missionarissen van afrika
missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be
R.D. Congo - Nord-Kivu

« Au Nord-Kivu, nous sommes complètement abandonnés de tous »

Mgr Théophile Kaboy Ruboneka
samedi 21 avril 2018 par Webmaster

En RD-Congo, alors que les violences se multiplient dans le Nord-Kivu depuis plusieurs semaines, l’Église exprime son inquiétude.

Mgr Théophile Kaboy Ruboneka, évêque de Goma et Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, évêque de Butembo-Beni ont tous les deux déploré l’insécurité qui se généralise dans cette province devant l’indifférence générale.

De gauche à droite : Mgr Melchisédech Sikuli, François-Xavier Maroy et Théophile Kaboy .



« Au Nord-Kivu, nous vivons dans un chaos total », a déclaré à l’agence missionnaire Fides Mgr Théophile Kaboy Ruboneka, évêque de Goma, dans le Nord-Kivu au lendemain de l’assassinat, le 8 avril d’un prêtre par un groupe armé dans son diocèse. « La situation de mon diocèse de Goma, comme celle du diocèse de Butembo-Beni, est incroyable, a-t-il poursuivi. Nous sommes complètement abandonnés de tous et nous vivons seulement grâce à la Providence. Je demande aux fidèles de l’église universelle de prier pour notre région afin qu’elle puisse retrouver la paix. »

Dimanche 8 avril, le père Étienne Sengiyumva, 38 ans, venait de dire une messe de baptême et de mariage dans le village de Kyahemba et partageait un repas avec des paroissiens quand il a été tué. Une semaine plus tôt, le père Célestin Ngango, curé de la paroisse Saint Paul de Karambi, dans le diocèse de Goma, avait été enlevé par des ravisseurs qui exigeaient une rançon puis libéré au bout de quelques jours.

Mgr Théophile Kaboy Ruboneka a également fait remarquer que le père Etienne Sengiyumva est le troisième prêtre tué dans la zone. « Les enquêtes portant sur les responsables de ces morts n’aboutissent jamais nulle part, a-t-il encore dénoncé. De notre côté, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour identifier les assassins du père Etienne Sengiyumva, même si nous ne nous faisons pas beaucoup d’illusion ». Selon l’évêque de Goma, les témoins de ces exactions craignent souvent pour leur vie et celles de leurs êtres chers, ce qui freine considérablement les enquêtes.

À Butembo-Beni, même constat

Dans le diocèse voisin, Butembo-Beni, Mgr Sikuli Paluku Melchisédech s’était inquiété de la multiplication des tueries à la veille des célébrations pascales. « En cette période où nous nous préparons à célébrer la fête de Pâques en toute sérénité, nous sommes surpris par des coups de balles et des tueries à grande échelle » avait-il déploré avant de donner le cas précis de deux paroisses de son diocèse. « À la paroisse Notre Dame de Fatima à Kabasha, toute la population est mise en déroute par des affrontements entre l’armée régulière et les miliciens maï-maï. À la paroisse Saint Gustave de Beni-Paida, encore une fois à Mayangose, des massacres de populations : 11 personnes tuées, parmi lesquelles une vieille femme de 80 ans et un jeune garçon de 9 ans. »

Mgr Sikuli avait également regretté que ces attaques répétées contre les civils se déroulent à proximité des positions de l’armée congolaise ainsi que des forces de l’ONU, sans que celles-ci n’interviennent. « Jusqu’à présent, 5 jeunes sont portés disparus, kidnappés par ces malfrats. Pourtant, non loin de là, il y a des positions de Fardc [Forces armées de la République Démocratique du Congo NDLR] et de la Monusco [Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RD-Congo NDLR] pour la protection de cette même population. Hélas ! On a tué et attaqué sans aucune intervention sinon tardive, de toutes ces forces militaires. »

  Lucie Sarr,
La Croix-Afrique, 10/04/18

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 109 / 729138

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Afrique  Suivre la vie du site R.D. Congo   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.26 + AHUNTSIC

Creative Commons License