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Lu pour vous

Présentation de « Repenser Dieu dans un monde sécularisé » de Jacques Musset

Pierre Bastin, M.Afr.
mercredi 27 avril 2016 par Pierre Bastin, Webmaster

[bleu marine]A l’Origine ...[/bleu marine]

Depuis les temps les plus reculés et à travers toutes les cultures, l’homme a essayé de conjurer son angoisse des espaces infinis en organisant les fragments d’information sur le modèle extérieur en un schéma unifié et cohérent. Les univers se sont ainsi succédés et la représentation du cosmos a pris des formes diverses à travers l’histoire.

Les religions ont ainsi pris naissance dans tous les peuples. Au cours des siècles le terme « Dieu – dieux », a été mis à toutes les sauces et au service de toutes les idéologies et des pouvoirs religieux ou autres.

Le mot Dieu n’a pas toujours été prononcé de la même façon. Il est une création des humains. Il a émergé de la conscience humaine pour désigner, dans leur quête de Sens, les phénomènes qui leur échappaient : la foudre, la sécheresse, la pluie, les inondations, les épidémies, les infirmités, la fécondité, les souffrances ... Dieu était, croyait-on, à l’origine de toutes ces réalités sur lesquelles les hommes n’avaient pas prise.

Avec le temps, on a trouvé d’autres explications grâce au progrès scientifique ou à la réflexion philosophique. Comme une naissance nouvelle dans les consciences, celles-ci ont voulu « affiner » les représentations de Dieu. Mais il a fallu pour cela des dizaines de siècles. (94)

[marron]La Tradition Biblique[/marron]

Nous sommes nés au sein d’un immense mouvement qui a commencé par une tradition orale, celle qui a été attribuée à Abraham. Cette tradition orale s’est de mieux en mieux organisée et affinée. Au VIIème siècle avant notre ère, la famille d’Abraham pense que Dieu, grâce à l‘alliance du Sinaï, va toujours protéger son peuple, que la Palestine est sa terre, que Jérusalem est une ville sainte, inviolable, que le roi d’Israël est l’élu de Dieu ...

Tout s’écroule lorsque le roi de Babylone envahit leur pays et qu’une partie de sa population fut emmenée en exil. Mardouk le dieu de Babylone a vaincu le Dieu d’Israël ! Que signifient encore les convictions traditionnelles ?

Par contre, durant l’exil à Babylone, un immense travail de réflexion s’est opéré chez les déportés : la terre de Dieu, c’est l’univers et non plus la Palestine, leur Dieu national s’efface au bénéfice d’un Dieu du ciel et de la terre. Les textes anciens sont relus et remodelés. Le culte d’un Temple est moins important qu’une religion de partage avec les pauvres et les sans-droits.

Au cours de cet exil s’est développé une réflexion de base sur le passé d’Israël et les premiers fondements de la Bible ont alors pris forme : les livres de la Genèse furent attribués à Moïse, le courant du Deutéronome et de nombreux ouvrages dus à des Prophètes.

Les livres de Sagesse : Proverbes, Ecclésiaste, la Sagesse, etc. sont apparus plus tard sous l’influence de l’Hellénisme, la culture humaine envahissante à l’époque.

[marron]Et voilà qu’un homme de Nazareth ...[/marron]

... né dans un judaïsme persécuté et souffrant, dénonce des côtés inhumains de la religion juive dans laquelle il avait été élevé ; il s’oppose à des manques d’humanité dans le culte du Temple, un rituel et une domination insupportables. Il donne une représentation de Dieu nettement plus affinée dans le sens humain. Une lecture attentive des Evangiles aide à comprendre ce Dieu de façon nouvelle. Ses apôtres ont suivi cet affinement en quittant le Temple, en supprimant les lois de circoncision et de pratiques alimentaires autrefois imposées, etc.

Une dérive ... Malheureusement, le mouvement qu’Il a lancé, a été, avec le temps, mis au service de l’Empire romain. Les responsables du christianisme ont trouvé la formule intéressante en raison des avantages qu’il procurait au bénéfice et de l’empire et d’une hiérarchie religieuse.

Vers les 16e-17e siècle, une « modernité » s’est progressivement imposée. Une emprise grandissante des sciences a transformé les esprits. Les religions ont insisté de plus en plus sur une fidélité plutôt que sur une créativité. Et en fait, dans la tradition chrétienne, la créativité s‘est tarie : doctrines figées, dogmes inévitables, prières liturgiques intouchables ... Au nom d’une foi authentique ces diverses rigidités ont voulu être imposées jusque par Jean-Paul II dans le Catéchisme Romain (1992).

