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L A V I G E R I E . be
Famille Mission 2/4 2008

Souvenir... Atomium

Par le Père Baudouin Waterkeyn
jeudi 17 juillet 2008 par Webmaster

En ce 50e anniversaire de l’Exposition universelle de Bruxelles, nous avons demandé à notre confrère

BAUDOUIN WATERKEYN

ce qu’évoque pour lui l’Atomium de notre capitale.
Voici en résumé ce qu’il nous écrit de Lubumbashi en R.D.CONGO.

Atomium/Badplayer Quand je contemple ce gigantesque monument, je pense tout de suite à mon frère André. En effet, c’est lui qui a eu l’idée de construire cet édifice extraordinaire.

En voyant ces 9 sphères d’acier qui dominent notre bonne ville de
Bruxelles, en pensée, je me replonge aussi dans ma famille nombreuse. Chez nous, nous étions 9 : 6 garçons et 3 filles.
André était l’aîné des garçons, je suis le plus jeune.

On peut dire que c’est l’Atomium qui a ouvert les portes de cette
fameuse EXPO 58.
Quelques semaines après son inauguration, ce sont les portes
du Congo qui s’ouvrirent pour m’accueillir comme jeune
missionnaire.
Chaque fois que je revois l’Atomium, en réalité ou en image, je me
rappelle deux dates : 1958 ouverture de l’expo, 1958 début de ma vie
missionnaire au Congo.

Mes souvenirs de l’Atomium sont aussi liés au voyage de mon vieux
papa sur le continent Africain…
En 1978, (20 ans après l’Expo 58), mon Père qui avait alors 90 ans,
est venus me visiter à KAKUTYA (près de KALIMA) dans le diocèse de KASONGO.

A son arrivée à l’aéroport de GOMA, on l’avait fait attendre, en plein
soleil, en face du bureau des douanes. Les gabelous n’avaient pas
digéré le fait qu’il n’était pas passé par KINSHASA !

Soudain, un employé se dirigea vers papa en brandissant un
passeport : « Monsieur, ce passeport c’est à vous ? » « Oui, répondit
mon père. » « Bienvenue Monsieur ! C’est la 1re fois de ma vie que
je rencontre quelqu’un, en chair et en os, qui est né au siècle passé ! »

Du coup, adieu la voiture surchauffée ! Papa eut alors droit au salon
d’honneur de l’aérodrome, un verre et un bon fauteuil !
Suivit alors un voyage inoubliable pour mon paternel. Il passa tout le vol dans l’avion de la SOMINKI assis sur des paniers de choux
fleurs.

En quoi donc ce périple de papa est-il connecté à l’Atomium ?
Je n’oublierai jamais ces paroles qu’il m’adressa après quelques jours
passés dans ma mission.
« Baudouin, tu sais combien je suis fier de ton frère André et de ce
qu’il a construit,…mais en voyant ta vie ici au milieu des gens que tu
aimes et qui t’aiment, je suis aussi fier de toi ! »

Ces paroles sont restées gravées dans mon coeur.

Maintenant, un peu d’histoire !
Un jour, André m’avait montré sa première maquette de
l’Atomium qu’il avait bricolée avec des aiguilles à tricoter de son
épouse Moinette et des balles de tennis. Tout un symbole ! Et oui,
André est né à WIMBLEDON au Royaume Uni. C’est là que nos
parents s’étaient réfugiés pendant la première guerre mondiale. Ils
avaient été accueillis par notre grand-père paternel Father John
Waterkeyn et demeurèrent chez lui jusqu’à la fin des hostilités.
Grand Papa était le curé de Wimbledon. Après la mort de
notre grand-mère, devenu veuf, grand-père Waterkeyn était entré
dans les ordres.
On raconte que sa « conversion » était un peu pour faire oublier les
dégâts faits par la fameuse mitrailleuse Lewis fabriquée par la firme
dont il avait été l’administrateur. C’est lui qui m’a baptisé… Dans
notre famille on est curé de grand-père en petit-fils !

André décrocha brillamment son diplôme d’ingénieur civil à
l’université de Louvain…je me rappelle très bien ses navettes de
chez nous à la faculté…c’était en 1942 pendant la seconde guerre
mondiale. Je me rappelle aussi le temps où il travaillait à Fabrimétal .
Il y avait un poste de directeur. C’est cette société qui lui a demandé
d’élaborer un projet symbole de la future exposition de Bruxelles en
1958.

Pendant que j’y étudiais la théologie, mon frère André est
venu à notre séminaire d’ Heverlee pour nous donner une conférence
sur l’Atomium. La mise en oeuvre de ce grand dessein fut une
prouesse de la technique moderne de ce temps-là. André avait mijoté
quelque chose de révolutionnaire qui symboliserait cette fin du 20e
siècle.

Ce qui m’émerveille, c’est que depuis la construction de
l’Atomium en passant par sa rénovation, il n’y a pas eu d’accident
grave parmi ces 600 ouvriers qui y ont travaillé, souvent comme des
alpinistes. Il n’y a eu que deux chevilles foulées !?!

Parfois je me demande si André a pensé que les 9 boules pouvaient
aussi représenter nos 9 provinces belges… ? Puissent-elles tenir
ensemble, bien soudées, comme ces 9 boules de l’Atomium !

André ce n’était pas seulement un ingénieur remarquable mais aussi un homme de coeur. Entre lui et sa femme Moinette, c’était le grand amour, jamais je ne les ai vu se disputer. Ils ont été des parents admirables.

Une nuit, après le décès d’André, j’ai fait un rêve.

P. Baudouin WaterkeynJe voyais André au Paradis en train de bricoler un ATOCHROMIUM de 24 sphères de chrome (24 = nombre atomique du chrome). Mais ce n’étaient pas des boules comme celles de Bruxelles qui scintillaient dans le ciel, c’étaient les visages de leurs enfants, petits enfants , arrières-petits enfants…tous aussi soudés les uns aux autres que le sont ces globes de l’Atomium.

Pour les lecteurs de Famille-Mission qui ont Internet et qui veulent
en savoir plus, il y a 556 entrées sous le nom de André Waterkeyn et
868 pour Waterkeyn+Atomium.

J’en profite pour vous transmettre :

Sincères salutations.

Père Baudouin Waterkeyn des Pères Blancs d’Afrique.



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