missionarissen van afrika
missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be
La communauté turque en Belgique

Feuilles Vertes 09-08

Dossier : L’Islam en Belgique (3)
jeudi 4 septembre 2008 par Jan Geypens

Aujourd’hui, la question de l’entrée de la Turquie dans l’Union Européenne est toujours à l’ordre du jour. Dans ce cadre, il me paraît intéressant de donner un petit aperçu de la communauté turque en Belgique, d’autant plus que l’islam turc est loin d’être monolithique. Il y a beaucoup de courants religieux.

La communauté turque en Belgique

- L’installation en Belgique - Les premiers Turcs arrivent sur le territoire belge en 1961 avec une installation massive jusqu’en 1974 à la suite de la signature d’un accord d’importation de main d’œuvre entre la Turquie et le gouvernement belge. Leur arrivée coïncide avec la fin d’une longue période de croissance économique. Le groupe turc est très jeune. En 1981, 48,3% vivaient en Flandre, 24% habitaient Bruxelles. Les 28,8% restants vivaient en Wallonie, partagés entre les régions de Mons, de Charleroi et de Liège. Aujourd’hui, à cause de la fermeture des mines, certains ont déménagés vers Bruxelles ou Anvers.

- Une communauté non-monolithique - Les Turcs appartiennent à des ethnies différentes et viennent d’aires géographiques diverses. Tout d’abord, il y a un petit nombre de chrétiens (Arméniens, Chaldéens, Syriens orthodoxes). Ceux-ci refusent de s’appeler Turcs. Ensuite, les Kurdes qui sont, comme tout groupe minoritaire et comme les précédents, fort attachés à leur identité. Les Turcs, en général, toutes ethnies confondues, conservent leurs spécificités culturelles et il n’est pas rare – surtout pour les Turcs musulmans – qu’ils retournent en Turquie pour se marier et trouver un conjoint de là-bas.

- L’islam turc est loin d’être monolithique. Il est traversé par une multitude de courants religieux divers. Ce qui se vit en Turquie à propos de l’islam et de son organisation se retrouve également dans la communauté musulmane turque en Belgique. Les Turcs sont en majorité sunnites. Il existe, ensuite, une importante minorité, appelée « alévite » (dont une minorité est kurde), qui fait référence au chiisme duodécimain (douze imams) et à diverses influences venant de dehors de l’islam. Les Alévis font preuve, depuis longtemps, de tolérance et de modernisme. Ils sont communautairement très soudés et les liens de solidarité entre les familles sont ritualisés. Ils mettent en avant les valeurs de l’amitié et de l’honnêteté. Leurs rituels diffèrent fort avec ceux des Sunnites et des Chiites. Aux lieux de prières, hommes et femmes prient ensemble avec celui qui préside. Leur période de carême est de douze jours comme symbole des douze successeurs du Prophète. En Turquie, ils ont été l’objet de nombreuses persécutions à cause de leurs différentes façons d’exercer le culte. Leur nombre en Belgique s’élève autour de 17 000.

- Les réseaux d’organisation

  • le Dinayet. C’est le ministère turque des affaires religieuses. Ce ministère a été érigé un peu après le commencement de la République Turque en 1923, en vue de continuer l’importante réforme initiée par MUSTAFA KEMAL ATATÜRK. Le Diyanet est le corps institutionnel de l’islam officiel en Turquie et est sous la direction des fonctionnaires de l’Etat. Sa tâche est d’organiser et de coordonner toutes les institutions dans le domaine de la religion musulmane. Pas mal d’associations turques en Belgique ont un lien avec le Diyanet. Environ la moitié des mosquées turques en Belgique sont dépendantes du Diyanet qui envoie et paie les imams formés en Turquie. Les premières mosquées en Belgique ont été construit avec l’aide du Diyanet.

Le gouvernement et la coordination pour la Belgique est, depuis 1982, aux mains de la fondation islamique appelée « Belçika Türk Islam Diyanet Vakti » (BTIDV) qui a son siège à Bruxelles.

