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L A V I G E R I E . be

Le Père Jean-Pierre Pickard

lundi 2 octobre 2017 par Jef Vleugels
  Bruxelles, le 2-10-2017

Notre confrère
 
Jean-Pierre Pickard,


dont la santé s’est dégradée progressivement ces derniers mois et semaines, s’est éteint paisiblement l’après-midi du 29 septembre 2017, au home Saint-Joseph à Evere.


Jean-Pierre est né le 18 septembre 1926 à Schaerbeek
, une des 19 communes de la ville de Bruxelles. Après l’école primaire chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, il fit ses études secondaires à l’Institut Sainte-Marie à Schaerbeek, section des humanités anciennes. En 1944 – en pleine guerre donc – il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château. Il fit ensuite le noviciat à Varsenare et la théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le 22 juillet 1950 et fut ordonné prêtre le 24 mars 1951.

Ses professeurs soulignent sa piété solide, son caractère généreux, son bon jugement équilibré. Il a la parole facile et lit beaucoup. C’est un bon organisateur, ’entraîneur’, même un peu bricoleur, mais le travail cent pour cent fini n’est pas son fort. Il a une volonté affirmée, c’est une ’forte tête’, à l’image des Luxembourgeois - sa famille est originaire du Luxembourg. « Entêtement souriant », commente l’un d’eux. Il est très direct, manque un peu de tact, porte des jugements à l’emporte-pièce… Ne manque pas de prétention ni un petit air de suffisance et aime avoir le dernier mot. Il critique facilement. Physiquement, il est costaud, « fort comme un chêne ». Il dispose d’une voix forte. Il lui reste un côté broussard…

Nommé au Mozambique, il part le 12 novembre 1951 pour Lisbonne, afin de se mettre au portugais. Il y participe à l’animation missionnaire jusqu’à son départ en Afrique. Début mai 1953, le voilà vicaire à Manga. En janvier 1954 on l’envoie comme professeur au séminaire de Zȯbuè, mais en juillet il est rappelé à Manga comme économe diocésain. Le régional note que Jean-Pierre est habile dans le matériel et s’est montré homme d’affaires comme procureur. Pourtant cette nomination fut un échec : ses comptes sont invérifiables, non pas par incapacité, loin de là, mais parce qu’il se fie à sa mémoire et n’inscrit rien. Le régional témoigne : « Un bon confrère, mais très agaçant puisqu’il sait tout mieux et fait tout mieux et plus vite ». Il est extrêmement généreux, aidant tout confrère qui fait appel à lui. Pour lui-même il ne dépense rien. Afin qu’il puisse se lancer dans le ministère, on l’envoie, début 1956, à Murraça pour se mettre au Chisena. Il travaille à la paroisse de Charré, jusqu’à ce qu’on le réclame comme économe au séminaire de Zȯbuè où il passera près de six ans. Le régional loue son esprit d’obéissance : on peut l’envoyer n’importe où, « idéal pour ses supérieurs ». Après son congé et la grande retraite à Villa Cavalletti, il retourne comme vicaire à Manga, passe ensuite à Munshava, où il devient responsable en janvier 1968. Le 25 mai 1971, 32 Pères Blancs sont expulsés du pays pour comportement déloyal envers l’autorité coloniale. Ils décident alors de partir tous… Jean-Pierre y avait travaillé pendant 17 ans…

Nommé au Malawi, Jean-Pierre rejoint début mars 1972 la paroisse de Katete, dans le diocèse de Mzuzu et se met à l’étude de la langue. Il a incontestablement la bosse des langues. Deux mois plus tard, le voilà vicaire à Rumphi et en mai 1973 à Lilongwe, avec résidence au Bishops House. Cette dernière nomination tient également compte de son état de santé qui cause quelques soucis du côté foie et estomac. Il y retrouve d’ailleurs d’autres ’anciens’ du Mozambique et la proximité de la frontière permet encore certains contacts. Il a de très bonnes idées, note le régional, mais « des idées très prononcées sur la façon de faire l’apostolat et il ne les exprime pas toujours avec suffisamment de considération pour les autres ». Mais son travail est apprécié. Lilongwe, la nouvelle capitale du pays, s’étend à une allure folle. « Le principal objectif de notre équipe est l’animation des équipes de laïcs qui animent les différents quartiers de la ville. Cela nécessite des allées et venues continuelles », écrit Jean-Pierre. En 1977, il passe à une autre paroisse de Lilongwe, la paroisse du Sacré-Cœur (Chilinde). Il y restera comme curé jusqu’en automne 1992. Il y développe sensiblement les bâtiments paroissiaux. Entretemps, il participe à la session-retraite à Jérusalem en septembre 1984. En 1990 il subit une série d’interventions chirurgicales, suite à des calculs aux reins insuffisamment pulvérisés.

Sa dernière nomination au Malawi est la paroisse de Kawale, toujours à Lilongwe. Dès 1993 sa santé nécessite un retour annuel en Belgique et pose donc problème. En octobre 1995, il part pour un temps sabbatique, sans savoir qu’il quitte définitivement l’Afrique. En mai 1996 il participe à la session ’Vers le troisième âge’ à Rome.

En novembre de cette même année il est nommé responsable de notre communauté bruxelloise de la rue de Linthout. Il dirige la maison, comme il fallait s’y attendre, de main de maître au service de ses confrères et attentifs aux besoins des visiteurs. S’y connaissant assez bien en médecine, il a pu orienter de nombreux confrères en congé ou déjà établis à Bruxelles en quête de soins appropriés ; il s’occupait des rendez-vous à l’hôpital et les visitait régulièrement. Ses connaissances en informatique lui permirent aussi d’aider de nombreux confrères. Sa famille comptait plusieurs médecins et informaticiens qui l’aidaient volontiers et dont il était fier. Au réfectoire sa forte voix s’entendait à toutes les tables et il avait encore toujours le dernier mot. Il continuait sans relâche sa formation permanente, en suivant, par exemple, des cours à Lumen Vitae. Il aimait les belles liturgies et les préparait avec beaucoup de soin. Il restera responsable de la communauté jusqu’en 2003. Il était pastoralement très engagé dans sa paroisse d’origine, Saint-Albert, où il animait aussi des groupes de prière et d’étude biblique. Il savait depuis longtemps qu’un cancer de la prostate le minait lentement. Aussi son état de santé baissait-il inexorablement. En 2005 il participe encore à la session des 70+ à Rome. En 2016 on le voit diminuer de plus en plus.

Le 22 novembre 2016 il accepte d’être transféré à notre communauté d’Evere afin de jouir des soins réguliers dont il a besoin. Le vieux lutteur qu’il était acceptait non sans difficultés le déclin de ses forces. Sa foi solide lui permit de tenir. Qu’il repose en paix.

  La célébration liturgique de la résurrection aura lieu le vendredi 6 octobre, à 10 h 15, dans la grande chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’inhumation à notre cimetière à Varsenare près de Bruges.
Apportez aube et étole blanche.
 

Une collation sera offerte à Taverne Toots, Rue Edouard Stuckens 125, 1140 Evere, tout près de la Place de la Paix. Veuillez avertir avant mercredi midi le secrétariat du Secteur.

 
Jef Vleugels
 

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