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Algérie

L’immigration féminine

« Rencontre et Développement »
dimanche 22 janvier 2012 par Jan Heuft, Webmaster

« Rencontre et Développement » est une association interreligieuse au service des migrants. Ses membres sont protestants, catholiques et musulmans. Depuis 1974, elle propose une aide à destination du peuple sahraoui, puis s’est naturellement tournée vers les réfugiés et migrants subsahariens, et les Algériens de retour d’Europe.
Depuis 2007, « Rencontre et Développement » se fait le relais terrain du Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et travaille aussi avec le Secours Catholique.


Accueillant tous les jours des réfugiés et migrants subsahariens, on ne peut pas ne pas être frappé par la présence importante et courageuse de nombreuses femmes dans cette population, partageant, volontairement, la vie des hommes dans leur fuite des situations de guerres ou de désastres économiques de leurs pays.

On ne peut pas non plus rester insensible devant cette réalité où des femmes subissent la violence des hommes, comme le relate dernièrement un rapport de l’ONU parlant des 15 000 femmes violées en un seul mois en 2010 dans l’Est du Congo RDC. Comme à nos frontières du sud où des témoins oculaires, fiables, relatent que des femmes sont empêchées par les hommes de monter dans des camions, lorsqu’elles veulent entamer la route du retour, pour profiter d’elles jusqu’à ce qu’elles n’en puissent plus !

Ici, en Afrique du Nord, à travers notre petite structure d’accueil [1] d’Alger, nous sommes fortement bouleversés par le fait qu’en moins de deux ans, sur 25 personnes décédées, 20 étaient des femmes. Pourtant, nous admirons tous les jours un peu plus leur courage d’affronter les difficultés journalières de tout genre, à commencer par leur propre mari qui souvent ne travaille pas et peut avoir un comportement très violent envers sa compagne.

Lors d’une rencontre, nous avons constaté que la plupart des femmes réfugiées ou migrantes travaillent comme femmes de ménage ou dans des hammams comme masseuses. D’autres travaillent à la maison dans de petits ateliers de confection ou fournissent des repas africains à leurs compatriotes et amis. Beaucoup se plaignent pourtant des travaux trop lourds à exécuter chez leurs patronnes, des journées trop longues, d’être sous payées et exploitées. Il arrive de temps en temps qu’elles soient renvoyées sans pouvoir récupérer leur dû !

Au niveau de la petite famille africaine, il nous semble que la femme occupe de plus en plus une place prépondérante compte tenu de sa contribution au budget familial et de sa fonction de protectrice. En effet, une femme avec enfant, avec ou sans mari, est moins vite refoulée du pays par les autorités qu’un homme seul. Nous constatons avec plaisir que très souvent, la femme réfugiée ou migrante prend le devant pour défendre le droit de ses enfants là où l’homme se cache, de peur d’être refoulé.

D’autre part, nous soulignons à nouveau l’énorme souffrance que subissent de nombreuses femmes à cause des maladies, du nombre d’enfants, du manque de logement décent et des tâches ménagères pénibles. Le dernier témoignage d’Anne-Marie, décédée en juin 2010, congolaise, qui allait d’église à mosquée, quémandant pour subvenir aux besoins de sa fille handicapée mentale, violée, et depuis, avec un petit enfant, est suffisamment éloquent. Ou encore, ces jours-ci, celui d’une jeune femme libérienne de 22 ans, atteinte d’une maladie très grave, qui a pu être sauvée in extremis par l’équipe médicale d’un hôpital d’Alger. Puis il y a toutes ces femmes dont les maris ont été arrêtés, refoulés vers la frontière du sud. Comment peuvent-elles faire face aux charges familiales et de logement sans la présence de leur époux ? Nous en connaissons un bon nombre. Sans parler des maris qui ont carrément abandonné leur foyer, disparus, laissant femme et enfants dans la rue à la merci des bailleurs “plus ou moins honnêtes” de logements ou de carcasses en construction.

Au-delà de tout cela, une question importante nous reste sur les lèvres : que va devenir cette population, surtout les femmes et leurs enfants, après de longues années de présence sur le territoire algérien, si aucun statut légal ne peut lui être trouvé, classée réfugiée au HCR ou non ? Le retour, volontaire, ou de force, sera-t-il une solution ?

Jan Heuft
Tiré du Petit Echo N° 1027 2012/1
 
  RENCONTRE ET DEVELOPPEMENT (CCSA)
12a, rue des Libérés (Ex. Colons) 16 020 Alger (1er mai)

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[1Rencontre et Développement (CCSA)


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