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missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be

Le Père Albert Nyssens

lundi 5 mars 2012 par J.V.
Mercredi matin 29 février 2012, un deuxième coup de téléphone - après celui qui nous avait annoncé le décès de Vic Nijs - nous apprit qu’à Evere le
 
 
Père Albert Nyssens


 
venait de s’éteindre à 10h45, entouré de ses confrères, qui l’avaient aussi veillé la nuit. Il avait un cancer de la moëlle osseuse et sa maladie avait été longue et pénible, mais jamais Albert ne s’était plaint.

Albert est né à Ixelles (Bruxelles) le 16 novembre 1927, dans une famille nombreuse (six enfants) et aisée (son père était directeur de banque). Il fit ses humanités au Collège Saint-Jean-Berchmans (Bruxelles) et au Collège Saint-Pierre (Uccle). A la demande de ses parents il fit d’abord – sans succès - une première année de candidature en philosophie et lettres à l’Institut Saint-Louis, avant de se présenter chez les Pères Blancs. Dans sa lettre de recommandation, le vicaire de la paroisse ne tarit pas de louanges sur Albert, qui l’aidait au patronage : « une recrue de première valeur » – « d’une extrême et charmante simplicité » – « un jeune homme qui a le sens du devoir » – « Piété et conduite absolument exemplaire » – « Caractère sociable ? Certainement. Il conquit l’affection des enfants particulièrement grossiers de notre quartier des Marolles » – « Dans nos œuvres paroissiales il a apporté une charité, un dévouement, un esprit d’organisation, un jugement sain, une générosité qui me font infiniment regretter son départ ».

En septembre 1946 Albert entre à Thy-le-Château, fait le noviciat à Varsenare (1948-1949) et la théologie à Heverlee, où il dirige le « Cercle missionnaire » avec compétence et initiative. Il est ordonné prêtre par Mgr. Durrieu le 5 avril 1953. Un de ses professeurs à Heverlee, le Père Dominique Nothomb, conclut ainsi son évaluation : « Tout petit bonhomme qui est un sujet d’élite, doué de riches qualités personnelles, sociales et surnaturelles ». Albert fut envoyé à la Grégorienne (Rome) où il obtint un doctorat en théologie (1953-1956). Le rapport final signale qu’il sera un excellent supérieur de scolasticat, à condition qu’il réussisse à tempérer sa tendance à une certaine rigidité dans sa conduite et ses positions qu’il ne cache d’ailleurs pas. Après un passage à Louvain pour son ’service militaire’, il s’embarque le 13 avril 1957 à Anvers en direction du Congo.

Il débuta comme professeur au Grand séminaire de Baudouinville (actuellement Moba) avec 10 heures de théologie en première année et un cours de liturgie chez les philosophes. Il s’applique aussi à l’étude du Swahili « malgré le milieu du Séminaire qui n’y est pas très favorable », comme il explique dans une lettre au provincial de Belgique. Au village, il s’occupe des Xaveris, ce qui lui prend pas mal de temps. En juillet 1963, Albert est nommé au Grand séminaire de Murhesa, dont il sera le recteur de 1962 à 1966. Les évêques lui demandent alors d’étudier les différents problèmes de l’aggiornamento des séminaires après le Concile Vatican II : méthodes de formation, adaptation des programmes d’études, etc. Le 1er juillet 1966, Albert est nommé secrétaire-chancelier de l’archidiocèse de Bukavu. Durant cette période, la Société fait appel à Albert pour donner un coup de main à Rome dans le dépouillement des réponses des confrères au sujet de la première session du fameux Chapitre de 1967.

