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L A V I G E R I E . be
Interview

« Responsables les uns envers les autres »

RELAIS P.B. MAGHREB (N°14) – Oct. 2011
mercredi 19 octobre 2011 par Webmaster

Ça nous fait plaisir d’écouter votre témoignage. Alors, une brève présentation ?

Je m’appelle Lynda IZOURARI et je suis algérienne de Tizi-Ouzou, plus précisément de Aïn El Hammam. Je suis étudiante en psychologie à la faculté des sciences humaines, en parallèle je fais des études de commerce international.


Pouvez-vous nous dire comment vous vivez votre foi ? Et en même temps que pensez-vous des autres religions ?

J’essaie avant tout d’être heureuse dans les circonstances concrètes de vie dans la société algérienne en général et berbère en particulier. J’essaie d’être fidèle à ma foi musulmane. En ce qui concerne les autres religions, je les respecte toutes. Disons que, chaque religion, selon moi, a des principes fondamentaux convergeant vers un point unique et universel qui est : la croyance en un Etre Suprême, Dieu, reconnu sous diverses appellations. Chaque religion en réalité a pour objectif d’orienter l’Homme à ne faire que du bien, du bien pour son prochain, du bien pour l’Humanité sans toutefois attendre une quelconque récompense sinon celle de Dieu.

Comment était votre première rencontre avec des amis non musulmans ?

La première fois, c’était chez les Pères Blancs et c’était grâce à ma copine Nadia qui, les connaissant déjà, me les a présentés. Au début c’était pour faire des cours d’anglais ; mais avec le temps, ma relation avec les Pères s’est améliorée et est devenue quelque chose de solide.

Dans quel sens ?

Dans le sens humain, fraternel. Quand je suis chez les Pères, je me sens être dans un environnement merveilleux : un lieu de paix, plein d’amour et de compréhension.

Quelle était votre opinion sur le christianisme avant cette rencontre ?

Franchement, je pensais comme certains que les chrétiens étaient là pour convertir le plus de musulmans possible. Mais aujourd’hui telle n’est pas mon opinion et je prône plutôt la liberté religieuse.

Comment avez-vous trouvé les Pères Blancs que vous avez rencontrés ?

J’ai beaucoup de chance de les connaître. Je remercie Dieu du fond du coeur de m’avoir donné cette chance parce qu’en eux je me suis sentie accueillie et aimée. Ce sont « des personnes qui aiment rien que pour aimer », sans arrière pensées. Si la relation avec eux a réussi à changer quelque chose en moi, elle pourra changer aussi quelques chose dans d’autres personnes et pourquoi pas la Kabylie ?

Comment trouvez-vous la présence des étudiants étrangers chrétiens à Tizi-Ouzou ?


Je trouve que c’est un signe de diversité culturelle et religieuse. C’est aussi un signe de l’unité dans la diversité. Nous sommes un exemple de l’unité dans la diversité. Avoir des relations avec des personnes différentes de moi a toujours été une quête et aujourd’hui cela c’est concrétisé avec beaucoup de chrétiens venus d’Afrique sub-saharienne. Filles comme garçons, tous étudiants, on s’entend très bien. Je les apprécie d’ailleurs beaucoup : ils me sont également d’un apport moral important. Peu importe qui on est, d’où on vient, la race à laquelle on appartient, on est tous humains, on est tous frères et soeurs. Nous sommes tous unis par des liens tellement forts qu’on se sent responsable les uns envers les autres.

Quelles sont vos espérances face au monde actuel ?

J’aimerais bien que les relations s’améliorent entre chrétiens et musulmans car selon moi, la religion ne devrait pas être un motif de séparation, de conflit. Je pense que toutes les religions se valent et ont un seul et même objectif : la croyance en Dieu. Nous sommes tous appelés à œuvrer pour l’unité. Dans la religion musulmane nous remarquons qu’elle prône la paix, l’amour du prochain et la fraternité même dans la diversité. Cependant, cela peut-être contradictoire à ce qui se vit dans notre monde.

Quel est votre dernier message ?

Vous savez, en toute chose il y à toujours des obstacles. La solution est le dialogue : à chaque fois que quelqu’un me pose la question de savoir si je cherche à devenir chrétienne simplement parce que je côtoie les Pères Blancs et les étudiants chrétiens, je leur explique clairement qu’une appartenance religieuse n’est pas un obstacle dans une relation véritable. Je suis musulmane et heureuse de l’être, tout en étant ouverte à d’autres personnes qui ne partagent pas la même confession religieuse que moi.

Par Guideon Carlos VICTOR
(étudiant mozambicain à Tizi-Ouzou)
 

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