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L A V I G E R I E . be
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En guise de préparation au Synode sur la famille du 5 au 19 octobre 2014 à Rome

vendredi 14 mars 2014 par Webmaster
  Voici un commentaire de Philippe Bacq, théologien belge, sur le questionnaire à propos du synode.

Philippe Bacq est un père jésuite belge qui enseigne au centre Lumen Vitae, responsable à Bruxelles de la formation à la pastorale et à la catéchèse. Il a théorisé le concept de pastorale d’engendrement, une vie et une action fondées sur l’Evangile, qui permettent à Dieu d’engendrer l’homme à sa propre vie.

  2. L’ouverture des époux à la vie

Les couples connaissent-ils la doctrine d’Humanae Vitae ? Les catholiques plus âgés et la majorité des pasteurs n’en savent qu’une seule chose : l’interdiction des moyens contraceptifs dit non naturels. Les développements plus positifs sur l’anthropologie du mariage sont complètement ignorés… C’est dire la difficulté du Magistère à communiquer les aspects positifs de son message. Les chrétiens adhèrent-ils à cette doctrine ? La plupart d’entre eux ne l’acceptent plus. Souvent même, ils reprochent vivement à l’Eglise de les avoir culpabilisés à tort dans ce domaine. Certains disent, avec une pointe d’agressivité : pourquoi le Magistère éprouve-t-il tant le besoin d’entrer dans notre chambre à coucher ? On est assez grand pour savoir ce qui est bon pour nous ! Les jeunes eux, tombent des nues quand on leur parle d’Humanae Vitae. Pour quelles raisons la majorité des chrétiens ont-ils pris distance par rapport à cet enseignement ?

Les couples vivent la sexualité en suivant le premier principe de la loi naturelle : ils essayent, dans ce domaine comme dans tous les autres, d’être providence l’un pour l’autre. Sont-ils ouverts à la vie ? Fondamentalement oui, mais les situations concrètes varient à l’infini ; aujourd’hui les pasteurs sont acculés à une pastorale du cousu main… On peut cependant dessiner un schéma très général : tout au début, avant de se marier, les jeunes vivent ensemble durant un temps et s’unissent sexuellement sans donner la vie : ils désirent avant tout se connaître mutuellement ; se sentant attirés l’un vers l’autre, ils se demandent s’ils peuvent s’harmoniser dans ce domaine aussi. Ils se montrent en effet très « prudents » : le nombre important de divorces autour d’eux les convainc du bien fondé de leur décision. Mais à leurs yeux, celle-ci n’a rien à voir avec le concubinage ad experimentum dont parle le questionnaire ! Puis vient le moment de s’engager définitivement l’un vis-à-vis de l’autre avec le désir de mettre au monde des enfants. Après deux, trois, quatre naissances, consciemment et librement, ils ne s’ouvrent plus à la vie : ils exercent alors la relation sexuelle uniquement pour leur bien mutuel. Il convient de le remarquer : à notre époque, on vit beaucoup plus longtemps que du temps de St Thomas et, dans nos régions, la mortalité infantile est quasi inexistante ce qui change considérablement le rythme des relations sexuelles entre les partenaires d’un couple !

Pour réguler les naissances, les couples utilisent les moyens techniques qui sont les plus adaptés à leur situation concrète. Agir ainsi leur semble tout « naturel » ; ils décident ensemble, dans le respect mutuel, ce qui est « bien » pour eux. Le théologien se demande : ont-ils tout à fait tort ? Selon la doctrine d’Humanae Vitae, le couple qui ne désire pas d’enfant doit respecter le rythme sexuel « naturel » de la femme. Le mot nature prend donc ici un sens biologique ; le critère n’est plus le principe premier de la loi « naturelle » : « être providence pour soi et pour l’autre » ; on soumet ce premier principe à un autre précepte, moins fondamental et qui devrait normalement découler de lui. N’y a-t-il pas là une inversion de cet « ordre » des valeurs que voulait Saint Thomas ?

C’est une des difficultés majeures d’une certaine manière de présenter la loi naturelle dans le domaine de la sexualité. Tantôt le mot nature est pris dans son sens premier : être providence pour soi et pour l’autre ; tantôt dans un sens dérivé : ici, respecter le rythme biologique de la sexualité féminine ; on ne voit pas le lien entre ces deux aspects de la « nature ». Dans bien des couples, « être providence » pour l’épouse et la mère de famille qui a déjà mis au monde plusieurs enfants, c’est précisément prendre les moyens les plus sûrs pour qu’elle puisse s’unir à son mari sans craindre une nouvelle naissance. Certes, il y a les méthodes dites « naturelles » pour gérer la sexualité, mais, dans bien des cas, elles ne sont pas fiables et ne peuvent être appliquées sans un surcroît de stress pour les conjoints. C’est une question de « prudence », si importante en morale, comme le rappelle, dans un autre contexte, la commission théologique internationale [6]. Si une certaine compréhension de la loi naturelle devait aller contre le bon sens commun, n’est-ce pas cette manière de la comprendre qu’il convient de changer ?

La question est d’autant plus grave que notre manière de concevoir la sexualité a fortement évolué depuis l’époque de Saint Thomas. Nous abordons ce point en envisageant « les unions des personnes du même sexe ».

[6§ 56-58


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