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L A V I G E R I E . be

Le Père Pierre Bastin

lundi 8 octobre 2018 par Jef Vleugels
  Le samedi 6 octobre 2018 en matinée, notre confrère
 
Pierre Bastin


est décédé à la clinique Ste Elisabeth à Namur.

Pierre est le né le 22 avril 1922 à La Louvière en province du Hainaut. Après ses humanités à l’Institut Saint-Joseph dans sa ville natale, il entra chez les Pères Blancs à Thy-le-Château en septembre 1939. Après le noviciat à Varsenare, il fit la théologie à Heverlee, où il prononça son serment missionnaire le premier avril 1945 et fut ordonné prêtre le vingt-deux avril 1946. Ses formateurs apprécient son caractère joyeux et primesautier, optimiste. Il est intelligent, travailleur consciencieux, dévoué et charitable, apprécié par ses condisciples. Il sait s’imposer sans en avoir trop l’air. Et d’ajouter : « Il sera un bon professeur ». Aussi fut-il dès septembre 1946 nommé professeur de philosophie à Thy-le-Château. En septembre 1951 le voilà professeur de morale fondamentale et de sociologie à Eastview (Canada). Il se réjouit de l’esprit international qui règne dans la maison et remarque que le bilinguisme du noviciat et du scolasticat en Belgique l’a bien préparé à s’adapter.

En 1955 – il a neuf années de sacerdoce – il reçoit enfin sa nomination pour l’Afrique, pas encore « pour voir les africains vivre chez eux, apprendre leur langue et se faire la main », comme il l’avait rêvé, mais au Grand séminaire de Burasira (Burundi), où il enseigne la philosophie et la sociologie. En 1957 il est nommé vicaire à Rusengo. Une année plus tard nous le retrouvons vicaire à Bujumbura et responsable des œuvres de la jeunesse. En octobre 1960 il devient curé de Mutumba. Le père Thévenon, régional, loue son zèle en son charisme pour la jeunesse, mais ajoute : « Serait peut-être tenté d’oublier qu’il est PB, donc soumis à une certaine limitation dans son travail par le règlement PB ». Après avoir été curé à Mabayi pendant quelques mois, il fait deux ans à Lumen Vitae, d’où il revient enthousiaste. En octobre 1963 il retourne à Mutumba comme professeur à l’école des catéchistes et responsable de la catéchèse pour le diocèse de Bujumbura. Mgr. Ntuyahaga veut qu’il organise également des sessions pour les catéchistes déjà en fonction. Une semaine sur deux il parcourt les paroisses. « Il est cultivé, a lu beaucoup et en cause facilement », note le père Braekers, régional, « Causeur agréable, il a beaucoup de bon sens et le sens de l’humour ; il taquine mais sans blesser ». En 1964 il est conseiller régional et en 1967 délégué au Chapitre. En octobre 1969 il fait la deuxième année à Lumen Vitae, avant de reprendre son travail à Mutumba. Le 14 septembre 1972, il est comme tant d’autres expulsé du Burundi. En décembre 1972 nous le retrouvons professeur de théologie fondamentale, de liturgie et de catéchèse à Murhesa (Bukavu-Zaïre).

En avril 1974, la province de Belgique l’appelle pour venir renforcer l’équipe de Vivant Univers à Namur, non pas pour la rédaction mais pour la diffusion. Il s’agirait de renouveler les contacts avec les organismes comme ’Entraide et Fraternité« , ’Justice et Paix’, ’Pax Christi’, d’être davantage présent dans l’œcuménisme et dans les efforts de regroupement des instituts missionnaires. La revue cherche aussi à prendre une position plus claire dans les dossiers Angola-Mozambique, Afrique du Sud, les problèmes au Zaïre, le Burundi, le Chili. Le père Eeckhout, assistant provincial, conclut sa lettre :  »Donc en gros il faut un homme de ton calibre pour contacter les gens et encourager cette œuvre missionnaire et de promotion humaine". La nomination officielle suit en juin 1974 et en décembre Pierre est en plus nommé supérieur de la communauté de Namur. Il s’acquitte de sa tâche le mieux possible.

Entretemps Pierre se remet de plus en plus en question, personnellement d’abord, mais aussi sur notre style de vie en communauté, voire même le témoignage évangélique de l’institut Eglise. Il veut vivre sans devoir « continuellement vivre sur mes gardes parce que je ne partage pas le discours habituel ». Déjà pendant ses séjours au Canada en ’83 et ’84, au service de la revue, il pense à une insertion possible dans la communauté du Boulevard Cauchy, lancée à Namur par le père Fourez sj, communauté mixte, conviviale et tournée vers les moins favorisés. Il cherche, en effet, « une communauté où on est moins servi », « un style de vie plus proche des réalités de la vie des gens dans le monde ». Il s’y installe le premier janvier 1984. Mais c’est une communauté de vie, non pas de travail. En février 1986 il est nommé vicaire à la paroisse Saint-Jean-Baptiste et Saint-Loup. Son travail est apprécié par le curé, mais l’évêché met fin à son contrat en août ’87. C’est que Pierre partage entretemps la maison avec une amie, bouddhiste consacrée, en tout bien tout honneur et qui, avec sa petite fille adoptive, vit au milieu d’innombrables chats, quelques chiens et une grande volière… Les Pères Blancs, eux, ont toujours respecté la démarche de Pierre. « La Province ne m’a jamais lâché » écrira-t-il un jour. Lors de son jubilé de 50 ans, il parlera d’ailleurs de ses « trois familles », sa famille naturelle à laquelle il restait très proche, les Pères Blancs et « cette immense famille de ceux que je rencontre et avec qui je me sens en lien : amitié, affection, complicité… » En juin 2003, il rejoint l’abbé Gillet à Naninne. Les deux s’entendent à merveille. Il le suivra à Jambes en juillet 2009. En septembre 2015, quand sa santé lance des signaux inquiétants, il rejoindra notre communauté de La Plante à Namur.

Pierre décrit ainsi son évolution : « J’en suis arrivé à la constatation que ces grandes institutions n’avaient pas de parole pour les pauvres ni pour les opprimés. Aussi le fond de moi s’est tourné vers les théologies et mouvements de libération. Je vivais de plus en plus »à part« et un certain éloignement de la vie commune classique s’est avéré profitable pour moi. Des communautés de base m’offrent des lieux de réflexion et de célébration dans lesquels je me sens si bien, ainsi que dans ma participation et surtout mon écoute des isolés de mon café »Al Chîje« (le Babbelkot namurois) ou avec tant de femmes et d’hommes qui ont connu le douloureux échec de leur vie conjugale dans les groupes »Espérance". Notons encore qu’il continue à suivre des cours et à se former, par exemple au CEFOC.

Pierre n’hésitait jamais à faire connaître ses opinions. Il réagissait sur les documents officiels de la Société, sur des articles du Petit Echo, qu’il lisait entièrement. Voici quelques titres de ses réflexions : « Jésus voulait-il sortir de la religion ? » (2001) – « Un christianisme non religieux ? » (2008) - « L’insupportable culte de la personnalité » (2009). Une des caractéristiques de Pierre fut son profond respect de ses interlocuteurs. Il était convaincu mais n’imposait rien.

Pierre était une figure originale, mais tellement attachante. Et un vrai missionnaire !

  La célébration de la résurrection aura lieu le jeudi 11 octobre à 10h30, en l’église Saint-Pierre-aux Liens (av. Félicien Rops 42 – 5000 Namur).
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Jef Vleugels
 

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