[marron]La modernité[/marron]

Tout un mouvement d’éloignement des convictions et des traditions chrétiennes s’est opéré. Que pouvait alors devenir la place d’une religion ? Une prétendue « Bonne Nouvelle » pour le monde devait être repensée en gardant les grandes valeurs prônées par Jésus-Christ. Et donc en particulier, comment alors penser et exprimer « Dieu » dans cette modernité ?

[vert]Aujourd’hui ![/vert] Plusieurs de ceux pour qui l’héritage chrétien garde sa valeur, sentent la nécessité de le réinterpréter. Ils ne peuvent plus adhérer à des affirmations et à des représentations de Dieu qui datent d’époques culturellement révolues. Sont en effet problématiques celles qui représentaient Dieu comme tout-puissant, omniscient, clé de voute du monde, maître de l’histoire, ayant un projet pour les sociétés et sur chaque vie humaine, révélant ses volontés aux hommes, notamment en s’incarnant parmi eux et en déléguant à certains la mission d’être les interprètes authentiques de ses desseins.

Y a-t-il une autre approche de Dieu qui soit crédible pour nous dans ce monde sécularisé ? Une approche qui s’enracine dans la manière d’inventer notre vie personnelle et sociale avec authenticité ? Est-il possible de pressentir le mystère de Dieu à partir du mystère de l’homme ? Et en quoi cette approche rejoint-elle celle de Jésus de Nazareth ?

Aller au cœur de ce que vivent les humains dans leur aventure d’humanisation quand ils essaient de conduire leur existence de débusquer les illusions et de s’ouvrir à autrui dans l’épaisseur de leur vie quotidienne. (p. 108)

Marcel Légaut affirme qu’au cœur du mystère humain existent des traces d’une action qui n’est pas que de l’homme et qu’on peut référer à « Dieu » sans se donner de Dieu une représentation bien définie comme on l’avait fait autrefois, souvent si puérilement. Il faut dès lors s’appliquer dans l’approfondissement de notre propre humanité. Ne sommes-nous pas invités à croire en la présence au plus intime de nous-même d’une réalité mystérieuse et indicible sans être condamnée au silence ? A partir de notre qualité d’homme, nous sommes invités à nous questionner.

« On ne voit pas la lumière mais les visages qu’elle éclaire ». [mauve fonce](Sullivan).[/mauve fonce]

  • Dieu s’accomplit à la mesure de l’accomplissement de l’homme !
    Une vision qui donne du sens à ce monde. Ce n’est pas comme une vision « surplombante » (à partir d’en-haut) mais partir de notre humanité. L’homme peut l’accueillir à travers ce qu’il est. L’homme tient ici un rôle à mesure de ce qu’il devient. Les hommes ne deviennent-ils pas responsables et partenaires de leur Dieu ? N’est-ce pas la manière dont le Christ s’est situé à l’égard de son Dieu ?
  • Le problème est de savoir si la vie a un sens !
    Il y a dans notre humanité quelque chose ( !) qui dépasse l’homme. « L’homme dépasse l’homme » disait Pascal. N’est-ce pas dans l’approfondissement de notre humanité qu’un Dieu se dessine ?
    Les représentations de Dieu sont toujours relatives : elles sont des créations à partir de nous. N’est-ce pas cette conviction, cette foi, qui nous fait grandir ? Il n’y a pas une révélation qui nous tomberait du ciel ! Mais il peut y avoir en notre humanité de quoi révéler à l’homme ce qui peut le faire grandir. Comment penser qu’il y aurait une « volonté de Dieu » ? Une volonté sur les individus, les sociétés ?

[marron]Quel était le Dieu de J-C ?[/marron]

Jésus annonce son Dieu moins par des discours que par l’engagement total de sa vie, l’ensemble de multiples facettes, l’ensemble de ce qui fait vivre l’homme dans toutes ses dimensions. Il s’est compromis à ses risques et périls en luttant contre tous les obstacles qui s’y opposaient. Cela lui a valu une condamnation à mort. En regardant ce qu’il a fait et ce qu’il a dit au nom de son Dieu, par la façon dont il a misé sa vie on peut deviner le visage de son Dieu. (139) Il demeure pour des siècles le révélateur lumineux de son Dieu ...

