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L A V I G E R I E . be
Pâques 2010

L’avenir de Thembalabasha

Philippe Docq
jeudi 22 avril 2010 par Ph. Docq, Webmaster

Heureuse saison de Pâques

Je vous souhaite à tous une très heureuse saison pascale. Le Christ est ressuscité des morts, nous entraînant avec lui à recevoir la liberté des enfants de Dieu. Liberté de tout ce que le « monde » invente au quotidien pour nous distraire de notre vraie vocation : construire le monde dont Dieu rêve, un monde de respect et d’amitié, de paix et de justice, dans lequel tout un chacun se reconnaîtra comme enfant de Dieu - enfant de la Vie si vous préférez - et pourra déballer les talents qu’il a reçus pour contribuer à la recréation du monde.

Au milieu de toutes les informations contradictoires, je reste humblement attaché au Christ et à l’Eglise dont la mission première et unique est de Le proclamer vivant et agissant au milieu des hommes et des femmes d’aujourd’hui qui voudront bien s’ouvrir à Sa grâce.

Peu de temps après mon retour de vacances, le supérieur des Pères Blancs en Afrique du Sud m’a fait part d’une demande spéciale venue du Supérieur Général à Rome. Il m’expliqua que le centre de formation des Pères Blancs à Merryvale (Afrique du Sud - Kwa Zulu Natal - Diocèse de Durban) avait besoin d’un formateur pour faire équipe avec deux autres formateurs, car l’actuel troisième était appelé en juin à devenir recteur d’un autre centre de formation à Kinshasa.


Notre formation dure 10 ans après la fin des humanités (trois ans de philosophie, un an de spiritualité, deux ans de stage et enfin, quatre années de théologie). Merryvale est un des centres de cette dernière phase de formation (les quatre années de théologie). Le centre a été inauguré il y a deux ans et accueille pour l’instant une dizaine d’étudiants presque tous africains (aucun sud-africain hélas). Mais il pourra accueillir à terme jusqu’à 45 étudiants. Ils étudient à Cédara, un consortium théologique auquel participent plusieurs sociétés religieuses ainsi que les différents diocèses d’Afrique du Sud.

Vous vous doutez déjà de la suite... Le supérieur général m’a demandé d’accepter de remplacer le confrère qui s’en va à Kinshasa. Je devrais aussi devenir responsable d’une paroisse proche de Merryvale, dans un township, afin de donner aux étudiants un lieu où ils peuvent, les weekends, mettre en pratique ce qu’ils apprennent la semaine.

J’étais loin de m’attendre à une telle demande.

  • J’ai beaucoup mûri comme prêtre à Lenasia, où j’ai fait l’expérience de ce qu’il y a probablement de meilleur en termes de collaboration avec les laïques, mais aussi de ce qu’il y a de pire en termes d’opposition de la part d’autres laïques. Mais, d’une manière générale, je me plais à Lenasia, même si les défis sont très fréquents.
  • Et qu’adviendrait-il de mon projet si je devais partir ? Moins dramatique, mais à mettre dans l’équation, sont ma fonction de doyen ainsi que mon rôle comme aumônier national de l’association « Youth Encounter Spirit ».
  • Un défi important est aussi le zulu. Car, dire la messe en zulu et utiliser le zulu occasionnellement entre deux phrases en anglais est une chose, mais fonctionner complètement en zulu dans une paroisse qui ne connait sans doute que très peu d’anglais en est une autre.
Tout en méditant sur tout cela, mon instinct m’a poussé à comprendre que la demande de mes supérieurs représentait un intérêt supérieur pour la Mission, et j’ai donc accepté la nomination pour Janvier 2011. J’ai passé presque six ans à Lenasia et l’assurance qu’un confrère m’y remplacera me donne la paix. Quant à mon projet, il était temps, de toute façon, de réfléchir au futur, car économiquement, il ne deviendrait sans doute jamais viable.

Au centre d’accueil de Thembalabasha, je n’ai donc accepté aucun « nouveau » malgré les possibilités et les demandes. Il n’est pas pensable de continuer le projet si je suis à 500 kilomètres. Les problèmes sont trop fréquents, les résultats trop difficiles à obtenir, et les éducateurs trop fragiles. La situation économique du pays est en train de changer d’une manière dramatique. Le prix du transport en commun vient d’augmenter de 75%, le prix de l’électricité et de l’eau doublera de prix endéans les deux ans (33% d’augmentation récemment), l’augmentation très sensible du carburant a entraîné immédiatement une augmentation effrayante dans le secteur de l’alimentation, l’événement Mundial 2010 provoquera lui aussi une augmentation des prix dans tous les secteurs...

Politiquement, le malaise existant depuis déjà pas mal de temps est en train de se polariser sur un racisme récurrent, prôné par des figures politiques ayant la cote parmi la population noire.

Les jeunes du centre ne sont pas à l’abri d’une telle propagande et n’ont pas la maturité pour faire la différence.

L’avenir de Thembalabasha n’est pas encore complètement décidé.

- Ce qui se passera sans doute est que le centre d’accueil sera fermé et les sept jeunes qui y sont encore seront progressivement réhabilités dans leurs familles respectives.
- L’éducatrice continuera à suivre régulièrement leurs progrès et évaluera les besoins économiques nécessaires pour qu’ils continuent leurs études.
- Tant que possible, je continuerai à payer les frais scolaires (minerval, uniformes, fournitures, transport, voyages scolaires), ainsi qu’une assistance alimentaire pour ceux qui en auront vraiment besoin.
- Au centre de jour, Thembalabasha fusionnera peut-être avec un autre projet qui s’occupe des enfants provenant de parents victimes du sida. Pour le moment, ce projet nourrit et suit scolairement environ 200 enfants et jeunes adolescents.
- Le centre pourrait aussi devenir un lieu d’études pour les élèves d’humanités. Beaucoup d’entre eux n’ont pas, dans le squatter camp, d’endroit adapté à l’étude après l’école. Ils n’ont aucun accès à Internet alors que les écoles font de plus en plus appel à cette technologie, sans en fournir l’accès.


 Entretemps, de nombreux amis continuent à supporter mes projets économiquement et par la prière. Je les remercie du fond du cœur.
 

Un merci tout spécial à la paroisse Saint Paul de Waterloo qui m’a adopté comme missionnaire. Merci aux six mamans qui ont organisé un concert au profit de Thembalabasha, merci à Jean-Philippe de courir le Marathon à Paris pour mes projets.
 

Pardon de ne pas vous donner plus fréquemment de mes nouvelles. Le temps passe trop vite et les quelques temps libres dont je jouis n’ont souvent d’autre fonction que de recharger mes batteries.
 
Recevez toute mon amitié.

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