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L A V I G E R I E . be
Mozambique

L’ACCAPAREMENT DES TERRES

Eur-Echo printemps 2016
mercredi 9 mars 2016 par Webmaster

Notre confrère, Norbert Angibaud, maintenant à Lyon, a rédigé ce mémoire pour relater son expérience comme animateur JPIC pour l’Archevêché de Beira, Mozambique. En voici un extrait.

LA PLUS GRANDE INJUSTICE :
     L’ACCAPAREMENT DES TERRES :
          (LE CAS DU MOZAMBIQUE)

« Notre planète offre à l’homme tout ce dont il a besoin, mais pas tout ce qu’il convoite » (Gandhi)

C’est probablement la plus grande injustice qui est faite au Mozambique. Le Mozambique a concédé environ 6,6 millions d’hectares à des États ou des compagnies étrangères entre 2004 et 2008, selon la Banque mondiale. Voir la vidéo de Olivier de Schutter sur le danger de l’accaparement des terres (O. de Schutter est rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit l’Alimentation)

Voir « Evangelii Gaudium » Quelques défis du monde actuel’ nᴼ 52-60

« Je ne suis pas venu pour détruire, mais pour accomplir » (Mt 5,17)

« L’accès à la terre des paysans – les sans-voix, ceux qui n’ont pas de titre de propriété sur leur espace vital contrairement aux grandes entreprises qui, souvent, provoquent des dommages environnementaux. Beaucoup d’agriculteurs sont en train de devenir des sans-terres à cause des multinationales.

La reforestation.
Beaucoup de grandes entreprises exploitent d’immenses étendues de forêt sans jamais les restaurer... contribuant à grande échelle à la désertification des terres, désormais improductives, et à la réduction de la rénovation de l’oxygène. » (Carlos Roque, Centre d’étude de la démocratie et du développement (CEDE).

Est-ce une chance pour le développement de voir des bulldozers au travail qui arrachent les arbres et dénudent la brousse ?

Aujourd’hui, de grands espaces de terre sont accaparés par certains nationaux et surtout par des étrangers au détriment des paysans sans défense, parce que des tractations ont été faites au plus haut niveau, sans que les intéressés aient été consultés ; si on prend ainsi leurs terres et qu’on expulse les paysans de chez eux, c’est parce que la Banque Mondiale est là pour encourager les investisseurs en finançant cet investissement en agriculture. Elle profite de son pouvoir politique et financier. Et elle impose à tous son modèle de développement tout préparé d’avance : Pour attirer l’investissement étranger, les pays en voie de développement doivent accepter les règles ou diktats de la Banque Mondiale. Il est fondé sur le néo-libéralisme : privatisation, marché libre… Son objectif est de faire venir des pays développés en leur faisant miroiter les richesses naturelles et humaines ; c’est ainsi qu’une minorité accapare entre ses mains la richesse et le pouvoir.

En conséquence, les communautés rurales sont dépossédées et appauvries. La Banque Mondiale favorise les réformes de la terre pour transformer la terre en une marchandise sur le marché. Pour produire quoi ? Des biocarburants et des produits qui seront réexportés. Et cela pour le bénéfice d’un petit nombre d’acteurs et pour les pays étrangers : ce seront les premiers (et quasi uniques) bénéficiaires !

Mais de quel droit venir de l’extérieur pour leur dire quel genre de développement il leur faut (et le leur imposer) ; hier c’était l’ajustement structurel (FMI, BM) : ouvrir les marchés, produire pour exporter. Les démons semblent être toujours les mêmes : vouloir être les maitres du monde.

« Socialement dangereux, sans préoccupation pour l’environnement, conception du développement pas claire et loin d’être transparent : peut-on appeler cela développement ? » (Rencontre avec Justiça ambiental à Maputo)

Le concile Vatican II nous dit pourtant : L’économie est au service de la personne humaine, non la personne humaine au service de l’économie (GS 64,63).

Norbert Angibaud
Eur-Echo printemps 2016
 

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