mois, une femme enceinte mettait au monde deux beaux jumeaux. Ce matin le papa m’a téléphoné, en pleurs, qu’un des ces petits venait de mourir. Ils vivent dans des abris terribles. Ce sont des moments extrêmement pénibles !

Puis il y a la fête des Saints Innocents.

Selon les écritures, le roi Hérode a fait assassiner des centaines d’enfants. Cela a dû être atroce, d’entendre pleurer et crier ces enfants frappés par leurs bourreaux. C’était la même chose, il y a quelques semaines : 95 migrants périssaient dans le désert du Niger, dont 45 femmes et enfants. Certains survivants racontent, complètement sous le choc encore, que ces cris des femmes et enfants qui moururent petit à petit, assoiffés, affamés, leur furent insupportables. Aujourd’hui l’écho des ces cris résonnent jour et nuit dans leurs têtes.

C’est dur, comme ces images des bombardements en Syrie où des hommes, des femmes et des enfants meurent par dizaines voire par centaines. Un jeune migrant guinéen, travailleur clandestin, me demandait ce matin : « Tout cela, ça va durer jusqu’à quand ? »

Et voilà que nous vivons le 6 janvier : la fête des trois mages.

Trois personnalités viennent de loin pour honorer cet enfant pauvre, couché dans une crèche. Un de ces trois personnages était un noir ! Premier témoignage interculturel, premier témoignage d’honneur envers des parents et un enfant pauvres. C’est significatif.

Il y a peut-être lieu ici, de rappeler aussi que les trois mages suivaient « une étoile ». Elle les guidait vers l’essentiel « le sauveur du monde ».

C’est bien ma conviction de toujours :

Malgré les malheurs, les souffrances, les injustices, l’Esprit, nous guidera vers un Monde Meilleur où il y aura de la place pour toutes et pour tous et où le pauvre, l’exclu d’aujourd’hui aura le dernier mot !

Ce que je vous souhaite en ce Dimanche de Migration.

Frère Jan Heuft, pb
Alger le 12/01/2014
 

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