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L A V I G E R I E . be
Islam

La Communauté marocaine en Belgique.

Dossier : L’Islam en Belgique (4)
lundi 3 novembre 2008 par Jan Geypens

Le plus grand groupe de musulmans en Belgique est celui de la communauté marocaine.

Les Immigrants marocains sont venus dans notre pays à partir des années 60. Ils sont venus à la suite de la lecture d’ une brochure intitulée « Vivre et travailler en Belgique » qu’on trouvait aux ambassades belges dans les pays du Maghreb. Les première lignes les invitaient ainsi :
« Ouvriers, soyez les bienvenus. Avez-vous déjà pensé à travailler en Belgique ? Avez-vous déjà pris la grande décision ? Nous, les Belges, sommes heureux de vous voir nous offrir votre main-d’œuvre et votre intelligence. Nous souhaitons que cette vie nouvelle contribue à votre bonheur ».
Les Maghrébins n’ont donc pas envahi notre pays, nous les avons invités. Parmi eux, il y a des Berbérophones et des Arabophones.

De l’origine et son évolution

Les premières mosquées marocaines ou encore simplement des lieux de culte voyaient le jour grâce aux fidèles de la base. La première génération de fidèles voulait un endroit pour la prière du vendredi et l’enseignement de l’islam à leurs enfants. La communauté cherchait elle-même les finances nécessaires, choisissait l’imam et le payait. Cette génération ne s’intéressait pas à la politique. Mais le rôle des mosquées va changer avec les générations suivantes. La mosquée n’est plus seulement un endroit pour les activités religieuses, mais s’y ajoute le sport et les activités sociales et culturelles, surtout pour les jeunes. Parmi les jeunes il y en a qui ont peu d’espoir pour un avenir heureux (écoles et travail), ainsi, ils sont souvent une source de soucis pour les anciens. Certains abandonnent la pratique de la religion et cherchent leur salut dans des mouvements islamistes, parfois vers l’extrême. Pour remédier à cette situation, beaucoup de responsables de mosquées marocaines font un effort louable pour venir en aide aux jeunes. Ils font appel à des mouvements religieux, de préférence non-politiques.

Des mouvements religieux

A l’intérieur de l’islam marocain, il n’y a pas de courants différents comme chez les Turcs, mais il y a bien des mouvements religieux. Les adeptes de ces mouvements visitent les mosquées, parlent aux jeunes dans la rue ou dans les cafés, là où ils peuvent les rencontrer. Ils essayent de motiver les jeunes pour que ceux-ci donnent de nouveau une place à l’islam dans leur vie. Ces mouvements ont en général une grande influence sur les jeunes. Les responsables des mosquées réagissent différemment aux visites de ces prédicateurs. D’une part, ils se réjouissent du fait qu’ils réussissent à ramener des jeunes à la mosquée, mais d’autre part ils craignent que parmi eux il y ait des tendances qui prêchent un islam extrémiste. Beaucoup de responsables veulent d’abord savoir de quelle tendance ces prédicateurs sont avant de les admettre pour un prêche dans leur mosquée. Egalement ces dernières années viennent des imams du Maroc spécialement pour la période du Ramadan.

Voici dans la communauté musulmane marocaine trois de ces mouvements religieux qui ont une influence grandissante sur les jeunes :

