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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°81 Breuklijnen

Avril - April 2014
mardi 29 avril 2014 par J.V.

  VINGTIÈME ANNIVERSAIRE DU GÉNOCIDE

Le lundi 7 avril marquait la commémoration du 20e anniversaire du génocide rwandais.

Le président Kagame accuse

La semaine a été marquée par la polémique suscitée par le président Kagame accusant la France et la Belgique d’avoir « participé directement » au génocide de 1994 dans une interview dans Jeune Afrique publiée à la veille des commémorations du 20e anniversaire de ce génocide. Dans la foulée de cette accusation qui a suscité maintes réactions et commentaires dans le monde politique et dans la presse française, Paris, dont les relations avec le régime rwandais ont toujours été houleuses, a décidé d’annuler sa participation aux commémorations, ce qui a entraîné à Kigali le retrait de l’accréditation aux commémorations de l’ambassadeur de France au Rwanda. Dans le même temps, le représentant du Rwanda à l’UNESCO dénonçait l’attitude de l’Eglise catholique pendant le génocide. Le jour des commémorations Kagame a pointé du doigt la « colonisation européenne » en s’en prenant de nouveau à la France et dans une moindre mesure à la Belgique. Au cours d’une cérémonie au camp Kigali, cette dernière a réagi, par les voix des ministres belges des Affaires étrangères et de la Coopération, en rendant un « vibrant hommage » aux 22 Belges, civils et militaires, assassinés lors du début du génocide.

Éphémérides G.L. – Semaine du 5 au 11 avril 2014
Jeune Afrique n) 2778, p. 20 et svs.
 

Johan Swinnen, l’ex-ambassadeur de Belgique à Kigali de 1990 à 1994, a répondu à des questions de lecteurs du journal le Soir.

Q. : Pourquoi utilisez-vous encore « génocide Rwandais » au lieu de « génocide Tutsis ? »

Johan Swinnen : « C’est une question importante, nous devons faire le deuil de tous les Rwandais et autres victimes comme des Belges, qui ont péri dans le génocide. Il est évident que les Tutsis en ont été les principales victimes. Mais de nombreux Hutus modérés ont également été massacrés. Nous devons être compréhensifs devant le deuil de tout le monde, y compris celui des Hutus. C’est une condition essentielle pour ouvrir la voie à la réconci- liation. »

Q. : Que pensez-vous de ceux qui parlent du double génocide ?

Johan Swinnen : « C’est une accusation très grave, il faut savoir le prouver. Je serais tenté d’être beaucoup plus critique quant au comportement des troupes rwando-congolaises qui ont massacré une masse de gens sur leur chemin vers Kinshasa en 1997. Il y a eu certainement, et nous devons le condamner également, des massacres de nombreux Hutus en 1994. Mais au stade actuel, je ne peux pas qualifier ces massacres d’un deuxième génocide. »

Q. : Un certain nombre de religieuses et de prêtres figurent parmi les génocidaires.

Johan Swinnen : « Il ne faut pas mettre tout le monde sur le même pied. Les comportements de certains religieux sont certainement condamnables. Mais j’ai également connu des membres de l’église extrêmement courageux et qui ont payé de leur vie un engagement pour la paix et la réconciliation. Les évêques, mais aussi des prêtres ordinaires, ont joué un rôle actif dans les derniers mois préconisant la modération et s’érigeant contre la violence. »

Q. : (...) Le rôle de la France a été une trahison envers la Belgique (opération Turquoise, Amaryllis, exfiltration de la veuve d’Habyarimana).