Quelle était sa relation avec son Dieu ? Celle d’un homme enraciné dans le réel de l’existence afin de l’humaniser totalement et en même temps à l’écoute de la voix intime qui maintenait sa conscience en éveil et dont il était un écho fidèle.

Jésus n’a pas vécu toutes les expériences humaines par exemple il était célibataire, juif et non romain. La fidélité demande créativité, à deviner à chaque siècle de l’histoire et c’est bien une créativité dans l’esprit qui l’animait. Or l’Eglise a en fait figé une représentation de Jésus une fois pour toute. Et même en matière de liturgie : du vin et non une autre boisson, du pain et non à toute autre nourriture particulière à certains groupes humains. Il ne s’agit pas d’une simple imitation ou répétition ... La simple répétition est une impasse. Et nous efforcer de vivre d’un mouvement intérieur qui était le sien. Nous avons à créer une démarche et un langage mais selon son esprit.

La fidélité devient « imiter sa volonté de libération des humains » (p143), créer une démarche et un langage qui soient crédibles à nos contemporains. Vivre dans cet esprit n’est pas le monopole des chrétiens. D’autres inventent leur vie dans la vérité. Il était convaincu que ce serait bon pour eux qu’il s‘en aille pour qu’ainsi le Souffle en eux soit présent et inventif.

Les croyants les plus attentifs de l’époque (les docteurs de la loi ...) pensent qu’il faudrait pour cela, pratiquer les 613 commandements prévus à partir de la Thora.

Pour Jésus, ce royaume n’est pas à conquérir ni à mériter. Il advient comme un don et seule importe la disponibilité intérieure du cœur pour en devenir membre. « Il est au-dedans de nous ! » Il n’est pas pour demain (134) ... ni à conquérir par des armes.


[bleu marine]Révélation ?[/bleu marine] p.150 – 164

On dit souvent que Dieu parle, mais c’est bien l’homme qui parle au plus intime de lui-même. La « Parole de Dieu » est une parole humaine attribuée à Dieu. (153)

Dieu parle-t-il aux humains ? Il est certain que les hommes parlent et certaines de leurs paroles sont attribuées à Dieu. Ce qu’on appelle une parole de Dieu est une parole humaine attribuée à Dieu. (153) D’où vient-il que des paroles d’humains soient attribuées à Dieu et soient présentées comme « paroles de Dieu » ? Des hommes ont expérimenté le mûrissement de pensées qui émergeaient d’eux-mêmes et ont alors cru vrai de les attribuer à au-delà d‘eux-mêmes et à plus profond qu’eux-mêmes.

[marron]Revenons à la confection des écrits bibliques. [/marron]

La Bible fait remonter le don de la révélation aux 10 paroles de Moïse au 13e siècle avant JC.

Aujourd’hui, on met sérieusement en doute l’historicité même d’une sortie d’Egypte et d’un exode au désert. Cependant ces anciennes affirmations ne sont pas tombées du ciel. Leurs auteurs ont très bien pu s’inspirer d’aventures vécues dans le passé de leurs ancêtres dans la famille d’Abraham ou de récits de pays voisins. Ainsi Moïse a probablement été pénétré des écrits babyloniens comme le code d’Hammourabi (18 siècles av. JC) qui ordonnait le respect des parents, la vénération des divinités, la répression du vol, du mensonge et du meurtre, etc.).

Dans la famille d’Abraham, ces vérités éthiques fondamentales ont été attribuées à Dieu. Au long de cette tradition orale, leur idée de Dieu s’est affinée. Des « prophètes » ont insisté sur le respect du prochain et le partage avec les pauvres comme d’une fidélité à Dieu. Ils ne ménageront pas les pouvoirs politiques des rois car le chemin vers Dieu passe par ce respect. Une tradition orale qui véhiculait ce trésor d’élévation humanitaire a été mise par écrit un peu avant 538 (le retour de l’exil de Babylone).

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi : rien d’autre que le respect du droit, la vigilance de la marche avec Dieu ... » [mauve fonce]Michée 6,8.[/mauve fonce]

Le monde occidental a hérité de cette culture mais ne se réfère plus à une transcendance divine comme faisaient les gens de la Bible, pour s’autodiriger individuellement et socialement. On peut oublier la source lointaine de ces orientations sans nuire à la justice et à la paix. On peut s’y référer, évidemment même si ce n’est pas indispensable.

