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Lignes de fracture N°57 Breuklijnen

Mars - Maart 2012
mardi 3 avril 2012 par J.V.

 TUNISIE : LA CHARIA SERA-T-ELLE INSCRITE DANS LA CONSTITUTION ?

La question a fait irruption sitôt les débats ouverts à l’Assemblée nationale constituante (ANC), élue le 23 octobre dernier pour rédiger le texte fondateur de la Tunisie post-Ben Ali : la charia (l’ensemble des codes islamiques) a-t-elle sa place dans la future constitution ? Un thème qui catalyse les tensions au sein de la classe politique et de la société, les laïcs craignant une remise en question des lois progressistes adoptées depuis l’indépendance de 1956, notamment en matière de droits des femmes.

La future constitution « doit être basée sur les principes islamiques afin de garantir la réconciliation entre l’identité du peuple et les lois qui le régissent », a déclaré le 28 février Sahbi Atig, le chef du groupe parlementaire du parti islamiste Ennahda (89 sièges sur 217). Le député a proposé que « les principes de la constitution s’inspirent de trois principales références : le système des valeurs islamiques, l’héritage réformateur tunisien et les acquis de l’humanité », précisant que la loi fondamentale « ne doit pas contenir des dispositions contraires au Coran ».

Sadok Chourou, l’un des députés les plus conservateurs du parti islamiste, va plus loin en estimant que « le Préambule doit mentionner la charia comme la principale source du droit ». « Les législateurs devront se référer à trois piliers essentiels : le Coran, la Sunna et un conseil d’oulémas », a-t-il précisé sur une radio tunisienne.

La position d’Ennahda a provoqué une levée de boucliers des formations progressistes à l’Assemblée. Fadhel Moussa, représentant du Groupe démocratique, une coalition composée de plusieurs partis d’opposition, a prôné « le respect des fondements de l’Etat civil, les droits et libertés, notamment la liberté de culte ». Même réaction dans les rangs du Congrès pour la République (CPR, 29 sièges) et d’Ettakatol (20 sièges), deux partis de gauche qui participent au gouvernement de coalition avec Ennahda.

Pour Mabrouka Mbarek, élue du CPR, « la seule référence à la religion doit rester celle de l’article 1er de la Constitution de 1959 » qui stipule que « la Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la République ». Une formule dont l’ambivalence a jusqu’à maintenant permis de contourner le conflit idéologique.

NOTE : En première ligne pendant les soulèvements de l’an dernier dans le monde arabe, les femmes craignent aujourd’hui pour leurs droits avec la montée des islamistes, vainqueurs des élections en Tunisie et en Egypte et en pleine progression en Libye. En Tunisie, le parti islamiste Ennahda a proposé d’inscrire le Code du statut personnel – qui donne aux Tunisiennes des droits inégalés dans le monde arabe et interdit notamment la polygamie – dans une loi fondamentale afin de compliquer toute remise en cause. Mais les récents débats à l’Assemblée constituante sur une éventuelle introduction de la charia dans la Constitution inquiètent organisations féministes et partis libéraux, qui craignent un recul des droits des femmes.

(d’après 2 articles de La Libre Belgique du mercredi 7 mars 2012,
Camille Tallec, correspondante en Tunisie)
 

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