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L A V I G E R I E . be

Le Père Robert Giaux

mercredi 31 décembre 2014 par J.V.
  Bruxelles, le 30/12/2014

Un coup de téléphone d’Evere nous a appris ce matin du 29 décembre que notre confrère
 
Robert Giaux


s’était éteint doucement vers 5 heures. Après un long séjour à l’hôpital, il était rentré dans sa communauté d’Evere ; il ne mangeait pratiquement plus et était la plupart du temps inconscient.

Robert Giaux est né le 11 mai 1927 à Vierves, dans la province de Namur. Il fait ses études secondaires (humanités classiques) au collège St-Louis à Namur. Son frère aîné, encore scolastique, s’était trouvé tout à fait par hasard à Thy-le-Château au moment de la rafle de nos confrères par les Allemands. Il était décédé dans le camp de concentration de Neuengamme en Allemagne le jour de Noël 1944. En septembre 1945 Robert entre à son tour chez les Pères Blancs, à Thy-le-Château, pour les études de philosophie. Il fait le noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee. Il prononce son serment missionnaire le 21 juillet 1951 et est ordonné prêtre le 12 avril 1952 par Mgr. Geeraerts. Ses formateurs le décrivent comme une nature riche de beaucoup de talents, très équilibré, un chef-né, organisateur, homme d’initiatives, esprit pratique, metteur en scène talentueux, bon orateur. Un point négatif revient souvent : il devrait devenir plus modeste, plus humble.

Robert s’envole le 18 mars 1953 avec la compagnie Sobelair pour le Congo belge de l’époque. Sa destination : Baudouinville, où il est nommé professeur au Grand séminaire. En 1954 il écrit au provincial de Belgique : « La meilleure solution de tous nos problèmes me semble se trouver dans un corps professoral saint et éveillé ». De 1956 à 1958 le voilà à Rome où il obtient une licence en théologie à la Grégorienne. En août 1958 il retourne à Baudouinville. Il devient recteur du Grand séminaire en septembre 1961. Il porte un regard positif sur les séminaristes, qui l’apprécient à leur tour. «  Malgré ses airs de « je m’en foutiste » il est homme de devoir, obéissant », note le régional.

Une année plus tard, Robert est rappelé en Belgique pour diriger le scolasticat de Heverlee. Le père Plessers, provincial, écrit dans une note de visite ‘canonique’ : « Autoritaire. Ne voit pas que d’autres aspects entrent en ligne de compte, l’aspect humain, le dialogue, la communication, la conviction, la mentalité des jeunes d’aujourd’hui… Pèse de son air de supériorité sur les confrères… Très à cheval sur les règles de la liturgie ; méfiant à l’égard des nouveautés et des courants d’idées actuels. » Après trois ans de service, Robert pouvait reprendre le chemin de l’Afrique.

Nommé vicaire à la cité de Bunia, paroisse Nyakasanza, il donne aussi quelques cours à l’athénée. Le travail pastoral lui plaît beaucoup. Il organise aussi des réunions d’étude sur les documents du Concile. Mais à peine deux ans plus tard, en septembre 1967, Robert est nommé directeur du Centre catéchétique à Nyakasanza. Le Centre accueille les étudiants avec leur famille. Les femmes suivent elles aussi des cours ; il y a une garderie d’enfants et les enfants plus âgés vont à l’école primaire de la paroisse. En août 1969, le père Stevens, régional, tombe malade et Robert doit le remplacer comme régional. Il fera ensuite deux mandats réguliers, de ’70 à ’73 et de ’73 à ’76. Il organise son travail très méthodiquement, est souvent sur les routes et toujours à la disposition des confrères. Son dernier mandat de régional terminé, il part en congé.

De retour il devient professeur à ce qui est devenu entre-temps l’Institut de Sciences Religieuses (I.S.R.). En juin 1979 il en reprend la direction. En février 1985, la Conférence épiscopale lui demande de transformer l’Institut en Institut Supérieur ayant pour but la formation d’instituteurs de religion du secondaire (ISSR). Il dirigera l’Institut jusqu’au premier juillet 2001, date à laquelle le père Gérard Malherbe lui succède. Robert renforcera les structures de l’Institut et lancera la difficile démarche de la reconnaissance officielle du diplôme délivré. L’Institut ressort de l’autorité de la Conférence épiscopale de la Province orientale (Kisangani). Les relations avec les évêques ne furent pas toujours faciles et les moments de tension requirent pas mal de doigté de la part du directeur.

Ces longues années à la tête de l’Institut sont entrecoupées d’évènements plus ou moins importants : un congé de maladie pendant sept mois en ’79-’80 ; un stage à Kinshasa pour s’initier au Lingala ; le grave accident de Dries Fransen, professeur à l’I.S.R., en 1984 ; la session-retraite à Jérusalem en ’84-’85 ; le projet de sa nomination à Vivant Univers, qui n’aura pas de suite ; son voyage exploratoire en Afrique du Nord en 1997 ; plusieurs nominations comme conseiller régional… Durant toutes ces années, Robert anime des retraites et donne des sessions sur plusieurs sujets. A partir de l’an 2000, les congés pour raison médicale se multiplient. Il subit une grave opération aux intestins et la convalescence est longue : trois mois en milieu hospitalier. Ayant eu régulièrement des visites, Robert écrit : « Je m’inscris comme témoin de la solidarité ’Père Blanc’ ! » Il rentre courageusement à Bunia, où bientôt les affrontements ethniques mettront le pays à feu et à sang. Robert reste professeur à l’Institut jusqu’à son évacuation en mai 2003.

En Ituri, Robert Giaux était un monument. Sa grande taille en imposait à tous. On l’appelait d’ailleurs ’le grand Robert’. Il était pour ainsi dire naturellement condescendant. En décembre 1985, il écrivait à son régional, le père Bertrand Gayet : « Certains pensent que je suis d’un genre psychologique ’éléphant’. Que veux-tu, on est comme on est. Et je ne puis te promettre même après une retraite de 30 jours que je vais devenir doux et humble. » Sa détente favorite était le bridge, jeu dans lequel il excellait d’ailleurs. Quand il perdait, il savait avec précision mettre le doigt sur les fautes commises par son partenaire…

Définitivement de retour, il commence par la session de 70+ à Rome. Rentré en Belgique début novembre 2003, Robert est nommé responsable de notre communauté de Salzinnes (Namur). Il accompagne un groupe de ’Vie montante’. Il lit beaucoup, se tient au courant. En décembre 2005, il répond à l’invitation de Mgr. Kimpinde et va participer au Centenaire de la fondation du premier Grand Séminaire du Congo, Saint Thomas d’Aquin, à Baudouinville. Il fut accueilli comme un grand ancêtre !

Robert reste égal à lui-même. Quand, à l’occasion de la fête des Jubilaires, nous utilisons une prière eucharistique moins officielle, il saute sur sa plume et parle de « liturgie à la gomme que vous imposez à toute une assemblée prise en otage ». Sacré Robert !

Sa santé baisse lentement. Il demande lui-même de pouvoir gagner notre communauté d’Evere, une maison médicalisée. Il s’y installe en juillet 2014. Là non plus, il ne fallait pas le déranger quand il jouait au bridge ! Sans doute a-t-il déjà trouvé des partenaires là-haut !

  La liturgie d’action de grâce aura lieu le vendredi 2 janvier 2015, à 10 h 15, dans la chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare.

Ceux qui désirent concélébrer apportent une aube et une étole blanche.

 

Une collation sera offerte à la famille et aux confrères dans l’établissement James en face de l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent à Evere.

 
Jef Vleugels
 

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