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L A V I G E R I E . be

Le Père Paul van Ravestyn

mercredi 6 janvier 2016 par J.V.
  Bruxelles, le 6-01-2016

La veille du jour de l’an, le 31 décembre 2015, vers 9 heures du soir, notre confrère
 
Paul van Ravestyn


s’est éteint à l’hôpital Saint-Michel à Bruxelles, où il était hospitalisé depuis deux semaines.

Paul est né le 13 juillet 1922 à Kalmthout, dans la province d’Anvers, dans une famille francophone nombreuse et chrétienne. Il fit l’école primaire à Manage et ses études secondaires au Collège Cardinal Mercier à Braine-l’Alleud.

En septembre 1942 Paul entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château et fit le noviciat à Varsenare avec le père Noterdaeme. Suivit la théologie à Heverlee – avec un passage à Marienthal pendant la deuxième et troisième année. Il fit son serment missionnaire à Heverlee le 28 mars 1948 et y fut ordonné prêtre le 18 avril 1949. Ses éducateurs le décrivent un homme dévoué et charitable, plein de délicatesse, confrère charmant, humble et profond, surnaturel. Ce n’est pas un grand intellectuel, mais il a beaucoup de bon sens. C’est un dessinateur de valeur et un peintre talentueux. Mais il devra surveiller sa forte nervosité et son impressionnabilité.

Nommé « pour l’Afrique occidentale au Soudan français », il s’embarque le 28 septembre 1949 à Marseille, direction la Côte d’Ivoire qu’il traverse. Mgr. Lesourd, préfet apostolique de Gao-Nouna, le destine avec deux autres confrères à la première fondation en pays dogon, à Sèguè, sur les falaises. Leur première installation est faite de pierre et d’un toit en tiges de mil. Avec l’aide de l’administration de Bandiagara, ils tracent la première route qui gravit la falaise. Les visites des villages situés sur le plateau et les versants de la falaise ainsi que dans la plaine en bas se font à cheval. « Le travail de défricheur ne manque pas », écrit-il. En 1951 la mission dogon est rattachée à la préfecture de Gao au Mali. En 1952 Paul fonde la deuxième paroisse en pays dogon à Pel. Ils obtiennent même une adaptation du tracé de la route Mopti-Ouahigouya en faveur de la mission. En 1954, s’étant trop dépensé, physiquement épuisé et frôlant la dépression, son évêque l’envoie se reposer en Belgique. Paul en profite pour faire imprimer la traduction des quatre évangiles en dogon, avec une synopse.

De retour, Paul fait en 1955 partie de l’équipe fondatrice de Bandiagara. Paul organise des stages d’enseignements évangéliques pour les futurs catéchistes. « Confrère très actif, ne tient pas en place. Rentrant de tournée, est heureux de retrouver la communauté mais songe immédiatement à la tournée suivante », écrit le régional de l’époque. Un de ces stages prépare la quatrième fondation en pays dogon : Barapéréli, en 1957. La paroisse se situe à une trentaine de kilomètres de la Falaise. Les routes sont inexistantes. Le don d’une camionnette VW facilitera les déplacements dans la plaine où se trouvent une quinzaine de villages, tous issus d’un village-mère de la falaise nommé Iréli. Les vielles personnes et les fétiches étaient restés au village de la falaise. A son retour de congé, en janvier 1961, Paul retourne à Sèguè.

Suite à un litige avec un marabout au sujet d’un lieu de culte, Paul est expulsé du Mali en février 1961. Il retourne en Haute Volta, où il est nommé à Zaba. Avant de s’y rendre, il suit d’abord un stage en langue marka à Nouna. En 1971, après un accrochage avec Mgr. Lesourd, il accepte une nomination en Côte d’Ivoire, auprès des ressortissants voltaïques et maliens. Il s’intègre dans la communauté de Bouake. Il pense même à quitter la Société et à s’incardiner…

Pendant un long congé en 1973, il fait imprimer les évangiles synoptiques en langue marka et retourne à Zaba. En septembre 1977 Paul est nommé à Oury, où il est chargé, seul à cause de la langue, de la population ‘Ko’. C’est une année d’une grande disette et les troupeaux des Peulhs sont décimés. C’est aussi une année difficile pour Paul. Les périodes de découragement et de dépressions se succèdent. Il est rapatrié d’urgence en août 1978, mais repart malgré tout à Zaba en juillet 1979.

Début 1980 Paul est rapatrié en France. Il séjournera successivement à Billère, Tassy et Mours, avec quelques périodes de graves dépressions, mais partout apprécié pour sa gentillesse et sa serviabilité. A Mours il visite les malades à l’hôpital et dans une maison de retraite. En 1984 il participe à la grande retraite à Jérusalem et le 25 janvier 1985 nous le retrouvons de nouveau au Burkina Faso, à Dédougou au Centre d’accueil, heureux d’être de retour. En 1986 il suit en Suisse une cure de désintoxication des somnifères qu’il prend depuis vingt ans. Il retourne ensuite à Dédougou où il n’est pas très heureux. En 1990 la communauté s’installe à Tionkuy.

Le 1er novembre 1995, Paul quitte définitivement l’Afrique et s’établit à La Plante (Namur). Il aurait préféré regagner la province de France, où il connaît tant de confrères, mais renoncera bientôt à cette idée pour rester près de sa sœur gravement malade.

Ces vingt années passées à Namur ont laissé des traces profondes. Paul, bien qu’il restât effacé et peu sûr de lui, fut bientôt largement connu dans les environs, car il était constamment en route pour visiter les personnes seules ou malades, à domicile ou dans les hôpitaux ou les homes de la ville. Dans les autobus les gens le saluaient avec reconnaissance. Paul était un peu la ‘vitrine’ de la communauté PB de La Plante. Il restait aussi l’artiste qu’il avait toujours été. En témoignent le beau Christ et la belle Vierge dans la chapelle de La Plante, les mains tendues exprimant l’accueil et la tendresse. Quand, à la mi-septembre 2015, son état de santé nécessita une aide médicalisée, Paul fut nommé au home St-Joseph à Evere, où il n’a pas eu malheureusement le temps de se trouver à l’aise. Après quinze jours d’hospitalisation à la clinique St-Michel, il s’est éteint paisiblement. Lui, qui connaissait tellement bien sa faiblesse et avait si souvent ressenti son mal de vivre, peut maintenant reposer en paix.

  La célébration liturgique d’adieu aura lieu le vendredi 8 janvier, à 10 h 30, dans la grande chapelle du home St-Joseph, rue de la Marne 89, à 1140 Evere, suivie de l’enterrement à Varsenare.
Apportez une aube et une étole blanche.
 

Après le service à Evere, une collation sera offerte aux confrères à la Taverne James (Goede Herdersstraat 86), près de l’église paroissiale St-Vincent (Place Saint-Vincent).

 
Jef Vleugels
 

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