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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°78 Breuklijnen

Janvier - Januari 2014
lundi 3 février 2014 par J.V.

  LE MONDE NE PEUT PAS MANGER AUTANT DE VIANDE QU’EN EUROPE



Ndlr. La mise en évidence en gras est du rédacteur

Fin des années 50, un Belge consommait en moyenne 150 g de viande par jour. En 2013, il a mangé le double, et cette tendance est en train de gagner la Chine, le Brésil, la Russie, et tous les autres pays de la planète dont le niveau de vie est en augmentation. L’industrie qui a fourni l’année passée près de 310 millions de tonnes de viande de par le monde devrait donc logiquement intensifier l’élevage et combler ces nouvelles et lucratives attentes, à une limite près : son usage intensif de ressources naturelles.

La production mondiale de viande et d’alimentation destinée au bétail consomment à elles seules

  70 % des réserves d’eau fraîche de la planète,

un tiers des 14 milliards d’hectares de terres cultivées,

et 40 % des productions annuelles de maïs, blé, seigle et avoine.

« Si la consommation de viande devait continuer à augmenter aussi rapidement, il faudrait deux fois plus d’eau qu’aujourd’hui pour faire pousser suffisamment d’alimentation en 2050 », explique Adrian Bebb de l’ONG Friends of the Earth qui a publié l« ’Atlas mondial de la viande » pour dénoncer l’impact environnemental de cette industrie massive et les risques pour la santé d’une production aussi difficilement contrôlable. «  Il est tout simplement impossible que tout le monde mange autant de viande qu’en Europe . La population mondiale augmente, les réserves en eau potable sont limitées, et 2,5 milliards d’individus vivent déjà, dans des zones de stress hydrique. » Sans parler de l’impact sur l’alimentation d’une telle monopolisation des terres, de l’usage intensif de nitrates et autres produits chimiques répandus sur des milliers d’hectares pour fertiliser les champs, et de l’impact climatique de l’élevage intensif, responsable selon la Food and Agriculture Organization des Nations unies (FAO) de 15 % des émissions globales de gaz à effet de serre.

«  La production de viande est devenue tellement importante qu’elle est dangereuse pour l’environnement , et tellement globalisée qu’elle est incontrôlable pour les consommateurs », poursuit Adrian Bebb. « La taille des fermes a augmenté, leur nombre a diminué, et les multinationales brésiliennes ou américaines peuvent désormais tuer et exporter en une journée des millions d’animaux dans le monde entier sans que le consommateur puisse déterminer dans quelles conditions les porcs, bovins et autres poulets nourris au grain, au fourrage et aux antibiotiques ont été élevés. »

Consommer moins de viande

Contenir la demande serait une idée judicieuse, mais les consommateurs européens et américains peuvent difficilement demander aux classes moyennes des pays émergents de limiter leur propre consommation de viande. Il semble donc inévitable que les premiers réduisent les quelque 260 grammes de viande engloutis quotidiennement pour provoquer une diminution ou une stagnation de la consommation globale. « On ne peut pas forcer les gens », regrette Marta Messa du mouvement Slow Food. « L’alimentation est un sujet personnel et difficile à aborder, mais nous n’avons pas le choix. Le système comme il existe est tout simplement intenable. Il faut inciter les gens à acheter différemment et recréer le lien entre producteurs et consommateurs pour cesser de soutenir une production industrielle. C’est un bon moyen de faire pression sur l’industrie et d’inciter les autorités à changer les règles. » Les règles, justement, ne sont pas si évidentes à modifier. Les enjeux économiques sont considérables. Des millions de producteurs « durables », en Afrique notamment, n’ont pas accès au marché, et « les tractations commerciales entre l’Europe et les Etats-Unis risquent d’entraîner une révision à la baisse des réglementations sur l’élevage et l’alimentation des deux côtés de l’Atlantique », précise l’Atlas. Ce qui renforcerait de facto la position dominante de l’industrie. « Le système a besoin d’antibiotiques, de tarifs douaniers accessibles et de solutions abordables pour se débarrasser des déchets issus de l’élevage », conclut Bastian Hermisson de la Fondation Heinrich Böll qui a coécrit l’ouvrage, « tant que tout cela restera bon marché, on ne pourra pas faire grand- chose ».

Voir aussi www.hgr-css.be

Valentin Dauchot in La Libre Belgique du 10 janvier
 

Nous avons au moins trois arguments de poids pour diminuer notre consommation de viande :

  1. Par solidarité avec ceux qui ne peuvent pas se permettre notre niveau de consommation de viande et auxquels par ailleurs notre surconsommation porte préjudice. Pensez aux énormes terrains accaparés par l’agro-industrie pour nourrir le bétail.
  2. Par respect pour la création. Il faut 15 455 litres d’eau pour produire un kilo de viande de bœuf. Or l’eau potable est un bien destiné à tous mais dont les réserves sont limitées.
  3. Par souci de notre propre santé. Le Belge mange deux fois trop de viande rouge, d’après un avis rendu le 15 janvier 2014 par les experts du Conseil supérieur de la santé (CSS). Il consomme en effet 640 grammes par semaine de viande, alors que le maximum recommandé par les autorités est 500 grammes, mais que la réduction à 300 grammes par semaine pourrait faire chuter le risque de cancer colorectal de plus de 20 %. En attendant, ils conseillent carrément d’éviter autant que possible les charcuteries à base de viande rouge et de se tourner vers le poulet, la dinde et la volaille en général, qui ne présentent pas le même caractère de risque. Ils proposent aussi comme solution d’introduire un repas végétarien par semaine et de manger deux fois du poisson par semaine.
    Jef Vleugels
     

Compilateur/compositeur responsable : Jef Vleugels, rue Charles Degroux 118 – B-1040 Bruxelles


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