Vers le 13è siècle, on découvre que la grandeur de l’homme qui s’exprime dans le don de soi jusqu’à oublier ses propres intérêts, ne postule pas nécessairement une origine divine : athées et agnostiques, croyants religieux ou non comme les bouddhistes, peuvent vivre cette grandeur sans se référer à une divinité. Cette grandeur peut être partagée au-delà des différences de foi humaine ou religieuse. Elle peut même être un lien entre les humains. Ce qui relie les humains, c’est l’expérience de l’exigence intime qui sourd de leur profondeur. D’où vient alors que des religions se prétendent la source de toute grandeur humaine ? On imagine facilement que cette prétention donnait aux religions un pouvoir considérable.

Sans doute, les Eglises seraient bien inspirées, quand elles parlent de morale, de se rappeler comment sont nées ces lois fondamentales du comportement humain. Qu’on nomme « Dieu » ou non, l’exigence éthique demeure chez ceux qui souhaitent vivre avec droiture leur propre chemin avec autrui.

Marcel Légaut parlait dans ce sens : « Je ne crois pas à l’existence d’un donné révélé source de « certitudes absolues » ... qui s’imposeraient avec une autorité. Je suis convaincu, au contraire, de l’émergence au long des siècles de l’histoire, d’intuitions-mères « justes et fécondes qui portent au-delà de ce que des vues humaines peuvent atteindre sur l’homme et la société. »

Mais surtout l’intelligence de la vie humaine de Jésus est capitale pour les humains. Certains ont le privilège de pouvoir s’y référer. L’homme Jésus est allé jusqu’au bout de son humanité au point d’être devenu l’image de ce Dieu auquel il a correspondu totalement. Cette image peut s’ouvrir et se proposer à tous les humains ...

[marron]Prier pour un homme de la modernité[/marron] (p. 167 – 180)

Comment prier, au sens le plus courant, lorsqu’on prend conscience de l’origine humaine de la « parole de Dieu » ? Comment formuler une prière de demande qui soit digne de « Dieu » et de l’homme ?

Si Dieu est présent au plus intime des êtres et fait en permanence « son travail » de Dieu qui est d’inspirer au plus secret des consciences, sans les téléguider, le goût et le désir du vrai, alors la seule prière de demande qui vaille, n’est plus de solliciter Dieu d’intervenir mais de nous prier nous-mêmes, personnellement et communautairement, d’être disponibles aux motions qui montent au plus intime de nous-mêmes.

  • « Mon cœur me dit : « Ne compte pas que le salut tombe du ciel.
    Prends-toi en main, tu as en toi au plus intime des capacités de réagir.
    Elles sont immenses et plus grandes que tu ne le penses.
    Tu te sens seul dans cet affrontement malgré des proches secourables.
    Personne, à la vérité, ne peut faire le travail qui te revient. »
    [mauve fonce](Inspiré du psaume 7)[/mauve fonce]

Et par exemple le « Notre Père » pourrait devenir :

« O réalité secrète enfouie en nos profondeurs,
Source inépuisable d’où naît le goût et le souci de vivre vrai.

Que nous soyons attentifs à ta présence discrète
sans cesse à l’œuvre en chacun de nous
Quel que soit le nom qu’on te donne.

Qu’à ton inspiration s’ouvrent largement les cœurs.

Que tes appels perçus au plus intime soit notre pain quotidien.

Que suscités inlassablement à la foi en nous-mêmes
nous croyions en notre prochain, en dépit de nos médiocrités
et de nos manques de fraternité.

Et qu’ainsi nous évitions autant que possible les impasses.

Que nous y étant fourvoyés, nous puisions en toi la force
de nous relever et de poursuivre le chemin. Amen ! »

[marron]Dieu et le destin de chaque humain[/marron] (p.181-8)

Dieu a-t-il un projet, un dessein sur le monde et chacun des humains ? Des destins comme écrits d’avance et qu’il n’y a plus qu’à mettre en œuvre ? La route serait alors tracée ? Comme une manipulation divine !

Parler d’un projet de « Dieu » est un mensonge qui a permis souvent de servir, inconsciemment peut-être, des intérêts religieux. Un tel langage ne tient plus la route ...

