missionarissen van afrika
missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be

Etre disciple de Jésus en étant une minorité

mercredi 20 juillet 2011 par Webmaster

Alger 30 mai 2011

Vous savez bien que je n’ai rien d’extraordinaire à vous dire… uniquement la vie de chaque jour. Ces petites choses que tout le monde vit mais, qui dans monde algérien, sont vécues d’une autre manière. Je vous les partage, non pas pour vous impressionner, mais pour chercher ensemble ce que veut dire « être disciple de Jésus en étant une minorité »… J’ai aussi le désir caché de voir l’un ou l’autre d’entre vous venir ici vivre sa foi.

Dans l’évangile de St. Jean la vie publique de Jésus commence avec les noces de Cana. Moi aussi on m’a invité à un mariage. C’était la cérémonie religieuse du mariage de mon amie Meriem. Je suis le seul non-musulman de la salle et le seul qui n’est pas membre de la famille. Même les collègues de travail non pas été invités. Au fur et à mesure que les heures passent je réalise l’honneur qui m’a été fait : je fais partie de leur famille ! Autrement je ne serais pas dans cette cérémonie intime et familiale. « Et les disciples de Jésus aussi étaient invités aux noces » (Jn 2,2).

Visite à l’hôpital.

Un ami médecin est de garde et il m’appelle. Deux personnes auraient besoin de la « baraka » (bénédiction). Il s’agit d’une fille unique dont le papa vient d’être opéré : elle a peur de perdre son père, de rester toute seule… en plus elle est complexée car il s’agit d’une naine. L’autre est un employé de la maintenance qui, depuis son divorce, ne veut travailler que la nuit afin de ne voir personne. Je peux faire peu de choses pour l’une et l’autre. Mais mon ami médecin leur dit : « C’est un père blanc, tu peux donc tout lui raconter ». La nuit est très avancée quand je quitte l’hôpital. Je n’ai pas tout compris de ce qu’ils m’ont dit mais j’ai la certitude qu’ils m’ont dit la vérité (Mc 5, 30.33). Ils m’ont épuisé, un peu comme s’ils m’avaient pris toute mon énergie, mais ça valait la peine de venir. Et je trouve merveilleux qu’ils aient fait confiance à un « imam chrétien ».

Je suis en train de finaliser un projet de formation : l’école de la différence.

Il me semble essentiel que dans ce pays quelqu’un parle de la diversité de manière positive. Je suis à la recherche d’un lieu, pas trop en lien avec l’Eglise, où héberger le groupe. Je parle de cette idée à un monsieur… et quelques jours après, il me passe un coup de fil pour me dire que la confrérie musulmane à laquelle il appartient serait enchantée de nous accueillir. Sur le champ je ne pouvais pas le croire et j’ai même imaginé qu’il y avait anguille sous roche… Mais en regardant de plus près j’ai découvert que moi aussi j’avais des préjugés et que cette « école de la différence » devait aussi me servir à moi pour changer.

Groupe d’amitié islamo-chrétienne le Ribat :

Deux week-ends par an pour partager comment nous avons vécu le thème que nous nous étions donné la fois précédente. Des moments de vérité et de silence. Il est important que nous ayons des moments où nous ne parlons pas, mais où nous sommes en train de demander à Dieu (le même Dieu, bien sûr !) qu’Il nous fasse découvrir ce que « l’autre » vit intérieurement. Moments très intenses. Comme lorsqu’un musulman dit : « La phrase de Jésus ‘Ce qui sort du cœur de l’Homme, et non pas la nourriture, voila ce qui rend l’Homme impur’ (Mt 15,18) m’a fait voir autrement la question du haram/interdit et du halal/autorisé… » Ou bien lorsque j’entends dans le Coran une phrase qui correspond exactement à mon expérience de chrétien : « Je n’ai jamais été malheureux, Seigneur, en te faisant confiance » (Coran 19,4). Et je remercie le Ciel pour tout ce que j’apprends sur ma foi chrétienne au contact d’autres croyants : « Ils viendront d’Orient et d’Occident pour s’asseoir dans le banquet du Royaume avec Abraham, Isaac et Jacob » (Mt 8,11).

