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DECES

Père Jean-Pierre Claude

lundi 20 avril 2020 par Webmaster2

Mercredi 15 avril, à l’hôpital Brugmann à Bruxelles, notre confrère

Jean-Pierre CLAUDE est décédé dans la soirée.

Jean-Pierre est né le 26 février 1927 à Mons, dans la province du Hainaut, diocèse de Tournai. Son père est professeur d’athénée à Bruxelles. Jean-Pierre est en cinquième – ancienne dénomination - des humanités gréco-latines à l’Ecole Apostolique des Jésuites à Verviers lorsque la guerre éclate en mai 1940. Le directeur organise l’évacuation. Ils quittent en camion, prennent le dernier train à la gare des Guillemins à Liège en direction de Bruxelles, mais le convoi est bombardé à Fexhe-le-Haut-Clocher. La pitoyable troupe d’enfants, accompagnée de quelques jésuites, à pied, à travers champs et bois, arrive à Charleroi le 14 mai. Le père Robert Claude s.j. veille sur son neveu Jean-Pierre qu’il compte bien ramener chez lui à Mons. Cette ville étant bombardée, on décide de continuer sur la France. Ils passent par Quévy, survivent à un terrible bombardement à Bavay et arrivent à Valenciennes le 19 mai. Ils y trouvent un camion jusqu’à Amiens. À 3 km de Cambrai, à Escaudoeuvres, un avion pique sur eux et lance une rafale : celle-ci creuse une double trace sanglante à travers tout le camion. Les Allemands à partir d’une péniche sur l’Escaut tout proche tirent une deuxième rafale… Quelques deux cents balles criblent le camion. Quinze morts, dont treize enfants (tous aspirants missionnaires !), quatorze blessés, six rescapés, et parmi ceux-ci Jean-Pierre. Il avait 13 ans.
Il termine ses études secondaires au collège St-Jean-Berchmans à Bruxelles. En septembre 1945 il entre chez les Pères Blancs à Thy-le-Château, fait le noviciat à Varsenare et la théologie à Marienthal, pour la première année, et à Heverlee, où il prononce son serment missionnaire le 21 juillet 1951 et est ordonné prêtre le 12 avril 1952, avec 35 autres confrères, dans la chapelle du scholasticat. Ses formateurs soulignent son caractère plutôt fermé, taciturne et peu communicatif. Il faut, en effet, gagner sa confiance. Il dispose d’une bonne intelligence, est dévoué, généreux et délicat. Nature riche, doté d’une volonté forte, il n’a pourtant pas un caractère de chef. Il est pieux et recueilli. Il peut être un peu sec en communauté. Après son ordination Jean-Pierre fait une année de philologie romane à l’université de Louvain, y ajoutant les cours prévus en guise de service militaire. Médicalement suivi pour surmenage (il souffre également d’une descente d’estomac), il est dispensé de se présenter aux examens et se prépare à partir en Afrique.
Le 7 octobre 1953 Jean-Pierre s’envole avec Sobelair pour le Burundi. Il est nommé vicaire et directeur de l’école primaire à Giheta, dans le diocèse de Gitega. Mais bientôt de grosses fatigues et des maux d’estomac le forcent de consulter un médecin. En février 1954 celui-ci le renvoie en Europe et avertit Mgr. Grauls dans ce sens. « Sachant la chose de mon côté, écrit Jean-Pierre au provincial de Belgique, je suis aussitôt monté à Gitega pour dire à Monseigneur mon désir de rester en mission ». Le 5 mars 1954 Jean-Pierre reprend l’avion, après 5 mois d’Afrique.
