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L A V I G E R I E . be

Migration vue de l’Algérie

vendredi 28 septembre 2018 par Jan Heuft, Webmaster

Texte composé pour les évêques d’Algérie en vue de la réunion de la Cerna [1]

En tant que Rencontre et Développement, nous assistons tous les jours aux refoulements des migrants subsahariens en situation irrégulière en Algérie. Ces refoulements sont organisés sur tout le territoire national. Initialement il s’agissait de refouler les migrants nigériens, venus en masse mendier sur tout le territoire algérien. Ces nigériens venaient surtout de la région de Zinder au Sud du Niger. Cette région est durement frappée par les changements climatiques (il ne pleut presque plus) et la présence agressive, cruelle des groupes islamiques terrorisent la population. Autrefois ces gens allaient travailler, en période de sècheresse, dans les régions au Sud du Niger, cela n’est plus possible, justement à cause de ces terroristes.

Le drame de cette migration est que ces gens sont exploités par des passeurs nigériens présents en Algérie et au Niger. La mendicité sous forme d’Islam est pratiquée, mais également la traite des personnes : femmes et surtout les enfants ! C’est et c’était une situation terrible, affreuse. L’Algérie a voulu mettre un terme à cet état de choses en organisant des retours en accord avec le gouvernement Nigérien.

Vu l’immensité du problème, et le nombre de migrants, tous des subsahariens, la police et la gendarmerie ont fini par ramasser tous les gens de couleurs, migrants clandestins, demandeurs d’asile et réfugiés du HCR. Cela crée un climat d’angoisse et les demandes de retours volontaires aux pays d’origine sont très nombreuses. L’OIM [2] et Rencontre et Développement organisent ces retours. Avec l’OIM c’est par avion (avec des multiples démarche et un temps au moins de 3 semaines) avec R&D c’est par la route par intermédiaire des postes de Mission Catholique à travers toute l’Afrique (surtout le Niger, Guinée, Mali, Cameroun, Benin, le délai des démarches pour les départs demandent 2 ou 3 jours, nous sommes à 85 départs réussis depuis le 01/01/2018)).

Les Algériens

Les retours volontaires des Algériens d’Europe sont assez nombreux et nous travaillons avec des organisations Caritas, NGO refugiés de France, Belgique, Hollande, Allemagne et Italien). Ces retours « volontaires » sont pour 90 % un échec. Ces personnes sont revenues volontairement sous la pression des lois anti – migration et pour toucher « la prime de retour » entre 1500 à 2000 €

Les départs à partir des côtes algériennes.

Il faut compter environ 30 algériens par semaine, (parfois s’y ajoutent des subsahariens) qui essaient de traverser la mer pour l’Europe (Annaba, Mostaganem, Oran), sans oublier les queues d’Algériens devant les consulats étrangers pour obtenir un visa, souvent sans résultats (et en cas de réponse positive les prolongements de séjour en Europe sont très nombreux).

Les raisons des départs

Elles sont légion aussi bien pour les subsahariens que pour les Algériens. Pour la plupart ce sont des gens « courageux » à qui le système politique de leur pays ne convient plus. A cela s’ajoute des raisons économiques et psychologiques du mal vivre.

Ils veulent construire leur ailleurs, quel qu’il soit ! La seule solution c’est le changement politique en Afrique même, pour lequel les africains doivent faire des sacrifices énormes. La solution ne peut pas venir d’Europe, elle doit venir du système politique africain.

La pastorale des migrants en situation irrégulière.

Elle est extrêmement difficile à cause du manque d’un langage de vérité et de la situation de vulnérabilité de ces personnes. La pastorale des réfugiés est plus facile et le combat pour leurs droits aussi. En tant qu’Eglise, nous ne pourrions jamais soutenir la migration clandestine.

Le thème « un monde sans frontières » est naïf et pas réalisable. Par contre nous pouvons et devons être toujours disponibles pour aider et accueillir les personnes en détresse en œuvrant pour leur rétablissement dans une situation autonome équilibrée.

L’accompagnement dans la foi chrétienne est très délicat, il doit se faire sans arrière-pensée d’aide économique ou avantages matériels. Quant au baptême ou à la conversion soyons là aussi très prudent en particulier dans l’accompagnement des prisonniers.

  Alger, le 20/09/2018

Frère Jan Heuft, pb

Responsable du Service Interconfessionnel « Rencontre et Développement »

[1Conférence des Evêques de la Région Nord de l’Afrique

[2Organisation Internationale pour les Migrants


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