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L A V I G E R I E . be

Le Père André Pirmez

vendredi 10 avril 2015 par J.V.
  Bruxelles, le 09/04/2015

Dans la nuit du 8 avril, notre confrère
 
André Pirmez


est décédé d’une hémorragie cérébrale à l’hôpital de Schaerbeek où il avait été transporté la veille.

André est né le 26 avril 1930 dans une famille d’agriculteurs, le deuxième de cinq enfants. Après ses études secondaires à Tamines et au Petit séminaire de Floreffe, il entre en septembre 1950 chez les Pères Blancs à Thy-le-Château. Après le noviciat à Varsenare il rejoint le scolasticat d’Heverlee, où il prononce son serment missionnaire le 7 juillet 1956 et est ordonné prêtre le 21 avril 1957. Il avait pu faire ses premières expériences catéchétiques dans une école de jeunes handicapés et pendant les vacances il s’engageait dans des camps de jeunes démunis. Ses formateurs le décrivent comme un homme intelligent à l’imagination brillante, disant facilement ce qu’il pense, très catégorique dans ses affirmations (‘un petit air dominateur’), travailleur méthodique, très débrouillard, caractère un peu rude mais dynamique, généreux et serviable.

Après avoir régularisé devant le Jury Central son diplôme des Humanités et suivi une initiation aux mathématiques, il s’envole en septembre 1958 pour le Rwanda. Il s’initie à la langue à la paroisse de Nyanza et devient responsable des écoles primaires et des mouvements d’Action catholique : le mouvement Xaveri et l’UGA (JOC). Après un court passage au Petit séminaire de Kansi, André devient en 1961 aumônier national des Xaveris. Il s’investit beaucoup dans la formation des cadres laïcs du mouvement et des aumôniers. Il témoigne : « Une excellente expérience de promotion du laïcat en plein concile ». En août 1966 il est nommé vicaire à la paroisse de Save et participe avec enthousiasme à la pastorale postconciliaire. Une année plus tard, certains confrères le jugeant trop moderne, André est envoyé à Nyamiyaga, un paroisse en fondation. « Ce fut une de mes meilleures expériences de travail en équipe : discernement communautaire, partage, pastorale de concertation avec des laïcs responsables ». Suit un long congé maladie à cause de l’asthme. Il en profite pour prendre une licence en catéchèse et pastorale à Lumen Vitae à Bruxelles.

De retour au Rwanda fin mars 1979, André est nommé curé à Rutongo, paroisse ‘de pointe’ avec de nombreuses communautés ecclésiales de base, l’école diocésaine de catéchistes… Mais voilà que, début 1981, les évêques décident de transformer l’école des catéchistes de Rutongo en ‘propédeutique’, année préparatoire au Grand séminaire. Les Pères Blancs quittent donc la paroisse. André est envoyé en congé sanitaire en Suisse, où l’on découvre qu’il souffre de la ‘maladie des montagnes’ causant des troubles d’équilibre à partir de 2.000 m d’altitude (comme à Rutongo). A son retour il est nommé à l’Institut Catéchétique Africain de Butare, où il devient professeur de catéchèse, directeur de stages, professeur des sciences humaines, préfet des études et gérant du home masculin. L’Institut, dont les diplômes sont agréés par Lumen Vitae, est aussi fréquenté par de nombreux aspirants de congrégations masculines et féminines. André y connut sans conteste la période la plus fructueuse de sa vie africaine. Il y avait tant à faire à l’Institut et André trouvait toujours une solution. Mais il s’engageait aussi ailleurs. Il participa activement à la création et au développement d’une école secondaire privée, créée par une ‘Association de Parents pour l’Education et la Formation’ (APEF). Il construit un centre d’accueil et de formation professionnelle des jeunes, patronné par la même association de parents et pour lequel il obtient le cofinancement du gouvernement belge.

Le génocide met brutalement fin à tout cela. Le 15 avril 1994, jour où débutait ‘la chasse aux Belges’ à Butare, André quitte le pays. Quand, au mois de septembre, quelques confrères retournent au Rwanda, André apprend qu’il était « indésirable, complice du génocide pour avoir fait partie d’une association de parents génocidaires (i.e. l’APEF). Deuxième accusation : j’avais organisé un trafic d’armes : je les commandais en Belgique, les réceptionnais à Kigali avec la complicité des douaniers tandis qu’à Butare, mes jeunes les distribuaient aux miliciens en vue du génocide ». Amèrement André ajoute : « Il est à noter que ces accusations ont été formulées par des réfugiés rwandais venus du Burundi et qui occupent le Centre des Jeunes que j’ai construit… Non seulement tout cela est faux mais je n’ai jamais fait aucune discrimination entre les Rwandais. »

En Belgique, André est nommé à Namur, à la communauté de la rue Namèche, chargée de l’animation missionnaire. Il fait partie du Comité des OPM, collabore avec VOLENS, rédige le journal des Amis du Tiers-Monde... Engagements divers mais finalement peu satisfaisants. Aussi est-il heureux, en décembre 1998, de rejoindre l’équipe PB de Dongelberg, où il est nommé curé de Saint-Remy-Geest (prononcez : Gê). Il y appliquait, disait-il, les ‘méthodes des Missionnaires d’Afrique’ : être près des gens, partager leurs joies, leurs problèmes, les aider à s’en sortir, prier pour eux et avec eux. Il relance le Conseil paroissial, une fois l’an il visite chaque famille, il anime la retraite préparatoire à la Profession de Foi, il prépare sur ordinateur les livrets pour les catéchumènes et pour les chorales… Il enseigne aux catéchistes à se servir d’un ordinateur… Le cœur en peine, il prend congé de ses paroissiens en août 2002, quand les Pères Blancs quittent Dongelberg, faute de personnel. André rejoint la communauté de La Plante. Il assurera un temps la rédaction de ‘Famille-Mission’, aide plusieurs communautés et confrères en informatique. Début 2009 il s’installe dans la communauté de Salzinnes. En septembre 2014, il vient à Evere, car il a de plus en plus besoin de soins.

Un missionnaire s’en est allé. Que vivait-il au plus profond de son être ? « J’ai souvent médité les paroles de Jésus : ‘Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il ne produit rien, mais s’il meurt il produit du fruit en abondance’ ; ou bien : ‘Le disciple n’est pas au-dessus de son maître…’ ; ou bien d’autres encore que j’ai enseignées à toutes sortes de gens, dans des cours, des récollections, retraites, etc…, comme les paroles de Jean-Baptiste : ‘Il faut qu’il grandisse et que je diminue…’, mais je ne parviens pas à les appliquer à mon cas… Je crois pourtant que c’est possible sans que je sache vraiment comment cela pourra se faire… » (2-02-1998).

André nous a laissé ses mémoires, 130 pages A4 bien remplies, intitulées « Ma Ligne de Vie ». Elles se terminent ainsi, en guise de signature : « Père André Pirmez, heureux missionnaire d’Afrique partout où Jésus m’a envoyé ».

  La liturgie d’action de grâce aura lieu le lundi 13 avril 2015, à 10 h 15, en la chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare.

Ceux qui désirent concélébrer apportent une aube et une étole blanche.

 

Une collation sera offerte à la famille et aux confrères dans l’établissement James en face de l’église Saint-Vincent, Place Saint-Vincent à Evere.

 
Jef Vleugels
 

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