Johan Swinnen : « Je n’ai pas un jugement final sur cette douloureuse question. Déjà pendant mon mandat à Kigali je regrettais l’impuissance de Paris et Bruxelles de réfuter la caricature que les extrémistes faisaient des diplomaties belge et française. Les premiers étant considérés comme pro Tutsi et les seconds comme pro Hutu. Il faut nuancer. Et continuer à faire tous les efforts de recherche de la vérité, des vérités. C’est pourquoi je parle d’un débat serein et tolérant. Ne continuons pas à faire des caricatures. Mais je plaide quand même, et je vous rassure, pour un débat critique. L’Europe ne peut plus se permettre ce genre d’antagonisme. »

Q. : Depuis des mois, la Belgique et la France savaient qu’un génocide se préparait. Pourquoi on n’a rien fait contre (…) ?

Johan Swinnen : « Je craignais une véritable »déstabilisation tragique«  ; je connaissais les ingrédients et la communauté internationale les connaissait également : mes contentements sur certains aspects des accords d’Arusha, incursions régulières du FPR déplaçant des centaines de milliers de pauvres paysans, campagne de haine entretenue très agressivement par la Radio des mille collines, distribution d’armes, agissements des milices des partis politiques. L’assassinat du Président burundais démocratiquement élu en octobre 1993 a également porté un coup de massue au processus de paix et de démocratisation. Mais nous, diplomates, avons gardé espoir et déployé toutes nos énergies pour garder le processus sur les rails. Nous voyions les risques d’une très grave déstabilisation, mais pas vraiment un génocide. D’autant que nous n’avions pas prévu qu’un avion avec deux présidents dedans (du Rwanda et du Burundi) serait abattu le 6 avril. »

Q. : Quelles sont les responsabilité de Kagame ?

Johan Swinnen : « Je l’ai moins connu que Habyarimana. Nous étions très sévères avec le président Habyarimana, tout le monde le sait. Mais lors de mes rencontres avec Kagame dans le maquis, je me permettais de l’exhorter également à des attitudes apaisantes. Quant à son rôle actuel, j’apprécie les efforts et les résultats palpables de la reconstruction économique et sociétale. Je l’ai vu de mes propres yeux à Kigali il y a quelques jours. Mais cet effort doit se fonder sur des ambitions de durabilité et de respect des droits de l’homme. »

« Les Africains de la région des Grand lacs doivent s’investir réellement dans un processus de paix et de d’intégration économique régionale plutôt que de laisser se développer des scénarios de déstabilisation auxquels nous continuons d’assister malheureusement. L’exploitation illégale des ressources naturelles doit stopper. Je plaide pour une intégration économique ouvrant la perspective d’une unité politique et une paix durable par la réactivation d’une organisation déjà existante, à savoir la Communauté économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL). »

In Le Soir du 14-04-2014
 

Verzoening heeft geen deadline

Voor de honderdjarige herdenking van de Eerste Wereldoorlog worden intussen kosten noch moeite gespaard./…/ Betekent die lange tijdspanne dat er sprake is van verzoening ? Als je terugdenkt, dan namen twintig jaar na het eindigen van de Eerste Wereldoorlog de vroegere vijanden de wapens opnieuw op en leidden de schijnbaar gerepareerde breuklijnen tot de Tweede Wereldoorlog. Het contrast is groot. Twintig jaar na de Rwandese genocide verwachten we dat Hutu’s en Tutsi’s samen thee drinken. Twintig jaar na Srebrenica verwachten we dat Servische en Bosnische kinderen samen op het schoolplein spelen.

Verzoening na de wereldoorlogen moest plaatsvinden tussen landen, verzoening na een genocide moet gebeuren tussen gemeenschappen, tussen buren, tussen families. Het is toch logisch dat het tweede proces moeilijker is ? Zelfs tussen landen is het niet evident, kijk maar naar hoe tot vandaag de (subjectieve) gevolgen van de Eerste Wereldoorlog doorschemeren in het leven van de doorsnee-Europeaan. Kunnen we dan verwachten dat conflicten zo snel verwerkt zijn in samenlevingen, als wij er zelfs nog niet klaar mee zijn na honderd jaar ?

Gudrun Van Pottelbergh, conflictexpert VN,
in De Standaard van 14-04-2014
 

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