Révolutions dans le monde arabe.

Tellement d’oppression occulte et d’envies de vivre avec dignité, tant aspirations légitimes et simples frustrées et réprimées… Mais aussi tant de courage, d’espoirs, de générosité… Je pars au kiosque pour acheter TOUTES les publications de la semaine : journaux sportifs, presse people (et oui, ça existe aussi en Algérie !), magazines islamistes, de politique, économie, culture… Il y a tant de choses que je n’avais pas découvertes malgré mes années dans ce pays. Il y a tant d’interpellations pour ceux qui vivent ici… pour eux… pour nous… pour vous… Le changement, la révolution, est plus profond qu’un simple changement de régime. Il s’agit d’une étape, aussi fragile que tu le voudras !, mais qui ne comporte pas de marche arrière. Ceux qui ont pris conscience de la valeur de leurs aspirations ne baisseront jamais les bras… comme le Christ avec ses bras étendus et ouverts pour tous.

Djamila et Peter

Djamila travaille à la banque et elle est tombée amoureuse de Peter. Peter travaille dans une ambassade comme juriste et est tombé amoureux de Djamila. Ils s’étaient connus lors de ma fête d’anniversaire. Ce qui avait l’air d’être un petit flirt est devenu quelque chose de très sérieux pour les deux. Mais pour la loi, une algérienne (musulmane par principe !) peut se marier uniquement avec un musulman. Mais Peter est catholique pratiquant et n’a pas envie de « faire le théâtre » d’une fausse conversion juste pour avoir les papiers. Mais Djamila n’envisage pas d’autre mariage que celui qui aura la bénédiction de ses parents… Finalement, dans les larmes, ils se séparent. Djamila me dit : « Ma seule consolation c’est qu’il m’a laissée pour être fidèle à Dieu car Il vaut plus que tout ». Peter me dit : « Jésus avait annoncé (Lc 14,26-27) que parfois il faudra Le choisir de préférence à sa - future – femme… ! » Tous deux me laissent émerveillé en voyant qu’ils sont prêts à être moins heureux et plus seuls afin de rester cohérents avec leur foi. Et je me mets à considérer mon célibat autrement…

Groupes d’étude de la Bible

Grâce à Internet “j’aide” quatre groupes d’étude de la Bible en Algérie et au Maroc. J’admire beaucoup les membres du groupe auquel je participe à Alger. Il y a des étudiants boursiers d’Afrique Noire, des coopérants expatriés qui nous ont trouvés par Internet, quelques algériens… et depuis peu quatre migrants clandestins qui viennent parce que « c’est le seul jour où nous quittons notre maison sans peur : Dieu nous protégera sur la route pour qu’on ne nous demande pas les papiers. Ici nous oublions que nous sommes illégaux… la Parole de Dieu est aussi pour nous quand nous parlons, tous nous écoutent avec respect car nous pouvons aussi leur apporter quelque chose. Nous ne faisons pas que demander… »
JPEGSi en plus tu sais que pour venir à la réunion le transport équivaut au prix d’un repas… il te faut admettre qu’ils ont donné à Jésus non pas leur surplus mais ce qu’ils avaient pour vivre (Mc 12,41-44).


Priez pour moi. Priez pour tous ceux dont je vous ai parlé et aussi pour ceux dont je ne peux pas parler. Priez pour eux et pour moi… mais dans la même prière car Dieu est bon et, sans que nous ne sachions pas toujours comment, Il nous veut unis et indulgents.

José Maria Cantal Rivas
20, rue des fusillés
16015 El Annasser-Alger

cantalrivas@hotmail.com
 

Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 167 / 645979

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site Afrique  Suivre la vie du site Algérie   ?    |    titre sites syndiques OPML   ?

Site réalisé avec SPIP 3.0.26 + AHUNTSIC

Creative Commons License