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Vatican

Oeconomicae et pecuniariae quaestiones
Questions économiques et financières

jeudi 13 septembre 2018 par Webmaster

Pendant le « Temps de la Création » que nous célébrons actuellement plusieurs événements se passent dans le monde. Le Vatican a publié un document, Oeconomicae et pecuniariae quaestiones, Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel.
Le Père Schonecke, M.Afr., a résumé ce document qui a été rédigé par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi et le Dicastère pour le Service du Développement Intégral.

Le Vatican appelle à un discernement éthique dans nos systèmes économico-financiers

Le problème avec nos systèmes économico- financiers va bien au-delà de ces systèmes eux-mêmes. La vraie difficulté est en fait dans le dysfonctionnement de l’esprit humain et notre compréhension biaisée de l’anthropologie humaine. Ce problème est aussi une conséquence de la valeur infinie que nous avons mise inconsciemment en cet instrument d’échange appelé argent. Selon la religion bouddhiste, l’esprit humain, dans son état normal, engendre la « dukkha », ce qui peut être traduit par « insatisfaction » ou tout simplement « misère ».

L’esprit de l’homme est très astucieux, mais il n’est jamais satisfait et est responsable de la violence sans précédent que s’infligent mutuellement les êtres humains. C’est cette même intelligence humaine qui est l’auteur de la brutalité faite aux autres formes de vie que l’on trouve dans notre écosystème. C’est le génie humain qui a créé nos systèmes économiques et financiers dépourvus de valeurs éthiques et de discernement mais par contre bien structurés et parfaitement pris en charge pour combler ce puit sans fond qu’est l’esprit humain. L’attribution de primes élevées pour ce qui est légal plutôt que pour que ce qui est utile pour notre existence commune exprime bien ce dysfonctionnement.

Il faut aussi souligner que multiplier les procédures juridiques et passer des accords sans tenir compte des orientations éthiques exactes et urgentes n’est pas suffisant pour résoudre les crises.

Le lien, dont on ne parle pas souvent, entre notre système économique et l’extrême pauvreté est éthique, sinon, comment pourrait-on soutenir et même mener un système qui permet à une petite fraction de l’humanité de vivre dans l’abondance, tandis que la majorité a tout juste de quoi survivre pour une journée. Ceci montre la nécessité d’avoir différentes pédagogies économiques et financières qui incorporent de nouvelles attitudes et de nouvelles formes de vie basées sur des valeurs éthiques. Dans ses encycliques, en particulier Evangeli Gaudium et Laudato Si, le Pape François a toujours insisté pour que cette lacune soit comblée. Le souverain Pontife nous met en garde : « un grand défi culturel et éducatif se présente à nous. Nous devons obligatoirement emprunter la longue route du renouveau » (202).

Dans la même veine, un récent document du Vatican, « Considération pour un discernement éthique concernant certains aspects de l’actuel système économique et financier » expose les graves aberrations que l’on rencontre dans nos systèmes économiques et financiers et appelle au discernement éthique.

Les points les plus importants de ce document :

  • Notre façon de penser qui voit les êtres humains exclusivement comme de simples acteurs économiques (9)
  • L’absence d’une éthique qui est orientée vers le bien commun et guidée par la raison humaine (2,17)
  • le contrôle omniprésent des partis puissants et des vastes réseaux financiers économiques (12)
  • L’inégalité croissante entre les pays et au sein de ces pays.
  • La baisse des revenus engendrés par le travail tandis que les profits engendrés par le capital augmentent. (15)

Le document fournit aussi des orientations éthiques pour la résolution de la crise. Certaines d’entre elles comprennent :

  • Une compréhension de l’économie et des affaires à la lumière d’une vision éthique de l’intégrité de la personne humaine.
  • Le contrôle des marchés qui sont incapables de se contrôler eux-mêmes. (13)
  • Un échange positif du profit économique et de la solidarité sociale.
  • Critères plus détaillés pour mesurer le produit national brut (PNB) des nations (11)

Le document compare en outre les marchés financiers à un corps géant dont les veines charrient, comme une sève vivifiante, d’énormes montants d’argent. Le système est sain quand la croissance et la répartition des richesses vont de pair et que la dignité de la personne humaine et le bien commun sont respectés. L’introduction d’outils économico-financiers douteux crée des problèmes systématiques et empoisonne l’organisme entier (19).

Les facteurs destructeurs dans ces systèmes sont :

  • Une croyance naïve en une autosuffisance présumée des marchés, indépendante de toute éthique et une culture commerciale axée uniquement sur le profit tout en ignorant le bien commun. (21, 23)
  • Des produits financiers non transparents et risqués qui mènent à la spéculation et à la manipulation du taux d’intérêt des prêts interbancaires (LIBOR).
  • Des systèmes bancaires fictifs et des paradis fiscaux en dehors de tout contrôle de l’État qui favorisent surtout la spéculation, la corruption, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent (29,30)
  • La croissance de la dette publique de nombreux pays causée par des stratagèmes dans l’administration des deniers publics consistant à détourner les pertes du privé en dettes publiques.

Comme moyens de sortir du bourbier, le document propose :

  • Une évaluation honnête et un changement de la philosophie sous-jacente dans les sociétés et les entreprises. Ceci allant de pair avec l’institution de comités d’éthique dans les banques et les entreprises.
  • Une règlementation claire et efficace des marchés financiers et des agences de notation pour créer une plus grande transparence dans les transactions commerciales à tous les niveaux.
  • Une claire définition de la séparation des services bancaires d’investissement d’avec les formes classiques de l’épargne et des crédits bancaires tout en fournissant des informations sur les risques de tous les produits financiers
  • Trouver des moyens pour assurer une réduction raisonnable de la dette publique.

En résumé, le document du Vatican refait écho au principe séculaire que tout ce qui a été créé doit être bien ordonné pour servir les besoins de la famille humaine. Ceci s’applique également aux systèmes économiques mis en place pour le développement et l’interaction de l’homme.

Les systèmes économiques émergents sont dans la ligne de mire. La cible c’est leur utilisation croissante à des fins frauduleuses par des individus et des personnes morales qui font fi des aspirations authentiques de l’esprit humain. Le dialogue entre le système économique et les valeurs humaines fondamentales doit être continu. Ce n’est pas assez que seulement certains enregistrent des gains énormes ; il faut que le monde entier devienne pour tous un meilleur endroit grâce au renouveau des systèmes économiques modernes.

  Wolfgang Schonecke, M.Afr et Chika Onyejiuwa, CSSp

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