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L A V I G E R I E . be

Le Père Pedro Burgos López

mardi 19 avril 2016 par J.V.
  Bruxelles, le 19-04-2016

Ce dimanche 17 avril 2016, vers 13 h 30, notre confrère
 
Pedro Burgos López


s’est paisiblement éteint au home Saint-Joseph à Evere (Bruxelles). Notre confrère Jan Anthonissen était présent ; son fidèle ange gardien depuis des mois, sœur Doecita Van der Ven, venait de s’absenter pour quelques instants…

Ici, en Belgique, nous disposons de peu de données sur le passé de Pedro. Il est né le 22 février 1929 à Burgos, en Espagne, dans le diocèse du même nom. Il fit son noviciat à Maison-Carrée en 1952, prononça son serment missionnaire à Thibar en 1956 et fut ordonné prêtre à Carthage en 1957.

Nommé au Burundi, pour le diocèse de Ngozi, il arrive en octobre 1958 à la paroisse de Muhanga, où il apprend la langue. Après un passage à Ruganza, il devient en juillet 1961 supérieur à Karusi. En août 1963, Pedro est nommé en Espagne, aumônier des Sœurs Blanches à Logroňo. En 1969 il se retrouve supérieur à Madrid et membre du conseil provincial. En avril 1971 il peut repartir au Burundi, vicaire à Giteranyi, dans le diocèse de Muhinga, où il ne reste que quelques mois ; il retourne dans le diocèse de Ngozi, officiellement comme vicaire à Ijene, en réalité il s’installe chez les Batwa ou pygmées à Bunzogi.

Pedro est, en effet, en pleine recherche. Depuis des années déjà, il rêvait de vivre plus à fond l’option préférentielle pour les pauvres, « vécue dans des conditions de réelle proximité ou d’insertion ». Il avait entretemps rencontré une âme-sœur, animée d’un même idéal spirituel et rêvant d´un même projet missionnaire, en la personne de Sœur Doecita Van der Ven, des Dames de Marie, qui travaillait à Busiga, pas loin de Bunzogi. Ils chemineront dorénavant ensemble. Rien d’étonnant qu’à leurs yeux les pauvres parmi les pauvres dans la société burundaise soient les Batwa.

Au début de l’année 1974, ils s’installent à Gatara et cherchent à se rapprocher de plus en plus des Batwa, qui sont les potiers attitrés du pays. Cette insertion n’est pas comprise par tous. Après une année de présence, Pedro doit partir en Espagne pour raisons de santé. Il en profite pour suivre des cours à une école de céramique. Toujours poussés par le même rêve d’insertion parmi les plus pauvres, Pedro et Doecita partent en février 1976 en Amérique Latine, en Equateur. Ils y travaillent parmi les Indiens dans la communauté de Nizag, dans le diocèse de Riobamba chez Mgr Proaño, évêque et théoricien connu de la Théologie de la libération. Nos deux missionnaires passeront même quelques jours en prison… Ils s’y dévouent jusqu’à la mi-1982.

En novembre 1982, les voilà repartis en Afrique, en Ituri, chez les pygmées d’Imbau, dans le diocèse de Wamba. Ils y travailleront pendant 15 ans. Ils y furent à un certain moment et pour un temps rejoint par feu le Père Félix Fobe… Leur terrain d’apostolat s’étendait sur deux paroisses. Une conception différente de l’insertion des pygmées dans l’apostolat des paroisses les ayant opposés à l’évêque de Wamba, ils mirent fin au projet en 1998.

Ils reviennent tous les deux spontanément en Belgique, où des consœurs de sœur Doecita sont engagées dans des communautés chrétiennes de base, fortement engagées parmi les pauvres. Un premier projet d’une insertion au « Jardin du Béguinage » (une trentaine de petites maisons individuelles, destinées à des personnes malades ou séropositives ou dépressives ou autrement fragilisées, avec quelques personnes pour encadrer le projet) n’aboutit pas. Ils s’installent alors à la rue Dupont à Schaerbeek, près de la gare du Nord, quartier pauvre, milieu multiracial au possible, comptant beaucoup de musulmans. Dans notre jargon PB, cela s’appelait ‘apostolat auprès des marginaux’. Pedro devient officiellement aumônier de prison, travaille au Poverello, faisant la vaisselle et servant les pauvres ; il participe aux réunions de quartier comme un simple citoyen. Il est connu dans le voisinage pour son écoute attentive, ses gestes généreux, son cœur compatissant. Ce que l’on connaît moins, c’est son côté artistique. Pedro exprimait son vécu profond par la peinture, le plus souvent de petits tableaux où par les couleurs il essayait d’exprimer la lumière qui l’habitait. Faut-il s’étonner du fait qu’il n’employait jamais du matériel couteux ?

Pendant 17 ans, il vivra cette vie cachée mais engagée. Nous le voyions lors des récollections à la rue de Linthout, lors de nos fêtes communes, comme le Jeudi Saint et à la fête des Jubilaires. Nous le savions toujours fidèle au fil rouge de sa vie : la solidarité vécue avec les préférés de Jésus, les plus pauvres.

Début mai 2015, de retour d’un bref passage en Espagne, Pedro tombe gravement malade. Quand début septembre son état s’aggrave, il fut accueilli dans notre communauté du home Saint-Joseph à Evere. Un lent affaiblissement physique, une lente dépossession de ses moyens, un appauvrissement vécu et consenti. Ainsi Pedro a-t-il rejoint Jésus.

  La célébration liturgique d’adieu aura lieu le vendredi 22 avril, à 10 h 15, dans la grande chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare (comme il l’avait lui-même demandé, fidèle à la tradition PB d’être enterré là où l’on meurt).
Apportez une aube et une étole blanche.
 

Après le service à Evere, une collation est prévue.

 
Jef Vleugels
 

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