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L A V I G E R I E . be

Le Père Georges Defour

mercredi 22 août 2012 par J.V.
  Quand, en début d’après-midi de ce mardi 21 août 2012, les confrères de Liège nous apprirent le décès de notre confrère
 
Georges Defour


décédé ce matin vers 11 heures, le ’kilio’ (deuil) avait déjà commencé à Bukavu. Le tamtam africain nous avait pris de vitesse

Georges Defour est né à Verviers le 30 décembre 1913. Après une année d’humanités modernes dans un pensionnat laïc à Dolhain, il passe aux gréco-latines chez les Jésuites à Verviers, au collège St-François Xavier. Georges s’y donne corps et âme au scoutisme. En 1932 il entre en philosophie à Boechout et poursuit l’année suivante à Glimes. Après le noviciat à Maison-Carrée (1934-1935), il fait ses études de théologie à Heverlee, où il est ordonné prêtre le 30 avril 1939. En 1942 il termine à Louvain une licence en Sciences Pédagogiques avec grande distinction et une candidature en droit avec distinction. Première nomination : professeur de philosophie à Thy-le-Château, de 1942 à 1945. En 1945 il devient aumônier de l’A.E.P. (Aide aux Enfants du Pays) en Belgique francophone. Pour son engagement pendant la guerre, entre autres l’organisation d’un poste régional de secours aux sinistrés, il recevra le 6 février 1950 la Médaille de la Résistance et la Médaille Commémorative de la guerre 1940-1945.

Le 11 mai 1946 Georges s’envole pour le Kivu. Il est nommé professeur à l’Ecole Normale de Nyangezi et responsable de l’Ecole des Mulâtres. En août 1947 il est nommé directeur-inspecteur de l’Enseignement pour l’Archidiocèse de Bukavu. Il fonde et dirige le Centre Pédagogique (édition de livres scolaires, d’une revue pour les enseignants, élaboration de programmes, fabrication de matériel didactique…). Le père Hellemans, supérieur régional, écrit : « Inspecte deux fois par an les écoles et y met le temps. A le souci de promouvoir l’éducation chrétienne dans les écoles. Ses publications ont du succès en dehors du Vicariat ». Quelques années plus tard, en 1958, Georges sera distingué de la Médaille d’Or de l’Ordre Royal du Lion, pour 12 ans de direction des écoles au Kivu…

En septembre 1952 il fonde le Mouvement XAVERI, sans aucun doute l’œuvre de sa vie. Pour tout ce qui regarde les structures ce mouvement que Georges veut profondément africain s’inspire du scoutisme ; pour l’esprit du mouvement et sa spiritualité, Georges s’est plutôt laissé guider par les Cœurs Vaillant / Âmes Vaillantes et la Croisade Eucharistique. Plus tard, quand le mouvement comprendra des membres adultes, Georges s’inspirera aussi de la JOC. Le nom du patron choisi – Saint François-Xavier – souligne le caractère apostolique du Mouvement. En 1955, Mgr Van Steene considère les Xavéris comme le mouvement de jeunesse officiel du diocèse. A partir de 1957 Georges peut se consacrer à temps plein au Mouvement. Il compose, édite et diffuse 61 manuels pour les responsables, publie la revue Jeunesse Africaine, le journal Hodari… Il fait plusieurs voyages d’étude dans d’autres pays d’Afrique. Vers la fin des années 50, le Mouvement s’est répandu dans la plupart des diocèses du Congo. En 1960 le mouvement comptait 35.000 membre au Congo. Il se répandra dans 14 autres pays d’Afrique.

En mai 1966 Georges fonde le Centre BANDARI pour la formation des cadres de jeunes. Il compose et édite un cours par correspondance, sur le plan national et international, pour la formation systématique des responsables de groupes de jeunes.

En 1974 Georges est chargé de cours en psychologie appliquée à l’Institut Supérieur de Sciences Sociales (ISES) de Bukavu. En 1976 s’y ajoute le cours de l’histoire des religion à l’Institut Supérieur Pédagogique de Bukavu (ISP). Il publiera son cours sur la religion traditionnelle africaine. Cette même année il devient Chevalier de l’Ordre de la Couronne pour les 30 ans de participation à l’œuvre d’enseignement et d’éducation en Afrique Centrale. En août 1977 Georges est nommé Secrétaire Académique, chargé de transformer l’ISES en Institut de Développement Rural (ISDR). Il est élu membre de la Société des Africanistes de Paris (1977)), fonde, au sein de l’ISDR, le Centre d’Etude et d’Expérimentation des Technologie Appropriées, CEETA (1980) et de la Ferme Expérimental du Gai Lapin (1982), devient membre de l’International African Institute de Londres (1980), s’intéresse à l’agroforesterie, est nommé membre du Bureau Régional pour la Protection de l’Enfance et de la Jeunesse au Kivu, fait un long voyage d’étude aux Etats-Unis (1984), fonde, à l’ISDR, l’Atelier de Production des Technologies Appropriées, ATEPRO (1985).

