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L A V I G E R I E . be
Livre

Bruxelles est aussi une ville musulmane

dimanche 20 novembre 2011 par Webmaster

Presque un quart de la population est musulmane à Bruxelles. La capitale figure dans le Top 10 des villes d’Europe avec le plus fort taux de musulmans, avec Utrecht, Berlin…

Felice Dassetto, sociologue et professeur émérite de Louvain-la-Neuve, vient de publier un livre qui étudie la présence religieuse à Bruxelles.

L’iris et le Croissant
Bruxelles et l’islam au défi de la co-inclusion



FELICE DASSETTO
 

Editeur Presses Universitaires de Louvain.

ISBN-10 : 2-87558-000-0

Novembre 2011, 376 p., 35 euros.

  « A y regarder de près, c’est probablement, après le football, la réalité organisée qui encadre et mobilise le plus de monde à Bruxelles : plus que l’Eglise catholique ou la franc-maçonnerie, plus que les partis politiques, les syndicats ou leurs mouvements. Le monde musulman est dynamique, actif. » (Dassetto)

« J’ai voulu parler clairement et sereinement de l’islam à Bruxelles. J’ai voulu m’interroger sur Bruxelles comme ville, avec cette nouvelle donnée religieuse, cet enjeu nouveau, qu’est la présence de l’islam. Un enjeu qui ne se résoudra pas naturellement, il ne se résoudra que si, de part et d’autre, on accepte le débat, la discussion, la confrontation. » (Dassetto)

« On peut passer de la réalité bruxelloise à la réalité belge et même à l’espace européen. Avec des spécificités, bien sûr, mais elles sont mineures. Le train de l’islam a les mêmes demandes partout. » (Dassetto)

L’étude sur Bruxelles semble donc valable pour d’autres villes.

(J.-C.Vantroyen. in Le Soir. 18.11.2011.)

« Sans avoir peur, il est temps d’agir »

ENTRETIEN avec FELICE DASSETTO par Jean-Claude Vantroyen.
http://archives.lesoir.be/bruxelles-est-aussi-une-ville-musulmane_t-20111118-01NU1T.html

250.000 musulmans à Bruxelles. Faut-il en avoir peur ?

La présence des musulmans pose certainement des questions nouvelles dans la dynamique de la réalité bruxelloise, aussi bien pour les musulmans que pour les non-musulmans. Il y a des enjeux nouveaux sur le tapis bruxellois. Et ces enjeux nouveaux ne se résoudront pas naturellement. Ils ne seront résolus que via un processus de construction. Si on laisse aller le processus naturel, mon sentiment est qu’il y a un risque de clivage entre ‘eux’ et ‘nous’ qui guette l’espace bruxellois. Je suis frappé que tous les musulmans confondus ne parlent pas de Bruxelles, mais parlent d’ ‘eux’ et de ‘nous’. Et je suis convaincu que, dans l’autre sens, les non-musulmans parlent eux aussi d ‘eux’ et ‘nous’. On ne se dirige pas vers la solution de ces questions. Il faut donc travailler en sa faveur. Et pour cela, il est nécessaire de tenir des débats. Pourquoi la question du foulard traîne-t-elle depuis 25 ans ? Parce qu’il n’y a jamais eu de débat, il n’y a eu que des controverses. Cette éthique de la discussion est très rare. Donc il ne faut pas avoir peur de la réalité musulmane bruxelloise. Mais il faut y travailler.

C’est urgent ?

Cela fait 10-15 ans que je dis qu’il y a un problème, et qu’il faut avoir le courage de s’y confronter avec sérénité, sans dramatisation. D’un côté comme de l’autre. Chez les musulmans aussi, il faut cerner la question avec sérénité, sans que, comme cela arrive, soit immédiatement brandi l’accusation d’islamophobie. Cette nouvelle réalité bruxelloise suscite des questions que nous devons résoudre ensemble.

L’islam est-il soluble dans Bruxelles ?

