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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°17 Breuklijnen

Octobre - oktober 2008
samedi 18 octobre 2008 par J.V.

 APPEL AUX POLITICIENS DE NOTRE PAYS

Antwerpen — Bruxelles, septembre 2008

La paix aussi pour notre pays

« La situation est sérieuse, mais pas désespérée. »
Oui, la situation institutionnelle dans laquelle notre pays se trouve est plus que sérieuse. Que se passe-t-il pour qu’une si longue tradition de compromis honorables ne serait plus possible ? Nos femmes et hommes politiques ne savent-ils plus comment dialoguer en paix, dans le respect mutuel ? Nous espérons qu’ils le peuvent encore. II ne nous appartient pas de définir le résultat de ce dialogue. Mais nous voulons rappeler d’urgence quelques paramètres nécessaires pour que le dialogue se concrétise avec un maximum de chances de succès.

Que représente, pour nous, un dialogue de paix ?

- Un dialogue de paix vise d’abord le bien-être de tous les citoyens.
Cela signifie que toutes les entités importantes du pays doivent être impliquées dans le dialogue : la Flandre, la Wallonie, Bruxelles et la Communauté germanophone. Un dialogue de paix vise dès le départ une situation de laquelle chaque communauté ou chaque groupe impliqué sorte gagnant. Le résultat ne saurait être un profit pour l’un, au détriment de l’autre. Une bonne réforme de l’Etat vise donc aussi une solidarité et une justice plus efficaces. Ce qui demande de l’autorité, de l’audace et du courage pour oser réfléchir sur le long terme, sans rechercher un avantage politique à court terme.

- Un dialogue de paix se construit sur des acquis fragiles.
Pendant quarante ans, on a réformé les structures actuelles de l’Etat. Que n’a- t-on pas gagné en faveur d’une dynamique spécifique pour les communautés de notre pays. Celui qui construit la paix, respecte ce qui a été réalisé jusqu’ici, y compris les nombreux compromis fragiles. Les structures sont toujours le résultat ponctuel du « vivre ensemble » des hommes et des communautés qui continuent à se développer. Ce processus d’affinement et de perfectionnement des structures de notre Etat se poursuivra toujours. II est passionnant de constater qu’un cadre commun se développe aussi à l’échelle européenne, dans lequel nous pouvons évoluer et grandir ensemble. L’Union européenne elle-même fut conçue comme une structure de paix. Seule la construction de la paix à travers la justice, en prêtant attention à l’environnement, aura un avenir. Tout le reste est secondaire.

- Un dialogue de paix demande et instaure un climat de confiance.
Un dialogue de paix pour le futur ne réussira pas dans la surenchère ni dans un climat de méfiance. Il postule la confiance mais également la discrétion et le respect des accords conclus. La confiance se construit lentement. On a accordé trop peu d’attention à ces éléments au cours des dernières années. Pendant les négociations, il est même arrivé que des propositions soient révélées au médias en moins d’une heure.

- Un dialogue de paix amène à une meilleure connaissance et compréhension de l’autre.
Qui sont ceux qui vivent “de l’autre côté” ? Quels sont leurs besoins ? Qu’est-ce qui compte vraiment pour eux ? Toutes ces questions et leurs réponses méritent d’être analysées avec attention. Beaucoup de faits qui se déroulent “de l’autre côté”, dans l’autre communauté, ne sont pas compris, voire pas connus, et parfois consciemment mal interprétés. Aussi longtemps que l’on ne dira et écrira que des choses négatives à propos de “l’autre”, nous resterons inévitablement dans des schémas stériles, des préjugés, des banalités et même des images préconçues de nos soi-disant ennemis. Celui qui veut commencer un dialogue de paix se doit de dépasser cette barrière linguistique. Voir et reconnaître ses propres défauts et difficultés, apprécier et renforcer ce qui est positif chez l’autre : telle est à nos yeux la voie du compromis efficace et raisonnable.

- Un dialogue de paix ne supporte pas d’échéances.
Bien sûr, il est bon qu’au départ d’un dialogue chacun puisse exprimer son point de vue et ses espoirs, comme “une main tendue”, et non comme une exigence “à prendre ou à laisser”. Il n’est pas bon pour la confiance réciproque de parler de “négociations de la dernière chance”. Quelle serait, par ailleurs, cette dernière chance ? Et qu’y aurait-il, après cette dernière chance ? La situation complexe de notre pays ne peut pas s’adapter rapidement aux défis nouveaux. Néanmoins, le temps imparti doit être utilisé de manière responsable et créative.

Un modèle de paix peut inspirer à son tour d’autres pays et d’autres peuples. Notre petit pays avec ses structures complexes et ses diversités linguistiques, régionales et communautaires a toujours été reconnu et apprécié comme un modèle unique et passionnant. Cependant, il nous est de plus en plus souvent demandé « Qu’est-ce qui se passe chez vous ? Pourquoi n’êtes-vous plus capables de résoudre vos problèmes communautaires ? ». Ce sont des questions auxquelles nous ne savons pas répondre aisément alors que tant d’autres problèmes pénibles existent encore chez nous et dans le monde entier.

Que les vrais hommes et femmes d’Etat, qui ont l’ambition d’ouvrir la voie à un avenir de paix pour notre pays, commencent à s’engager !

Philippe de Dorlodot, président de Pax Christi Wallonie-Bruxelles
Jo Hanssens, président de Pax Christi Vlaanderen
Jean Hinnekens, président de la Commission Justice et Paix Wallonie/Bruxelles
Jef Felix, voorzitter van het Netwerk Rechtvaardigheid & Vrede
Ariane et Benoît Thiran, coordinateurs de l’ASBL « Sortir de la Violence »
Pat Patvoort, présidente de l’ASBL « De Vuurbloem »

Note de la rédaction : Le texte a été publié dans La Libre Belgique du 8 octobre 2008.
De Nederlandse versie stond in De Morgen.


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