  • Milli Görüs. A côté du Diyanet et en réaction à sa course trop libérale aux yeux de beaucoup de musulmans turcs, d’autres organisations voient le jour et veulent rester indépendantes du Diyanet. Ces organisations sont très actives et se répandent en Europe Occidentale. La plus grande et plus importante parmi elles est le Milli Görüs. Ce mouvement correspond à un parti islamiste fondé par Neemettin Erbakan, nostalgique de l’empire Ottoman et hostile au caractère laïque de l’ Etat turc. Ils défendent une vision orthodoxe et traditionaliste de l’ Islam. Cette organisation se trouve bien représentée en Belgique. Milli Görüs est un mouvement politico-religieux qui plaide pour que la turquie garde son identité islamique. Ses adeptes se plaignent de la décadence des moeurs et coutumes de beaucoup de musulmans et affirment que c’est un devoir de l’autorité politique de veiller à ce que tous les musulmans organisent leur vie selon les principes de l’islam traditionnel. Pour arriver à ce but, ils ont fondé un parti politique en Turquie. Ce parti (Milli Nizam Partisi) fut plus tard interdit, changea ensuite de nom (Refah Partisi), fut de nouveau interdit et le parti appelé AK qui est actuellement au pouvoir, garde un certain héritage de ce mouvement.

En BELGIQUE, Milli Görüs est avant tout un mouvement socio-religieux qui veut soutenir les musulmans dans leur foi et la vie sociale afin qu’ils sachent vivre selon les principes musulmans. Certains msulmans se séparent du Diyanet pour construire leurs propres mosquées, ainsi leur première mosquée date de 1985. Actuellement un tiers des mosquées turques en Belgique s’est affilié au Milli Görüs. Ils se retrouvent dans une association appelée Belçika Islam Federasyonu (BIF). Dans toutes leurs mosquées il y a des activités pour les femmes et les jeunes. En général, leurs mosquées sont plus petites que celles du Diyanet et là où ils n’ont pas leur propre mosquée, ils prient facilement dans les mosquées du Diyanet.

  • Süleimandji. Ce mouvement trouve également son origine d’une réaction au laïcisme et à l’occidentalisation forcée mis en oeuvre par le Kémalisme. Ils sont souvent considérés comme des adversaires du Diyanet. C’est un mouvement religieux, plutôt mystique, qui, au moment où les écoles religieuses furent fermées en Turquie, ouvre un réseau d’endroits où la population pouvait recevoir des cours sur l’islam. En BELGIQUE, ils ont une dizaine de centres culturels. Ils se sont groupés dans une association appelée Belçika Islam Kültür Merkezieri Birligi (BIKMB).
  • Nurcu. Un mouvement inspiré du soufisme, avec un ’ low profile ’ politique. Ce mouvement joue un rôle de renouveau islamique cherchant une convergence entre la loi islamique et la constitution. Il est peu représenté en Belgique. Ils s’organisent en associations plutôt professionnelles et élitistes : associations d’étudiants ou d’hommes d’affaires.
  • Soufi. Il existe plusieurs soufi-fraternités comme ’Naksibendi’ et ’Mevlana’. Ils donnent beaucoup d’importance au “ zikir “ qui sont des formulations religieuses avec le nom ’Allah’, qui aident les fidèles à se sentir plus près de Dieu et unis avec toutes les créatures. En BELGIQUE il y a une dizaine de ces groupes, appelés “ dergah’s “.
DOSSIER : l’Islam en Belgique (3)
réalisé par J. Geypens, mafr.
pour le GROUPE RENCONTRE,
(Inspirations:El kalima,Marianne Goffoël,op (avec sa permission)
& session Islam,Hasselt 2007)


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 681 / 589921

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Belgique  Suivre la vie du site Dialogue   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.21 + AHUNTSIC

Creative Commons License