C’est un problème de co-inclusion, comme dit le sous-titre du livre : il faut s’inclure réciproquement. Ce n’est pas que l’islam soit soluble dans Bruxelles, c’est que les Bruxellois musulmans et non doivent être co-solubles. Les Bruxellois doivent s’en rendre compte : la réalité est là. Et elle ne va pas changer : la démographie joue en faveur des musulmans. D’où l’importance de favoriser les mouvements réformateur de l’islam, de trouver les moyens d’éviter l’influence extérieure de la Turquie et du Maroc auprès des musulmans de Bruxelles. Il y a des stratégies à élaborer. Il faut mettre la société civile à l’œuvre dans ce travail, les organisations d’éducation permanente par exemple.

Quel est le bon niveau pour agir : l’Etat, la Région, la Communauté, la commune ?

Tous.
- La commune est sans aucun doute le premier bon niveau. Et le fait d’avoir 19 communes à Bruxelles est un avantage. Parce que ça suscite des initiatives à l’échelon local. Comme à Molenbeek, qui a créé de façon tout à fait informelle un conseil des imams. Même si c’est électoral, les mosquées entrent dans la cité.
- La Région est également un bon niveau, parce que c’est elle qui reconnaît les mosquées et les imams. Et elles devraient chacune s’interroger la-dessus. On reconnaît actuellement les mosquées sur base de la nationalité. Sur les 77 mosquées de Bruxelles, 42 émanent du monde arabe, 20 de la Turquie, 4 de l’Afrique subsaharienne, 5 d’Asie, 5 des Balkans. Il faut mettre le bémol à cette reconnaissance par nationalité. Je sais que c’est difficile mais je crois que c’est une erreur de la faire comme ça.
- La Communauté, elle, est responsable en matière de religion islamique. Et là aussi le bilan est très mitigé, surtout en termes de compétences des professeurs.

Et le fédéral ?

Evidemment, mais le cabinet du ministre de la Justice ne comporte aucun conseiller en matière de culte. Cet enjeu majeur pour l’avenir de Bruxelles et d’autres villes est géré dans l’ignorance et l’incompétence. Et si l’Exécutif des musulmans constituait une véritable autorité musulmane, beaucoup de choses avanceraient. S’il avait un certain souffle, on pourrait régler les problèmes de la formation des théologiens, de la certification des aliments halal, des relations avec les non-musulmans. Mais pour cela, il faudra aller au-de-là de la rivalité entre les Turcs et les Marocains. Vous savez des milliers de personnes assistent aux prêches du vendredi dans les mosquées, mais ce sont des outsiders, des extérieurs à la réalité belge qui prêchent. De son côté, l’islam doit aussi dépasser les clivages entre nationalités et tendances et se trouver une vision nouvelle de la présence de l’islam à Bruxelles et en Belgique.

Aujourd’hui, les hommes politiques ne s’y intéressent que pour engranger des voix ?

Sans doute. Il y a certes des choses qui se font. Mais la plupart ne connaissent pas la réalité musulmane de Bruxelles.

((Le Soir. 18.11.2011.)

DES CHIFFRES -

Les Mosquées à Bruxelles
Début années 1970 : 6. Début années 1980 : 38.
Début années 1990 : 41. Début années 2000 : 59.
En 2011 : 77.
Les Mosquées en Belgique, en 2011
FLANDRE : 147. (83 Arabes ; 49 Turques ; 15 autres)
WALLONIE : 91. (54 Arabes ; 35 Turques ; 2 autres)
BRUXELLES : 77. (42 Arabes ; 20 Turques ; 15 autres)
TOTAL en BELGIQUE : 315. (179 Arabes ; 104 Turques ; 32 autres)

- Dans l’Union européenne.

  • 12 à 15 millions de musulmans.
  • +/- 500.000 en Belgique. +/- 250.00 à Bruxelles.
  • Bruxelles compte 1.070.000 habitants, dont 30% sont nés hors de l’Union européenne et 20% nés en Union européenne, hors Belgique.

- Les Bruxellois « musulmans » :

  • 15.000 agnostiques, athées déclarés (5%) ;
  • 110.000 agnostiques qui sacrifient à des pratiques culturelles (40 à 50%) ;
  • 125.000 croyants pratiquants, occasionnels, réguliers ou membres d’organisations (50 à 55%).

- Les organisations islamiques à Bruxelles :

  • 77 salles de prière et mosquées ;
  • 86 associations culturelles et religieuses ;
  • 11 instances éducatives ;
  • 18 librairies et maisons d’édition ;
  • 11 sites web.
((Le Soir. 18.11.2011.)

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