missionarissen van afrika
missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be
Uganda

Mark De Wulf écrit de Kampala (31-8)

Nuntiuncula n° 664 Sept.- Oct. 2010
samedi 30 octobre 2010 par Webmaster

Chers amis,

Voila 6 mois que je suis de retour en Uganda, le pays où j’ai débuté il y a 40 ans.

J’ai pris la décision de repartir quand j’ai eu 65 ans. Je me disais en moi-même : C’est maintenant ou jamais. J’ai donc franchi le pas pour passer encore quelques années en Uganda pour, ensuite, revenir peut-être définitivement en Belgique et y faire ce que j’y ai fait de 2005 à 2010.

Ici, je suis considéré comme un vieux sage : mes premiers séminaristes ont déjà fêté leur jubilé d’argent de prêtrise ! Une jeune dame dont j’avais sponsorisé les études est venue me voir il y a quelque semaine avec sa petite fille. Elle lui a dit : « Viens dire bonjour à grand-père ! » Dimanche dernier j’étais l’hôte d’honneur d’une remise de prix ; une trentaine de jeunes religieuses m’étaient présentées par une plus vieille (à leurs yeux) religieuse que j’avais connue avant qu’elle n’entre au couvent !

Assez bavardé. Mais finalement je me sens plus chez moi en Uganda qu’en Belgique., là-bas je me sentais un peu à côté de mes pompes, sauf chez les Pères Blancs. Ici je connais plus de monde. Un cardinal, en Belgique, vous le connaissez par la TV (et récemment on en a beaucoup parlé) ; ici, j’ai rendu visite à notre cardinal Wamala et il a eu la gentillesse de me dire qu’il était heureux de me revoir ! Cà je ne l’ai jamais entendu de Mgr Daneels.

- Est-ce que l’Uganda a changé pendant mes 5 années d’absence ?

Tout compte fait, pas tellement. Même président et même parti au pouvoir (depuis 1985) Ce qui m’a surtout frappé c’est l’état pitoyable des soins de santé. D’où l’apparition d’un grand nombre de cliniques privées. Celles-ci sont bien sûr plus chères mais bien mieux équipées. Le mois dernier un confrère nous arrivait très malade du Congo : malaria et diabètes hors contrôle. Il a fallu plus de deux heures pour trouver un lit dans un hôpital et encore, dans une chambre très bruyante. La semaine dernière, même situation avec un confrère de l’Uganda. En dix minutes il avait une chambre impeccable dans une clinique privée et il était au lit avec une perfusion. Nous allons vers une médecine de classe.

Il y a aussi beaucoup de nouvelles écoles privées, certaines remarquables. Ce n’est presque pas croyable : l’enseignement est terriblement cher et les écoles apparaissent partout.

Le trafic dans la capitale Kampala est très chaotique. Rouler, çà va, mais trouver un parking est presque impossible. Quand je dois aller en ville je prends un taxi : çà me coûte 5 dollars de l’heure. Il y a aussi beaucoup de nouveaux centres commerciaux. On se croirait en Belgique (bien sûr, pas à Poperinge !)

Nous allons ici aussi vers des élections. En février 2011, pour le parlement et pour le président. Nous retenons notre souffle en espérant que tout se passera dans le calme.

Vous avez bien sûr entendu parler des attentats à la bombe, pendant la finale de la Coupe du Monde de Football ; il a coûté la vie à 87 personnes. Tous étaient en rapport avec le rôle que l’Uganda joue dans la mission de paix en Somalie. Nous y avons envoyé 6000 militaires. Ils y font un travail utile, mieux qu’autrefois au Congo !

- Qu’est-ce que je fais pour m’occuper ?

Ma nomination officielle c’est “guestmaster” (Père Hôtelier comme chez les Trappistes, mais la bière en moins). Nous recevons régulièrement des hôtes de l’Ouest du Congo et, bien sûr, de l’intérieur de l’Uganda. En plus je donne un coup de main à la pastorale vocationnelle des Missionnaires d’Afrique en Uganda. Il y a ici des jeunes qui veulent devenir missionnaires, comme nous, autrefois. Le dimanche je célèbre l’eucharistie avec des étudiants catholiques dans une école musulmane ou dans une maison de jeunes des environs tenue par nos confrères. Cela signifie que je dois préparer une homélie chaque semaine (à Varsenare c’était seulement de temps en temps !). Pendant la semaine je célèbre trois fois la messe chez les Sœurs de Mère Teresa de Calcutta. Un groupe très international : 3 indiennes, 2 africaines et une mauricienne. Elles ont ici une « House of Mercy » où elles hébergent 65 personnes avec toutes sortes de handicaps.

Un Père Hôtelier doit toujours être disponible mais n’est pas toujours très occupé. Je me rends donc utile par ci par là en classant nos archives. Nous avons démarré ici en Uganda en 1879 et nous étions les premiers missionnaires catholiques dans le pays. Nous avons donc un tas de documents d’intérêt historique. Ces archives ont été récemment déménagées trois fois ce qui entraine un désordre inimaginable. Parfois je tombe sur des perles mais la plupart du temps ce ne sont que des dossiers poussiéreux.

Voila un aperçu après ces six mois. Vous savez maintenant comment se passeront les six prochains.


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