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L A V I G E R I E . be

Maison de formation au Burkina Faso

Marc DE VOS, M.Afr.
jeudi 30 septembre 2010 par Webmaster

Cela fait cinq ans que je me trouve à la Maison Lavigerie – maison de formation du premier cycle des Missionnaires d’Afrique à Ouagadougou (Burkina Faso). Ce n’était certainement pas à cela que je pensais lors de mon serment et ordination en 1976.

Maison Lavigerie, l’un des pavillons pour étudiants.
Buste en bronze de notre fondateur, le Cardinal Lavigerie
(œuvre du Père Staf Campforts).

MALI

Tout de suite après mon ordination je me suis retrouvé à Nioro du sahel, diocèse de Kayes (Mali). Premier contact avec l’Afrique, le Sahel, le monde musulman, les chrétiens dispersés et de longues distances à parcourir.

Après quatre ans de ce régime, en 1980, premier congé en Belgique et puis retour au Mali où je suis nommé à Kita (300km au sud) toujours au diocèse de Kayes. Kita est la première mission du Mali fondée en 1888 par les Spiritains. Tout autre milieu et une communauté chrétienne de presque cent ans. Autres activités aussi : tournées dans les villages tous les quinze jours, aumônerie de l’école, mouvements des jeunes. J’ai vécu 13 ans à Kita.

Ensuite de 1993 à 2001 j’ai travaillé dans deux paroisses, Guene Gore et Sagabari dans le pays malinké. Postes bien différents de ce que j’avais connu jusqu’à présent. Milieu rural et traditionnel.

Ensuite après une année sabbatique retour à Nioro du Sahel après 22 ans d’absence. Quel changement ! Quelle évolution ! La façon de vivre la mission était maintenant tout autre de ce que j’avais connu entre 1976 – 80. Changements dans la ville, les infrastructures, les mentalités.

BURKINA FASO

C’est à Nioro du Sahel que le provincial est venu me chercher pour m’envoyer au Burkina à la Maison Lavigerie. Alors pour un changement, c’en était un et un de taille.

Pourtant je ne regrette pas cette nomination, bien qu’il ne faille pas abuser des bonnes choses. Ici ce n’est plus toi qui fais ton programme de la journée, c’est l’horaire qui te dicte ce qu’il y a à faire ou pas.
Les jeunes sont ici pour trois ans avant d’aller à l’année spirituelle. Ils arrivent chez nous après avoir été au moins deux ans en contact avec nos animateurs vocationnels.. Pour l’année 2009-2010 nous avons un total de 29 candidats missionnaires répartis sur trois ans et originaires de quatre pays : Togo, Mali, Côte d’Ivoire et Burkina.

Nous sommes quatre formateurs : le recteur qui est un jeune burkinabe, un français et un espagnol (qui ont tous les deux fait Heverlee) et moi-même. En plus il y a deux moines bénédictins de Koubry qui partagent notre vie communautaire.

Dans la maison l’atmosphère est excellente. Les jeunes s’entendent bien entre eux et les contacts entre candidats et formateurs sont bons. Nous les éducateurs nous formons une équipe très soudée. La communauté est partagée en équipes de vie – 8 à 9 personnes. Chaque candidat a une responsabilité (photocopie, intendance, vélos-motos, lapins, jardin, etc). Cette vie en équipe est très formatrice. En se frottant quotidiennement les uns aux autres, on a vite fait de repérer ceux qui en veulent et ceux qui ont plutôt tendance à prendre les choses à la légère. Les études sont lourdes, il y en a beaucoup, peut-être trop. Chez certains je devine une obsession pour avoir un diplôme, mais ce n’est peut-être pas le lieu d’en discuter ici. Ajoutons à cela qu’en plus des cours nous leur proposons des sessions diverses, sessions d’une semaine : dialogue interreligieux, pastorale sanitaire, MBTI, comptabilité, justice et paix, etc…

Chaque année les candidats ont l’occasion d’aller en paroisse pendant leurs congés de Pâques cela leur permet d’entrer en contact avec la vie des communautés chrétiennes et de donner un coup de main pendant la semaine sainte. Il faut dire que cela devient de plus en plus difficile de trouver des communautés Miss. d’Afrique ; mais malgré cela un contact avec le clergé local a aussi ses avantages.

En juillet nous envoyons nos candidats au Ghana pour un mois. Le but de ce stage est qu’ils se perfectionnent dans la langue de Shakespeare. La première année va à Ejisu (notre maison de formation), la deuxième année va en paroisse, deux par deux, pour mettre en pratique ce qu’ils ont déjà acquis.

Ce qui me touche le plus c’est de constater le nombre de candidats qui vivent des situations familiales difficiles – absence du père, ou des deux parents, pauvreté, familles séparées (une partie en Côte d’Ivoire – une autre au Burkina). Beaucoup, surtout togolais et ivoiriens, sont issus de milieux charismatiques ou viennent d’entourages qui fréquentent les nouveaux mouvements religieux. Cela pose question ! Malgré cela la plupart ont bon cœur, vivent la joie, sont spontanés, sont reconnaissants, et comme tous les jeunes de leur âge ils critiquent tout et rien.

Finalement c’est un apostolat très exigeant mais je suis bien récompensé. C’est très enrichissant d’être en contact avec ces jeunes, c’est une aide pour entrevoir l’avenir de notre Société Missionnaire. Ecouter leurs questions lors des partages qui font suite à leur stage nous aide à comprendre les intérêts des jeunes d’aujourd’hui. Ces jeunes gens vivent dans une autre atmosphère que nous. Pour les aider, je suis heureux de pouvoir puiser un peu dans mon expérience de vie missionnaire au diocèse de Kayes : les connaissances, les rencontres, les échecs, les questions, les joies. Il me semble très important de vivre le contact personnel, de créer des liens. Evidemment avec les jeunes candidats les liens même amicaux doivent rester du type « formateur – candidat ».

J’ai confiance en ces jeunes mais je me pose quand même des questions. Au fond de moi-même j’entretiens quelques doutes sur certaines affirmations de leur part. Mais il faut aussi que nous, formateurs, nous les écoutions ; ils ont vraiment quelque chose à nous apprendre… Ces voix de la jeunesse peuvent aussi être bénéfiques pour nos confrères dans nos paroisses ou autres activités.

Oui vraiment, la jeunesse nous interpelle.

Marc DE VOS

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