Le 10 juillet 1986, il réussit avec distinction, à l’âge de 73 ans, son doctorat en pédagogie à l’Université de Kisangani. Le 1er novembre 1986 il est nommé Secrétaire Général Académique de l’ISDR, fonction qu’il occupera jusqu’en 1994. En 1987 il publie « Pour une pédagogie du milieu intégral », ouvrage de 488 pages, détaillant entre autres une pédagogie pour un institut supérieur de développement rural. Il est promu, en avril 1988, Officier de l’Ordre de la Couronne. Il assure les cours suivants en 1re et 2e licences à l’ISDR : analyse critique des théories du développement rural ; recherche-action ; anthropologie africaine et développement rural ; andragogie et développement rural. En 1990 il publie « Cinq mille proverbes africains pour la Loi des hommes nouveau » (312 pages). Il multiplie les voyages d’étude : Indonésie (1990), Egypte (1991), Chine (1991), Inde et Népal (1992), Thaïlande (1993), au Sri Lanka (1994), Hong-Kong, Taïwan et Corée du Sud (1996)…

En mai 1993 il lance une étude expérimentale portant sur 500 plantes médicinales et vétérinaires du Bushi dont il publiera les résultats en 1995. En mars 1994 il fonde le CERDAF (Centre de Recherche et de Documentation Africaine), qui publie depuis 1998 et jusqu’à nos jours la revue trimestrielle « Recherches africaines. L’Afrique et son vécu ». En juin 1994 il publie « Le développement rural en Afrique Centrale, Théories et essai d’analyse critique » (350 pages).

A partir de 1999 Georges donne un cours sur la Religion Traditionnelle Africaine à notre premier Cycle de la Ruzizi. En 2000 son cours portera sur Vie religieuse et Culture africaine. Il publie Bulikoko, un recueil de chants offerts aux jeunes. Le 30 avril il fête ses 60 ans de sacerdoce, dont 53 vécus au Kivu. Il publie un cours d’androgogie, orientations de base d’un accompagnement à l’autoformation des groupes d’adultes. A l’occasion du jubilé d’or du Mouvement en décembre 2002, Georges effectue plusieurs voyages-mission au service du Mouvement Xavéri : Burundi, Uganda, Rwanda, Kinshasa et Kisangani. Le 30 décembre 2003 l’archevêque de Bukavu remet solennellement à Georges, au nom du Souverain Pontife, la décoration Pro Ecclesia et Pontifice. En mars 2007 Georges publie son dernier ouvrage « Les symboles africains dans la vie et le message chrétien » (151 pages), le 106e livre du même auteur.

La vie trépidante et mouvementée de cet apôtre infatigable et du grand voyageur curieux de tout s’arrête d’un coup et brutalement. Le 5 mai 2007, préparant ses valises pour venir en congé en Belgique, il fait une chute malencontreuse. Rapatrié d’urgence, il passera 5 mois interminables à la Clinique St-Michel à Bruxelles. Le 4 octobre il peut enfin s’installer à la Maison de Repos et de Soin St-Joseph à Liège, où il retrouve d’autres confrères. Mais il ne sera plus jamais le Georges d’avant, plein de vie et d’esprit. Quelque chose s’est cassé. Il revivait, certes, quand des Xavéris lui rendaient visite ou quand on évoquait devant lui des épisodes vécus à Bukavu, mais il retombait aussitôt dans un état déprimé, plutôt négatif, malheureux, aggravé par le fait que les derniers mois il n’était plus capable de se faire comprendre.

Le 21 août 2012 Georges s’est éteint doucement.

  La célébration eucharistique d’adieu aura lieu le samedi 25 août 2012 à 10h30 en l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent, 1140 Evere. A la demande de l’archevêque de Bukavu son corps sera transféré, pour être enterré au Centre Bandari, siège international du Mouvement Xavéri.  

 
Jef Vleugels
 

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