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Père Lucien Van Wielendaele

lundi 25 mai 2020 par Webmaster2


Le Père Lucien Van Wielendaele est décédé le 20 mai 2020 à Avondrust (Varsenare)

Lucien est le né 18 juin 1929 à Nederbrakel dans le diocèse de Gand, province de Flandre orientale. Il suivit les humanités gréco-latines au collège Saint-Antoine à Renaix. Il y avait été fort apprécié comme responsable de la K.S.A. (Action Catholique Estudiantine). En septembre 1947 il entra chez les Pères Blancs à Bouchout, fit le noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee. Il prononça son serment missionnaire le 11 juillet 1953– sa maman était décédée un mois avant – et fut ordonné prêtre le 18 avril 1954. Ses formateurs apprécient son âme ardente, son âme d’apôtre ; c’est un vrai idéaliste, dur pour lui-même, mais pourtant équilibré de tempérament, d’humeur toujours égale, dévoué, dynamique. Il est excellent organisateur, travailleur ordonné ; une nature de leader qui sait entraîner les autres. Il est surnaturel et très humain en même temps. On peut compter sur lui. En communauté il est plutôt discret, un peu austère, un peu raide. Il réussit très bien après des jeunes. En 1958 il obtient à l’université de Louvain une licence en philologie classique avec agrégation pour les classes supérieures du secondaire. A la rue Vital Decoster ils avaient essayé de pratiquer « la ± stricte observance » des règles de conduite PB, écrira-t-il plus tard.
Sa première nomination : une année dans notre petit séminaire de Sterksel aux Pays-Bas. En août 1959, « mon rêve missionnaire se réalisa », écrit-il, quand il put s’embarquer pour Bunia, en Ituri, chez Mgr. Matthijssen, qui l’envoya au petit séminaire de Fataki. Le programme des études était – heureusement pour la dernière année - encore belge, y compris donc l’enseignement du grec et du néerlandais. Il devra aussi s’occuper de la direction des œuvres d’Action Catholique pour le sud du diocèse. On n’y connaissait que la Légion de Marie et la Ligue du Sacré Cœur. Avec l’aide du fondateur, le père Defour, Lucien lança le mouvement Xavéris. Avec succès. Il se déplaçait dans une vieille coccinelle ou en moto. Il réfléchissait beaucoup et cita début août 1961 les sages paroles d’un vieux confrère : « Nous avons travaillé beaucoup pour les noirs, rarement avec eux, toujours au-dessus d’eux, jamais en-dessous d’eux. Maintenant il faut travailler avec eux et en-dessous d’eux ». « Malheureusement il ne connaît pas la langue du pays », note en 1962 le père Vereecke, régional. Lucien de son côté espérait qu’après son temps dans l’enseignement, il pourrait enfin rejoindre « la vraie vie missionnaire »…
Mais voilà qu’en 1966 il est rappelé par sa province pour la propagande. Après avoir visité le Nigéria, le Dahomey, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Maroc et emmagasiné des centaines de diapositives, il rejoint la communauté de Roulers. Il passe une semaine entière dans toutes grandes paroisses avec une belle toute neuve exposition sur l’Afrique. Le soir il donne une séance de diapositives sur « l’homme en Afrique » et rencontre des anciens du Congo. Il collabore aussi avec les Œuvres Pontificales Missionnaires pour obtenir des bourses pour prêtres en Afrique. Le père Plessers, provincial, note : « Très bon propagandiste. Il réfléchit son action. Va d’instinct dans le sens d’une collaboration avec le diocèse. » En décembre 1968 on l’appelle à Bruxelles comme secrétaire de la Province. Neuf mois plus tard il devient deuxième assistant provincial. Encore neuf mois plus tard, en août 1969, après consultation des 700 Pères Blancs belges, il est nommé provincial.
