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L A V I G E R I E . be

Rencontres et Conversion…

mercredi 26 septembre 2007 par Webmaster

Témoignage du Père Dries Fransen, Editeur responsable de « Famille Mission »

Je disais (à des amis) que l’Evangile c’est au fond le récit des diverses rencontres de Jésus avec des gens de son temps.

Il y a quelques jours, nous relisions dans Matthieu (15, 21-29) une de ces rencontres qui a retenu mon attention. Jésus vient dans la région de Tyr et de Sidon, deux villes proches de la Méditerranée où habitent beaucoup de Cananéens, la population d’origine de la Palestine qui vivait en confrontation avec le peuple d’Israël.


Lorsqu’une une femme vient vers lui et le supplie de guérir sa fille, Jésus répond spontanément : « Je ne suis envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël ». Comme la femme insiste, Jésus lui dit : « Il n’est pas bon de prendre le pain des enfants et de le donner aux chiens ».

Et ce mot « chien » me rappelait un souvenir lointain des années où j’étais en Tunisie (il y a plus d’un demi-siècle !). Là les musulmans désignaient les non-musulmans également comme des « chiens ». - En langue arabe « chien » se dit « kelb », ce que les Français ont transformé en « clebs ». Un terme méprisant donc.

La femme ne se fâche pas à cause de cette offense, mais elle dit : « ... mais les chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leur maître ». Jésus est surpris, étonné et, plein d’admiration, il dit à la femme : « Femme, ta confiance est grande ». Grâce à elle, Jésus découvre que sa mission est plus large que les brebis perdues d’Israël. Il a reçu et appris quelque chose de cette non-juive : même en dehors d’Israël il y a de bonnes gens, ouvertes et accueillantes pour lui et pour le Royaume de Dieu. Dans ses rencontres, Jésus n’a pas seulement donné et transmis, il était prêt à recevoir, à apprendre, à se libérer des préjugés de son peuple dans lequel il avait grandi.

Et je pense que nous, missionnaires, nous pouvons également le reconnaître et l’avouer : nous sommes partis en Afrique pour y partager et y transmettre quelque chose. Mais nous avons aussi pu y recevoir et apprendre beaucoup. Sur le plan matériel et technique, nous les considérions à juste titre comme « sous-développés », mais il y a d’autres aspects humains, où ce sont eux qui peuvent nous apporter quelque chose. De ce point de vue, ce sont eux qui nous ont « convertis » ! Jamais on n’y achète ou on n’y vend quelque chose sans une conversation, non seulement pour discuter le prix, mais surtout pour avoir un contact humain et amical « Jambo, habari ? » - « Bonjour, quelles nouvelles ? »

J’ose le dire : « Merci » à tant de personnes que j’ai rencontrées hors des limites de la culture et du pays dans lesquels je suis né et où j’ai grandi. C’est vous qui m’avez libéré de cette théologie occidentale savante et m’avez renvoyé au langage simple de l’Evangile. C’est en vous que j’ai retrouvé cette femme cananéenne qui savait apporter quelque chose, même à Jésus. »

Je pense que notre société, soi-disant « développée », a quelque chose à apprendre des Africains. Et il ne faut même plus les chercher aussi loin aujourd’hui !

Avec mes salutations fraternelles à vous tous

Dries Fransen (Editorial de « Famille Mission » N°3 - 2007)


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