  • Les Frères musulmans
    Ces néo-islamistes avec leur mouvement politico-religieux, voient le jour en Egypte. Ce mouvement fut fondé par le cheikh al-Banna en 1929 et est fortement structuré et tourné vers l’action. Il avait regroupé autour de lui des prédicateurs populaires, organisé un parti, formé des jeunes musulmans convaincus et décidés. Sa réputation fut vite répandue à d’autres pays musulmans et avec la grande immigration musulmane vers l’Europe, son influence reste visible dans la communauté musulmane marocaine en Belgique. Le célèbre intellectuel Tariq Ramadan visite régulièrement notre pays car il est un conférencier qu’on invite volontiers, aussi bien par nos universités qu’en communautés marocaines et il est fort bien apprécié par les étudiants qui viennent nombreux pour l’écouter. En Belgique, ce mouvement plaide pour une participation active à la vie sociale dans le pays d’accueil, mais tout en sauvegardant l’identité religieuse musulmane et en essayant d’améliorer la vie morale dans la société environnante. Il est une source spirituelle et idéologique et d’inspiration pour beaucoup d’associations musulmanes. Cependant ils reçoivent un peu de critique parce qu’ils mettent l’accent plutôt sur l’engagement social et politique et non d’abord sur les affaires religieuses. Leur mouvement est surtout actif à Bruxelles et à Anvers, mais aussi dans les mosquées au Limbourg. On les invite volontiers parce qu’ils remplissent un vide chez les jeunes.
  • Tabligh ( Da’wa )
    Ce mouvement a vu le jour en Inde par Muhammad Ilyas avec la fondation de l’association pour la prédication (Foi et Pratique). Ils sont assez missionnaires. Similairement à d’autres mouvements, le point central pour eux est le renouveau de la pratique religieuse, la connaissance du Coran et hadiths, la prière, la fraternité avec d’autres musulmans et la sobriété. Leur façon d’agir est d’aller chercher les jeunes là où ils se trouvent (la rue ou les quartiers), les amener à la mosquée pour qu’ils reprennent la pratique religieuse et deviennent à leur tour des prédicateurs. Tout comme pour les frères musulmans, les mosquées voient leur travail comme complémentaire au leur et ces prédicateurs sont facilement reçus par la plupart des mosquées.
  • Salafi’s
    C’est un mouvement néo-fondamentaliste qui se développa à partir des années 1990.Il est actif en Belgique. Il est caractérisé par sa fermeture à l’environnement non-islamiste. Ce mouvement met l’accent sur l’observation très stricte des règles et prescriptions de l’islam (le port du voile p.e.) Le mot ’salafii’ signifie ’partisans du Prophète’ et renvoie aux actions littérales du Prophète. Ainsi, par exemple, ils n’acceptent pas l’usage du chapelet musulman (sibha ou theswi) parce que le Prophète lui-même ne l’aurait jamais utilisé. Bien que la plupart des salafii se concentrent à avoir un espace islamiste où ils peuvent vivre et exercer leur foi d’une façon pure, leur attitude vis à vis de la culture occidentale et sa société est négative. Pour certains, le mot ’djihad’, la lutte contre les ennemis de l’islam, n’est pas inconnu. Ils se sont déjà exprimés plusieurs fois et publiquement en Belgique pour protester contre l’un ou l’autre événement anti-islam. p.e. à l’occasion des dessins danois sur le prophète. Aussi le groupe de femmes qui porte ’la burka’ (visage complètement caché) à Maaseik (au Limbourg) appartient à ce mouvement dont quelques hommes ont été accusés d’appartenir à une organisation terroriste. Même si, dans la communauté marocaine, ce mouvement réussit à attirer quelques jeunes sans perspective d’avenir, l’ensemble des responsables des mosquées marocaines restent méfiants et vigilants et n’apprécient pas beaucoup l’observation trop stricte des prescriptions que présente ce mouvement. Mais il est trop difficile pour eux de leur interdire toute entrée dans leurs mosquées.

Perspective

La plupart des mosquées affirment qu’elles ont des contacts amicaux de dialogue avec d’autres communautés non-musulmanes, surtout avec les communautés chrétiennes. Elles préconisent une ouverture vers le voisinage et organisent chaque année un jour de ’porte ouverte’ où chaque non-musulman est invité à leur rendre visite et à recevoir une explication sur leur façon de vivre la foi musulmane

DOSSIER : l’Islam en Belgique (4)
réalisé par J. Geypens, mafr.
pour le GROUPE RENCONTRE,

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