Jésus n’est pas venu au monde avec un programme en poche déjà annoncé dans les Ecritures. Ce n’est qu’après coup qu’on a pu voir des anticipations « annoncées » par des prophètes. L’histoire individuelle et collective des humains est entièrement dans leurs mains. L’histoire d’Israël n’a pas été un long fleuve tranquille et l’aventure de Jésus n’a pas obéi à un scénario imposé de l’extérieur. Il s’est heurté à l’opposition farouche de la « nomenklatura » du Temple, il a cherché son chemin et sa mort fut le résultat de ses choix. Le disciple n’est pas dispensé d’inventer sa route.

Dieu ne prend pas nos affaires en main et ne planifie pas mais il se tient au cœur des êtres qui éveillent et réveillent le monde. Il ne fait rien d’autre que d’être un ami fidèle dont la seule présence est un encouragement, un motif d’espérer, de regarder la vie d’une certaine façon et de prendre foi en soi et en autrui. Devenir humain est une aventure qui n’est inscrite nulle part mais à inventer.

[marron]Doctrine du péché et culture moderne[/marron] (p.188-204)

D’où vient la conviction ancrée si profondément dans bien des consciences chrétiennes que l’homme est pécheur par nature et inévitablement en état de culpabilité ? Comment concevoir un Dieu qui n’empiète pas sur la liberté de l’homme ? Un homme devrait-il céder une part de son autonomie à Dieu ? Longtemps on n’a pas pu sortir de cette apparente contradiction.

L’homme constate qu’il est capable de grandeur. Il peut faire l’hypothèse qu’il est inspiré secrètement, mystérieusement et respectueusement. Dans ce contexte, il lui est possible d’oser nommer Dieu au cœur de son activité personnelle. Il sait que l’aventure spirituelle n’est pas un long fleuve tranquille mais un chemin parfois tortueux qui se cherche.

Il n’a rien à voir avec un Dieu extérieur à l’homme ... imposant une loi dont les modalités sont définies par une Eglise. Il est comme une voix au plus intime de l’homme, infiniment respectueuse de sa liberté et de ses choix, comme une source vive où prennent naissance les exigences qui sourdent de sa conscience quand l’homme est présent à lui-même. « Dieu c’est le plus humain de l’homme ». [mauve fonce]Bellet.[/mauve fonce]

Cet homme est attaché à sa liberté et se sent responsable de sa propre vie. C’est lui qui écrit sa propre histoire à travers brouillards et jours ensoleillés. Il n’est exempt ni d’erreurs ni de piétinements. Que devient alors le sens de culpabilité, de faute ...Surtout pas un soi-disant « péché originel »... Et alors de son père apaiser le courroux !!! (Minuit chrétiens ...)

Si la grandeur de l’homme est d’être à l’écoute des exigences intérieures qui le sollicitent à vivre vrai dans sa relation à autrui et à lui-même, ce n’est pas en s’accablant comme pécheur qu’il s’humanise mais en affinant sa lucidité sur ses pensées et ses actions, en endossant sans culpabilité la responsabilité de ses erreurs et en s’efforçant d’y remédier. Là sans doute il est en phase avec la voix intime qui l’appelle sans le contraindre. Est-il sain de lui imposer pour commence chaque messe de devoir « reconnaître que nous sommes pécheurs » ?

[marron]Croire en Dieu au sein des tragédies humaines[/marron] (205)

Y a-t-il un Dieu après Auschwitz ? Comment est-il possible de croire en Dieu pour ceux qui sont confrontés à l’horreur extrême organisée et planifiée par des humains ? Elie Wiezel n’a pas pu garder une foi en Dieu après Auschwitz. Etty Hillesum y a approfondi sa foi. Et Bonhoeffer en conclut de devoir quitter les religions telles qu’elles sont devenues.

  • Dieu est soucieux : Le Dieu que nous trouvons au fond de notre humanité est un Dieu qui a le souci, dirait-on, d’un progrès. Il y est comme impliqué. Il a cessé de s’enclore en lui-même dès l’instant où il s’est compromis avec l’existence d’un monde et en acceptant que ce monde naisse. Dieu ne pèse pas sur les consciences et ne s’ingère pas dans les décisions. Hans Jonas conclut : « Il n’est pas possible de sortir indemne des camps où ont péri à cause de l’arbitraire des hommes des millions d’êtres humains. »
  • Dieu est souffrant
  • Dieu est en devenir : Il est affecté par ce qui se passe dans le monde : Il n’est pas tout-puissant.

