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L A V I G E R I E . be
Vatican 17octobre 2015

Commémoration du 50e anniversaire de l’institution du Synode des Evêques.

mercredi 21 octobre 2015 par Webmaster

Et si le document important du Synode était déjà sorti ? C’est l’impression qui émergeait après le discours du pape François samedi 17 octobre sur sa vision d’une « Église synodale », qualifiée d’emblée d’historique par plusieurs personnes présentes. « Il valait la peine de venir à Rome au moins pour vivre ce jour », confiait un père synodal épuisé par des heures de discussions laborieuses.

Discours du Pape (Traduction et Extraits)

Béatitudes, Eminences, Excellences, Frères et Sœurs,

...
Depuis le Concile Vatican II jusqu’à cette Assemblée nous avons expérimenté de manière progressivement plus intense, la nécessité et la beauté du ‘ ’cheminer ensemble’’ .

Depuis le début de mon ministère comme Evêque de Rome j’ai voulu valoriser le Synode, qui constitue un des héritages les plus précieux des dernières assises conciliaires. Il a été perfectionné par Paul VI et Benoît XVI. Nous devons poursuivre sur cette route. C’est justement cette synodalité qui est le chemin que Dieu attend pour l’Eglise du troisième millénaire.

***

Cheminer ensemble (Synode) – Laïcs, Pasteurs, Evêque de Rome – c’est un concept facile à exprimer en parole, mais pas aussi facile à mettre en pratique.

Le Concile Vatican II proclamait que « la totalité des Fidèles ne peut se tromper dans ce qu’elle croit et manifeste cette propriété quand ‘’des Evêques jusqu’aux derniers Fidèles laïcs’’ elle montre son accord universel en matière de foi et de morale  ». Ce fameux ‘’in credendo’’ infaillible.

Dans Evangeli gaudium j’ai souligné que « Chaque Baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Eglise et son niveau d’instruction dans la foi, est un sujet actif d’évangélisation et qu’il ne serait pas normal de penser un schéma d’évangélisation porté par des acteurs qualifiés où le reste du Peuple fidèle serait seulement réceptif de leurs actions  ».

C’est pourquoi j’ai voulu que le Peuple de Dieu soit consulté dans la préparation du Synode sur la famille. Bien sur ce n’est pas suffisant pour entendre le ‘’sensus fidei’’. Mais nous avons pu ainsi entendre certaines familles sur les questions qui les touchent de près et sur lesquelles elles ont tant à dire.

Une Eglise synodale est une Eglise de l’écoute. Une écoute réciproque ou chacun doit apprendre de l’autre. Peuple de Dieu, Collège épiscopal, Evêque de Rome, l’un à l’écoute de l’autre et tous à l’écoute de l’Esprit pour découvrir ce qu’Il dit à l’Eglise.

Le Synode des Evêques est le point de convergence de ce dynamisme d’écoute à tous les niveaux. Ecoute de Dieu pour entendre avec Lui le cri du Peuple, écoute du Peuple jusqu’à y respirer la volonté à laquelle Dieu nous appelle. Ce chemin synodal culmine par l’écoute de l’Evêque de Rome comme garant de la conformité de l’Eglise à la volonté de Dieu, à l’Evangile du Christ et à la tradition de l’Eglise.

La synodalité, comme dimension constitutive de l’Eglise, nous offre le cadre d’interprétation du ministère hiérarchique. Si nous comprenons qu’Eglise et Synode sont synonymes – parce que l’Eglise n’est rien d’autre que le cheminer ensemble du Peuple de Dieu sur les sentiers de l’histoire à la rencontre du Christ – nous comprenons aussi que personne en son sein ne peut être élevé au-dessus des autres. Au contraire il faut que dans l’Eglise quelqu’un ‘’s’abaisse’’ pour se mette au service des frères le long du chemin.

