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L A V I G E R I E . be

Le Père Jean Pesser

samedi 13 avril 2013 par J.V.
  Comme annoncé avant-hier soir, notre confrère
 
Jean Pesser


s’est doucement éteint à Evere, le mercredi 10 avril 2013, dans l’après-midi.

Jean est né le 17 juin 1920 à Clermont-sur-Berwinne, dans la province de Liège. Il fit les six années des humanités classiques au Collège Marie-Thérèse à Herve, où il termina en 1938. Son père était ferronnier d’art et réalisa la vigne qui se dressait dans le chœur de notre chapelle à Thy-le-Château, dessinée par l’architecte M. Lacoste. Après une année à l’université de Liège, Jean a travaillé quelques années comme secrétaire-comptable à Aubel, dans une entreprise qui fabriquait du sirop de pommes, le fameux sirop de Liège. La lecture de « Grands Lacs » lui fit découvrir les Pères Blancs. En novembre 1944 Jean entra à Thy-le-Château pour les études de philosophie. Son curé écrivait au supérieur : « C’est la crème de ma paroisse qui va entrer chez les Révérends Pères Blancs. Depuis son plus tendre jeune âge, Jean Pesser mena une vie irréprochable, à tel point que ses camarades d’enfance se demandaient pourquoi il allait à confesse ». Après le noviciat à Varsenare (1946-1947), Jean fit ses études de théologie à Heverlee, où il était doyen. Il prononça son serment missionnaire le 22 juillet 1950 et fut ordonné prêtre le 24 mars 1951. Ses professeurs le décrivent comme un homme consciencieux, homme de devoir, avec une forte volonté et un bon jugement, serviable et aimé de tous, toujours de bonne humeur, un caractère doux et humble, « pas homme à se faire valoir » – « ils aime à faire les travaux qu’on ne remarque pas trop ».

Nommé au Burundi, il part le 24 septembre 1951 avec Sobelair pour ce qui était encore le Vicariat de Gitega. Il passe deux mois à Jenda, comme vicaire, ensuite cinq mois à Gitwenge. En 1952 il fait six mois de stage à l’Ecole Normale de Gitega, en préparation de sa nomination à Rutovu comme directeur de l’Ecole d’Apprentissage Pédagogique, puis de l’Ecole Moyenne Pédagogique. En septembre 1957 il devient directeur de l’E.M.P. à Rusengo. Après son congé en 1960, Jean retourne à Rutovu comme professeur. « Le plus régulier des professeurs de l’école, a le souci de sa vie spirituelle », notait le Régional. Pourtant la responsabilité de l’éducation des jeunes finit par trop lui peser, il s’énerve, s’en fait trop, maigrit… et il demande d’être déchargé de sa fonction. En octobre 1963 il est nommé à la paroisse de Bururi. En janvier 1965 il est curé à Rumeza, mais en mars 1967 il retourne à Bururi. Souvent on le trouve trop méticuleux et trop exigeant pour le travail paroissial. En septembre 1970 Jean devient chancelier du diocèse de Bururi, où il donne aussi un coup de main à l’économat général, tout en aidant à la paroisse de Mpinga. En 1972 il est élu conseiller régional. Début 1972 il retourne comme vicaire à Rumeza, ensuite à Rutana et en mars 1975 à Makamba.

A l’occasion du Chapitre de 1974, Jean avait écrit une lettre au Supérieur général ; elle fut ensuite publiée dans le Petit Echo (1975/6). Nous y découvrons le désir profond de Jean – sur l’arrière-fond des troubles que la pays avait connus en 1972 – de vivre inséré dans le peuple burundais : « Nous devrions être tellement intégrés à la communauté chrétienne que nous nous sentions et que nous nous trouvions, de fait, obligés d’en partager le sort pour le meilleur et pour le pire. » Et d’en dévoiler l’obstacle profond : notre style de vie, notre richesse, nos assurances, notre appartenance à la classe des riches et à la caste sacerdotale. « Ce qui est tragique, c’est que nos communautés religieuses sont conçues de telle façon qu’elles nous empêchent (le mot n’est pas trop fort) non seulement de rayonner l’Evangile (ce qui ne suffit pas), mais de le pratiquer. » Et d’ajouter : « Sont-ce là des critiques ? Je ne le pense pas, puisqu’en écrivant ceci, je ne pense qu’à moi-même. C’est plutôt de l’autocritique, un examen de conscience… »

Après son congé en 1977, Jean est nommé professeur au Séminaire des aînés à Mugera, diocèse de Gitega. En 1980 nous le trouvons à Rugari, en 1981 à Mukenke, comme vicaire. Il y consacre son temps libre à l’étude et à la rédaction d’une synthèse doctrinale destinée aux enseignants dont il connaît bien le monde et les modes de penser. De Mukenke Jean sera expulsé du pays comme tant d’autres, en mai 1986. Rentré en Belgique, il suit la session-retraite à Jérusalem. Il est ensuite nommé au service administratif de Vivant Univers à Namur. Il s’en acquitte avec compétence et efficacité, tout en préparant l’informatisation du service. En novembre 1987, Jean perd son unique frère, Joseph. Entre-temps Mgr. Mpungu, évêque de Muyinga, le réclame pour son Séminaire des Aînés à Mutwenzi. En août 1988 Jean peut repartir. De 1991 à mars 1999 il est chancelier du diocèse, « discret et fiable comme une montre suisse » écrivait un confrère. Durant cette période, Jean compose un aide-mémoire pour aider les curés à faire les ’états libres’. En 1994 il a déposé au provincialat de Bruxelles un copie pour « mettre ces quelques notes à l’abri ». « Les Etats Libres en vue du baptême » compte 31 pages A4 dactylographiées, « Les Etats Libres en vue du mariage », 25. Je ne sais pas s’il a réussi à les éditer un jour… Après un congé médical en 1999, Jean retourne à Gitega. Il est responsable de la communauté jusqu’à son départ définitif en Belgique le 16 août 2001.

En septembre 2001, Jean s’installe à Heusy. Il reste l’homme affable et souriant, vivant bien sa vieillesse. Sa vue baisse de plus en plus. Lorsqu’il est décidé de vendre la maison, Jean rejoint, en septembre 2008, notre communauté d’Evere. Il était presque aveugle, mais il n’en perdait pas le sourire ni son sens de l’humour. Les dernières semaines il gardait le lit et mangeait de moins en moins et finalement plus rien. Il était serein et paisible. Il s’est éteint doucement le 10 avril 2013, dans l’après-midi, entouré de ses confrères.

  La célébration liturgique d’adieu aura lieu le mercredi 17 avril, à 10 h 30, dans la grande chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare.
Apportez aube et étole blanche comme d’habitude.
 

Une collation vous sera offerte dans la salle commune de notre communauté d’Evere.

 
Jef Vleugels
 

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