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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°58 Breuklijnen

Avril - April 2012
mardi 24 avril 2012 par J.V.

 ESCLAVAGE MODERNE

- 400 millions d’enfants dans le monde vivent en esclavage

  A l’occasion de la Journée mondiale du 16 avril contre l’Esclavage des enfants, des organismes missionnaires et des ONG internationales dénoncent l’existence de par le monde de quelques 400 millions d’enfants vivant en esclavage.

De nombreux ‘enfants esclaves’ travaillent à la fabrication de produits qui sont ensuite vendus en Europe et dans le reste de l’Occident. La Confédération espagnole des religieux (CONFER) a établi une carte des différentes localités du monde dans lesquelles le phénomène est le plus fréquent. La CONFER met en évidence le fait que, « indirectement, cet esclavage fait partie de notre vie quotidienne attendu que les bananes que nous mangeons ou le café que nous dégustons pourraient avoir été produits avec la sueur des enfants latino-américains ou africains ». « Il peut également arriver que les tapis sur lesquels nous marchons aient été tissés par de petits esclaves pakistanais alors que les tentes, les maillots, les bijoux et beaucoup d’autres choses encore pourraient être le fruit du travail clandestin et forcé de mineurs indiens » continue l’organisme, qui invite à « ne pas lésiner sur les efforts visant à solliciter des autorités civiles une prise de responsabilité afin de lutter contre ces injustices et de donner à tous les enfants la protection légale qui leur revient ».

Une date symbolique

La date de la célébration de la Journée n’est pas un hasard. Elle remonte à l’assassinat d’Iqbal Masih, un enfant pakistanais chrétien de 12 ans, tué le 16 avril 1995 par les mafias du textile de son pays parce qu’il en avait dénoncé le mode de fonctionnement. Iqbal avait travaillé comme esclave dans l’industrie textile à partir de l’âge de 4 ans et lorsqu’il avait 10 ans, il était parvenu à s’enfuir, devenant ainsi le témoin de cette expérience, arrivant à parler même devant des parlements et dans les universités des Etats-Unis et de l’Union européenne. Malgré les années de lutte, la législation internationale, les plaintes et les programmes de soutien en faveur des enfants en situation précaire, l’esclavage continue à être bien présent.

Exploités pour notre consommation

La CONFER dénonce le fait que le phénomène est particulièrement répandu en Inde et en Afghanistan où les enfants des deux sexes travaillent dans l’industrie du bâtiment. Au Brésil, ces petits esclaves extraient le charbon utilisé dans la fabrication d’acier pour les automobiles et d’autres pièces mécaniques. Au Myanmar, ils sont exploités en vue de la récolte de la canne à sucre et d’autres produits agricoles. En Chine, ils préparent des explosifs et des feux d’artifice utilisés en pyrotechnie. En Sierra Leone, ils sont exploités en vue de l’extraction des diamants alors qu’en République démocratique du Congo, des milliers d’enfants esclaves servent à l’extraction de cassitérite et de coltan, minerais utilisés et indispensables pour la réalisation des ordinateurs, des lecteurs mp3, des téléphones portables et de bien d’autres instruments qui sont utilisés quotidiennement dans ce qu’il est convenu d’appeler « le premier monde ». Au Bénin et en Egypte, on estime qu’un million d’enfants sont contraints à travailler dans l’industrie du coton parce qu’ils coûtent moins et sont plus obéissants que les adultes, outre à disposer de la stature adéquate pour s’enfiler entre les plants. Enfin, on peut lire dans le rapport des religieux qu’en Côte-d’Ivoire, près de 12.000 enfants récoltent les semences de cacao qui sont exportées en vue de l’élaboration du chocolat.

- Un trafic juteux qui alimente les réseaux de prostitution en Europe

Avec ses routes défoncées, ses maisons misérables et ses jeunes gens désoeuvrés, Benin City (Sud) est une ville pauvre et poussiéreuse comme il y en a beaucoup au Nigéria. Contrastant avec la misère alentour, on y trouve aussi des voitures dernier cri, un terrain de golf et quelques luxueuses villas protégées comme des forteresses. « La plupart ont été financées avec l’argent de la prostitution, affirme un habitant de la ville, gérant d’un salon de coiffure. Ici, la majorité des familles ont au moins un de leurs membres qui est parti en Europe. Beaucoup sont des jeunes femmes sans qualification et, même si leurs proches le reconnaissent rarement, il y a peu de doutes sur ce qu’elles y font. »

Située à 350 kilomètres à l’est de Lagos, Benin City fut autrefois la capitale prospère d’un royaume qui s’est enrichi avec la traite des esclaves. Aujourd’hui, cette ville d’un million d’habitants est le centre d’une nouvelle forme de trafic d’êtres humains. Et bon nombre des milliers de Nigérianes qui arpentent les trottoirs européens sont originaires de cette région.

Dans les années 1980, le Nigéria traverse une période de déclin économique. Des femmes désireuses de fuir la pauvreté partent chercher du travail en Europe et se prostituent. « De retour au pays, quelques-unes ont fait construire des maisons et acheté des voitures, suscitant la convoitise de jeunes voisines, qui ont voulu les imiter. Les anciennes les ont aidées, moyennant paiement, à organiser leur départ. Petit à petit, des réseaux se sont ainsi mis en place », explique Sœur Ikenna, du Comité pour le soutien de la dignité des femmes (Cosudow), une association catholique qui aide les anciennes prostituées à se réinsérer. /…/

La plupart des victimes affirment qu’elles ignoraient le sort qui les attendait. « Je travaillais dans un restaurant et une cliente m’a dit qu’elle pouvait me trouver un emploi de serveuse en Italie. C’était une opportunité incroyable. J’ai pensé que l’allais enfin m’en sortir et être capable de financer les études de mes enfants », raconte Viviane. A 39 ans, cette femme ronde au visage dur et marqué de cicatrices, a cinq enfants et un passé de prostituée à Turin. « Une fois là-bas, on m’a dit que j’allais faire le trottoir. » Sous la surveillance d’une « Madame », une maquerelle à qui elle doit remettre tous ses gains, Viviane travaille tous les jours, par tous les temps, pendant six ans. Sans papiers, ne parlant pas l’italien, elle est à la merci de ses « protecteurs » qui lui demandent de rembourser une dette faramineuse pour le voyage. Je leur devais 75.000 euro, dit Viviane. Si je ne ramenais pas assez d’argent, j’étais battue. On m’a cassé des doigts, brûlée, torturée.« Afin de s’assurer du silence des femmes, les trafiquants les soumettent, avant leur départ, à un rituel vaudou. »Le sorcier a pris des mèches de cheveux et des poils de mon pubis. Puis il a tranché le cou d’un poulet dont j’ai dû manger le cœur. Il m’a fait jurer que je ne trahirais pas mes bienfaiteurs, sous peine de mourir« , raconte Sonia, une jolie jeune femme de 24 ans qui a été prostituée pendant deux ans aux Pays-Bas. La sorcellerie, ou »juju« , est répandue au Nigeria. »Les filles y croient fortement et craignent les conséquences si elles ne respectent pas le pacte", déplore Sœur Ikenna.

Extraits d’un reportage de Patricia Huon, in La Libre Belgique du 12 avril.
 

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