[bleu marine]Que peut changer une approche existentielle du Mystère de Dieu ? [/bleu marine] (223)

[marron] Burdelot - Dieu, un mot dangereux ![/marron]

Parler de Dieu dans le monde occidental actuel, est perçu comme introduire dans un monde de subordination. Ce Dieu est habituellement compris comme un facteur absolu, qui s’impose et pour cela a des projets pour les humains qui n’ont plus qu’à entrer dans des perspectives (p.136) C’est poser l’hypothèse nécessaire à garantir la permanence d’un ordre établi. Ou encore de garantir un sens aux choses et aux hommes.

L’affirmation chrétienne ne part pas de la conviction que Dieu existe pour en déduire la divinité de Jésus. Mais c’est en reconnaissant l’existence humaine de Jésus et du type d’humanité qu’il a manifesté qu’on est invité à croire à l’existence d’un amour éternel et personnel qu’à notre tour nous nommerons Dieu.

L’humain est fragile mortel, mais il se rêve tout puissant. L’angoisse de se sentir puissant et dispensé de tout malheur le dispenserait de ses responsabilités à la condition de lui être soumis.

[marron]Pour une approche existentielle du mystère l’idée de Dieu[/marron] (138)

Dieu est un mot dangereux qui s’est prêté à des utilisations religieuses, sociales, morales ou politiques de tous ordres. Un être qui appelle une main mise sur les libertés humaines. On l’utilise pour farcir une culture : fêtes, offices, sanctuaires, calendrier et jusqu’à des positions politiques les plus autoritaire : « Une boite d’allumette qui peut déchaîner des guerres » [mauve fonce](Malraux)[/mauve fonce] ! Pour nos besoins de sécurité : angoisses, protections de tous ordres car cet être absolu permettrait d’échapper à tout danger car il disposerait de forces et de moyens d‘assurer nos succès. (A la condition de lui être soumis !)

Pour moi, le terme Dieu signifie fondamentalement « une transcendance », un « au-delà » des données contingentes où se déploie nos existences. Un au-delà qui échapperait au caractère éphémère et ambigu de nos existences soumises à la loi de la dégradation de la matière dont nous sommes faits. Toute intelligence humaine rencontre cette représentation : divin, sacré, amour, qui se présente avec un « je ne sais quoi », un caractère d’absolu (conditionné par rien). Ce dont les humains sont habituellement conscients. Ceci est-il simplement une idée ou une réalité profondément ancrée en nous ?

Il ne s’agit pas d’une idée d’un Dieu tout puissant et bon, gérant de l’ordre harmonieux du monde. Le christianisme ne présente Dieu qu’à partir de son image la plus exacte, la plus achevée, celle de J-C. Pour le découvrir, prendre le chemin qu’Il a pris lui-même, épouser la condition humaine, vivre en homme, le plus humain des hommes. Ce que la sécularisation refuse absolument, c’est l’idée de Dieu servant d’argument à la mainmise d’une religion sur les activités humaines. On peut souhaiter que le terme Dieu puisse se débarrasser des scories accumulées par l’histoire. Nous sommes invités à prendre ce terme avec précaution : c’est l’aventure humaine de Jésus qui parle de Dieu et non l’inverse. Une aventure n’est pas une fiction. [mauve fonce](Burdelot – « Devenir humain » - - Cerf – pp 133 ss.)
[/mauve fonce]

[marron]Que changerait une approche existentielle du mystère Dieu ?[/marron] (p.223)

Une approche existentielle du mystère de Dieu ce n’est pas une adhésion à une doctrine bien ficelée sur « Dieu » mais un cheminement à partir de notre expérience d’humanisation. Au cœur de cette expérience exigeante, vécue avec authenticité dans tous les domaines de sa vie, l’homme atteint le plus humain de lui-même, éprouve le sentiment de dépassement et de transcendance. Il peut nommer Dieu la source qui l’inspire intérieurement. Il rejoint ainsi la démarche de Jésus, dont son engagement au bénéfice des exclus et des marginalisés. Cette démarche a révélé le vrai visage de son « Dieu ».

Cette démarche rend des personnes et des groupes adultes en les invitant à penser par eux-mêmes. Elle donne priorité à la pratique de Jésus. Ce serait une manière d’incarner l’Evangile et de prendre au sérieux l’élan qu’Il nous a donné.

[vert] « Profondément croyant, je ne conçois pas mon travail comme consistant à faire subir la respiration artificielle à des symboles d’hier.... » [/vert]

(Le Dieu de Jésus selon John Spong in « Jésus pour le 21ème siècle » - Karthala).
 

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