Nommé à Thy-le-Château, il devient professeur de biologie, liturgie, missiologie et latin. En juin 1955 il consulte un spécialiste à Louvain, qui constate, outre l’asthénie, « une déminéralisation complète qui progressait depuis des années » et prescrit un régime de produits naturels au lieu de médicaments. En 1955 il participe à la Semaine de Missiologie à Louvain. En 1956 il est nommé à Namur (Chaussée de Charleroi) pour y assurer le secrétariat, l’administration et la comptabilité de la revue Grands Lacs, sous la direction du père Vincent de Decker. Dans le cadre de Grands Lacs, un service de librairie s’était développé, principalement au service des abonnés de la revue. Jean-Claude en fait un « Service de Librairie » destiné aux confrères et à tous les missionnaires travaillant en Afrique, ce que ceux-ci apprécient énormément. Il édite un petit bulletin d’information « Actualité du Livre ». Chaque jour il se rend à la poste. En 1976 le ’Boekhandeldienst’ qui existait à la Procure d’Anvers, est absorbé (« que j’ai repris, comme j’accepte tout trop facilement »), y compris les innombrables abonnements à des revues. Débordé, Jean-Pierre demandera en vain la nomination d’un confrère pour l’aider (« Je mets la clef sous le paillasson et je m’en vais. Depuis dix ans on me fait des promesses… ». Jean-Pierre réussit à éviter aux confrères le paiement de la TVA (taxe sur la valeur ajoutée).
En 1978 il rejoint la nouvelle maison au quartier La Plante (Chaussée de Dinant). En 1982, après moult discussions parfois pénibles et difficiles (« un service, qui, comme Jean-Baptiste, va en diminuant et aura bientôt la tête tranchée ! » dixit Jean-Pierre fin décembre ‘82), le service librairie est supprimé et les confrères s’adresseront désormais à l’UOPC à Bruxelles. Jean-Pierre se charge de l’aménagement du grand jardin en contrebas de la nouvelle maison. [A nonante ans il en tondra encore l’énorme gazon.]
Jean-Pierre est maintenant totalement libre pour Photos-Service et devient le collaborateur direct de Gust Beeckmans. Il en assure l’administration avec la méticulosité qui le caractérise et s’occupe de l’expédition aux revues et aux magazines abonnés des fameuses séries de photos, plus tard des CD-Rom. En février ’88 le père de Decker meurt et Jean-Claude se charge de l’homélie.
Son principal apostolat se situe à l’aumônerie de Mont-Godinne, clinique universitaire, où il se rend en voiture trois fois par semaine.
Dans la maison il entretient, en connaisseur, deux énormes aquariums. « Un coin de nature chez soi », comme il aime à le dire. Il n’est pas pour rien et depuis le début le secrétaire de la Société Aquariophile Wallonne. Les locaux de cette société se trouvent à Franière. Jean-Pierre y a équipé une importante bibliothèque spécialisée. En 2006 la société comptait 150 membres, parmi lesquels quelques Français du nord. Elle (ou plutôt son secrétaire) publie un bulletin d’information et de formation. Chaque mois Jean-Pierre convoque la réunion.
Jean-Pierre est un lecteur assidu de Reader’s Digest. Il possède une riche collection d’albums d’art. C’est un fanatique des mots croisés du journal, qu’il lit toujours en premier et dans lequel, d’ailleurs, il ne manque jamais de souligner en rouge les fautes d’orthographe et d’indiquer certains articles à l’intention de ses confrères. Chaque matin, au petit déjeuner, il raconte une blague trouvée sur son bloc calendrier.
En souvenir de mai 1940 Jean-Pierre conservait un béret traversé par un éclat d’obus. Les images du drame ne l’ont jamais quitté. À plusieurs reprises il participe à la commémoration organisée à Escaudoeuvres au cimetière et à la « chapelle des Martyrs » érigée sur la place du drame.
Toute sa vie fut marquée par une santé précaire. En novembre 2019, son état nécessitant un suivi permanent, il regagne notre communauté d’Evere (Bruxelles), où il s’adapte facilement. Tombé dans sa chambre il est conduit, inconscient, à l’hôpital Brugmann, où il s’éteint doucement mercredi soir.

Jef Vleugels


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