En septembre 1968 la Société l’envoie à Gap, membre du staff de l’année spirituelle. Deux ans plus tard, en octobre 1970, il devient responsable de l’année spirituelle à Fribourg. Il y reste jusqu’en 1973. Pendant ces années difficiles, Albert suit de près l’évolution de la formation missionnaire et réfléchit sur les perspectives d’avenir, surtout du point de vue d’une société internationale comme la nôtre. En 1973 Albert prend un temps sabbatique : quelques mois d’anglais à Londres en un long voyage en Afrique, qui le mène, de décembre 1973 à juillet 1974, au Burkina Faso (encore Haute-Volta à cette époque), au Ghana, au Mali et même au Togo. Il prêche plusieurs retraites (« car je n’ai guère l’âme d’un touriste », écrivait-il dans une lettre en avril 1973). Il regagne la Belgique au mois de juillet, anime encore une retraite et part comme délégué de la Suisse au Chapitre de 1974. Début 1975, Albert, toujours à Rome, rédige, à la demande du nouveau Supérieur général, le père Jean-Marie Vasseur, l’ouvrage devenu un classique dans notre Société, intitulé « Attitudes d’Apôtres », où vous chercherez en vain le nom de l’auteur.

Début juillet 1975, nous retrouvons Albert à Bukavu, dans la paroisse de Chai, où il est vicaire tout en étant chargé de la formation permanente. Signalons en passant qu’Albert avait l’habitude d’écrire régulièrement aux provinciaux de Belgique et de réagir de temps en temps au contenu de Nuntiuncula. Cela donne parfois lieu à une longue réflexion d’approfondissement. A l’occasion, il n’hésitait pas non plus à adresser ses réflexions au Conseil Général. Nous disposons ainsi d’informations intéressantes. Concernant son nouveau travail, il écrit : « Le grand souci est de progresser lentement mais sûrement dans le sens des communautés de base vivantes, d’un engagement du plus grand nombre de chrétiens possible dans des services diversifiés. Un des secteurs les plus actifs et des plus prometteurs pour le moment est celui des catéchistes bénévoles. /…/Le rôle du clergé et des religieuses est de plus en plus en ce domaine celui d’animateurs de ces animateurs. »

Fin 1979, Albert retourne au Grand séminaire de Murhesa, comme directeur spirituel. En novembre 1983, on fait appel à lui pour remplacer au pied levé le Père Roelens, tombé malade, et prêcher la grande retraite à Jérusalem. En juin 1984, Albert est nommé à la paroisse de Bagira et devient aumônier des Frères Servites. Pas pour longtemps, car le 1er juillet 1985, il devient assistant-régional du Sud-Est. Il assurera ce service jusqu’au 30 juin 1991. Après son congé, Albert est nommé vicaire à la grande paroisse populaire du Christ-Roi, au centre de Kalemie. Il y restera treize ans (1992 – 2005). Il est surtout chargé de l’animation spirituelle. A partir du mois de mai 1994 il est également chancelier du diocèse. Fin janvier 2005, Albert retourne dans l’archidiocèse de Bukavu et devient aumônier de l’hôpital de la Fomulac, à 50 km de Bukavu.

Fin décembre 2006 un mal de dos douloureux le terrasse. Les médecins n’en découvrent pas la cause et l’envoient en Belgique. A Bruxelles on diagnostique un myélome nécessitant des rayons et une chimiothérapie, imposant le port d’un corset et interdisant tout déplacement en métro, tram ou bus. En juin 2007, Albert rejoint notre communauté d’Evere.

Le Petit Echo n° 7 de l’année 2009 présente quelques témoignages de confrères ’âgés’. Albert y écrit : « Le sens actuel de ma vie missionnaire ? Faire la volonté aimante de Dieu. Sauf illusion de ma part, je n’ai jamais cherché, demandé ou refusé une nomination. Malgré plus de 50 ans de sacerdoce, mon retour en province ne s’était jamais posé jusqu’au jour où la maladie m’a forcé à quitter l’Afrique. Cela m’est apparu comme une nouvelle manifestation de la volonté du Seigneur, ce qui m’a donné de l’accepter sereinement. Le changement était énorme et l’adaptation à ma nouvelle situation, jusqu’à maintenant, me demande d’y voir la même volonté aimante de Dieu et d’être missionnaire autrement : par la prière, une certaine inactivité. C’est l’essentiel de ma vie spirituelle. »

  La liturgie d’action de grâce aura lieu le jeudi 8 mars, à 10 h 30 heures, en l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent, 1140 Evere.  

Ceux qui désirent concélébrer apportent une aube et une étole violette. Une collation sera offerte à la famille et aux confrères au « Jardin d’Evere », Sint-Vincentiusstraat 106, Evere.

 
J.V.
 

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