Jésus a constitué l’Eglise en mettant à sa tête le Collège apostolique, où Pierre est le ‘’roc’’, celui qui doit ‘’confirmer’’ ses frères dans la foi. Mais dans cette Eglise, comme dans une pyramide inversée, le sommet se trouve sous la base. C’est pour cela que ceux qui exercent l’autorité s’appellent ‘’ministres’’ car, selon le sens originel de ce mot, ils sont les plus petits de tous. C’est en servant le Peuple de Dieu que chaque Evêque devient, dans la portion du Troupeau qui lui est confiée, vicaire du Christ qui, à la dernière cène, s’est agenouillé pour laver les pieds des apôtres. C’est ainsi que le Successeur de Pierre n’est rien d’autre que le ‘’servus servorum Dei’’

Ne l’oublions jamais ! Pour les disciples de Jésus, hier comme aujourd’hui, la seule autorité est l’autorité du service, l’unique pouvoir est celui de la croix. « Vous savez que les gouvernants des nations les dominent et que les chefs les oppriment. Ce ne sera pas ainsi parmi vous. Celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur et celui qui voudra être le premier sera votre esclave » (Mt 20, 25-27). Voilà qui nous donne la lumière pour comprendre le service hiérarchique.

***

- Le premier niveau de la synodalité se réalise dans les Eglises particulières. Synode diocésain et divers organismes de communion qui doivent rester en contact avec la base, partir des gens, de leurs problèmes quotidiens, pour que commence à prendre forme une Eglise synodale.

- Le deuxième niveau est celui des Conférences épiscopales. Il y a encore des progrès à faire car il n’est pas opportun que le Pape se substitue aux Evêques locaux dans le discernement des problématiques qui se présentent dans leurs territoires. Il faut procéder à une salutaire décentralisation.

- Le dernier niveau est celui de l’Eglise universelle. Le Synode des Evêques devient dans une Eglise synodale expression de la collégialité épiscopale qui unit les Evêques entre eux et avec le Pape dans la sollicitude du Peuple de Dieu.

***

L’engagement à édifier une Eglise synodale est lourd d’implications œcuméniques. J’ai récemment rappelé en parlant avec une délégation du Patriarcat de Constantinople ma conviction que ‘’l’examen attentif de la façon dont s’articule dans la vie de l’Eglise le principe de la synodalité et le service de celui qui préside offrira une contribution significative au progrès des relations entre nos Eglises’’.

Je suis persuadé que, dans une Eglise synodale, même l’exercice du primat de Pierre pourra recevoir plus de lumière. Le Pape n’est pas, seul au-dessus de l’Eglise ; mais en elle comme Baptisé parmi les Baptisés et dans le Collège épiscopal comme Evêque parmi les Evêque, appelé en même temps – comme successeur de l’Apôtre Pierre – à guider l’Eglise de Rome qui préside toute les Eglises.

Alors que je rappelle la nécessité et l’urgence de penser à une ‘’conversion de la papauté’’ je répète volontiers les paroles de mon prédécesseur le Pape Jean-Paul II : « Comme Evêque de Rome je suis convaincu d’avoir une responsabilité particulière en écoutant la demande qui m’est adressée de trouver une forme d’exercice de la primauté qui, tout en ne renonçant en aucune manière à l’essentiel de sa mission, s’ouvre à une situation nouvelle ».

Notre regard s’élargit à l’humanité. Une Eglise synodale est comme un étendard levé parmi les nations dans un monde qui – tout en invoquant participation, solidarité et transparence dans l’administration des affaires publiques – livre souvent le destin de populations entières aux mains avides de petits groupes de pouvoir. Comme Eglise qui ‘’chemine ensemble’’ avec les hommes, participant aux vicissitudes de l’histoire, nous entretenons ce rêve que la redécouverte de la dignité inviolable des peuples et de la fonction de service de l’autorité pourront aider aussi la société civile à s’édifier dans la justice et la fraternité, générant un monde plus beau et plus digne de l’homme pour les générations qui viendront après nous.

  Merci.

+ François

Voir ici le texte complet en italien…

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Discorso del Santo Padre

Texte complet en français (Traduction officielle du 21/10/15)


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