Beaucoup de changements survinrent pendant ses deux mandats. Les plus lourds à porter survinrent à la suite du Concile, lorsque nombre de confrères quittèrent la Société et le sacerdoce. Lucien le ressentit comme un manquement personnel, comme s’il n’avait pas été à même de les retenir. D’autres changements étaient d’ordre matériel. En 1970 Bouchout est vendu et une nouvelle communauté est lancée à la Cogels-Osylei à Berchem. A Louvain on vend la maison de la rue Vital Decoster et en 1971 on achète celle de la rue Frederik Lints. L’économat provincial quitte la rue de Linthout et s’installe à la rue Pelletier en 1971. La communauté des professeurs et des étudiants de Lumen Vitae s’installe à la rue Lincoln en 1970 et à la rue du Prévôt en 1972. En 1973 on achète un terrain dans la rue Charles Degroux, où le nouveau provincialat est inauguré en juillet 1974. Début 1973 nous commençons une communauté paroissiale à Dongelberg. La même année nous achetons un terrain à Genk où la nouvelle maison est inaugurée en juin 1976. Début 1976 un accord fut conclu avec les Sœurs d’Ardooie en vue de la construction d’Avondrust. Pendant que son économe, le père Deltenre, suivait de près les constructions, Lucien s’occupait des quelque 160 confrères en province, dont certains fort âgés. Il trouve aussi le temps d’aller visiter les autres belges, en Algérie, au Burundi, en Afrique de l’Ouest. Début 1974 il suit quatre semaines de cours à la London School of English.
A partir de juillet1976 il prend un peu de temps sabbatique et suit la session à L’Arbresle. En février 1977 il repart à Bunia. Après quelques mois à Badiya, Mgr. Ukec le nomme responsable de la pastorale vocationnelle. Lucien édite alors une brochure (Appelés pour un monde nouveau), dans laquelle il décrit toutes les formes concrètes de vocation. Lui incombe également d’accompagner pastoralement l’ensemble des écoles catholiques. Aussi les visite-t-il paroisse après paroisse. A cette époque il découvre avec enthousiasme le mouvement charismatique. Il est également membre du conseil régional. Pendant son congé en 1983 il suit la session-retraite à Jérusalem. Fin 1984 les évêques le nomment “Père spirituel résidant de notre Théologat interdiocésain de Bunia”, où les prêtres des neuf diocèses de la Province orientale sont formés. Une année plus tard, notre propre séminaire de philosophie de Bukavu a besoin de lui. Pendant six ans il y participera à la formation de nos candidats congolais. Il est aussi aumônier diocésain du “Renouveau charismatique”. Le 1er juillet 1991 Lucien est nommé assistant régional du Sud-Est Congo. Durant ses deux mandats il sera souvent sur les routes, en voiture, en avion, en bateau, pour rencontrer les confrères du Nord-Kivu jusqu’au Sud-Katanga. Il a une grande capacité d’écoute, sait écouter, mais est également capable de prendre des décisions.
En 1997 l’évêque de Bukavu lui demande de relancer le périodique chrétien “Karibu”, que Mobutu avait interdit. Lucien demeure alors dans la “Maison Saint Paul” à Bukavu. En septembre 1999 il doit avancer son congé pour des raisons de santé. Il en profite pour suivre à Rome la session des 70-plus. En août 2002 on l’appelle pour diriger notre “propédeutique”, le “Foyer Ngongo”, à Goma. Il commence à ressentir des problèmes d’équilibre. En 2005 il peut retourner à son premier amour, Bunia, où les conséquences de la guerre se font encore toujours cruellement sentir. La cure qu’il retrouve est sérieusement abîmée : 11 portes, 90 fenêtres, il s’en souviendra toujours… Sa nomination fixe consiste à assurer des cours de bible et de liturgie dans l’internoviciat de quatre congrégations.
Toute sa vie durant, Lucien, en passant par la Caritas ou Proma, a aidé des institutions dépourvues de moyens (orphelinats, écoles, foyers de handicapés…). Il verse régulièrement des sommes à toute une série d’organismes. Beaucoup de pauvres, de mendiants et de malades ont été dépannés par lui. “Ce que tu as fait au plus petit des miens, c’est à Moi que tu l’as fait… me soufflait Jésus au fond de mon cœur”, note-t-il en 2010. Et aussi : “J’étais et je suis encore toujours très heureux dans ma vocation missionnaire, en Afrique et en Belgique, grâce à la présence en moi de Jésus, le divin Missionnaire”.
Le 2 août 2010 il quitte Bunia et l’Afrique… Il demeure quelques années à la rue de Linthout à Bruxelles. Le 18 avril 2014 il y fête son jubilé de 60 ans d’ordination. En septembre 2014 il est nommé à la communauté de Varsenare. Assez mécontent au début, il s’y trouve vite à l’aise. Il y avait pourtant urgence, car il est de plus en plus confus et perd toute notion de lieu et de temps. En janvier 2016 le transfert à Avondrust s’impose. Les derniers mois il ne reconnaît plus personne.

Les funérailles ont eu lieu à Varsenare le samedi 23 mai, dans l’intimité à cause des restrictions dues aux coronavirus.

Jef Vleugels


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