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L A V I G E R I E . be
DIOCESE DE LAGHOUAT - GHARDAIA

BILLET MENSUEL Mars 2016

Mgr Claude Rault
jeudi 31 mars 2016 par Webmaster

FEMME ET APÔTRE

Bien chers amis, .

Si notre Pape François a le vent en poupe, ses propos sont souvent suivis de murmures, voire même d’un silence indifférent. Être successeur de Pierre et des Apôtres n’est pas une sinécure. Pas plus que porter des responsabilités dans l’Église. Croyez-moi, ce n’est pas un piédestal ! La première de ces responsabilités est sans aucun doute de confirmer dans la Foi ceux et celles qui nous sont confiés.
Mais pour ce faire, il faut sans cesse essayer de répondre soi-même à la question de Jésus à ses disciples : « Mais pour vous, qui suis-je ? »( Mc 9,29). Et ce n’est pas simple !

Une réponse de la part de chacun et de chacune noircirait sans doute tout un livre ! Ou mieux encore la question pourrait être suivie d’un profond silence. Mais lorsque nous aurons donné notre réponse, fût-elle muette, elle sera déjà dépassée. Alors, la déclaration raccourcie de Pierre est peut-être la plus adéquate, bien qu’elle nous dépasse largement. « Tu es le Christ ! » (Mc 9,29). Tout est dit, mais tout reste à découvrir…Un grand prédicateur jésuite (et il y en a beaucoup parmi eux…) disait : « Quand on fait un costume à Jésus, les coutures craquent toujours ! » Les couturières au moins savent ce que cela veut dire !

Mais je ne voudrais pas m’arrêter là. Si Jésus a confirmé Pierre dans l’autorité qui lui a été donnée sur cette Église de « pierres vivantes », elle est encore et toujours, et toujours, à bâtir. Si l’autorité est relativement facile à accueillir, l’exercer l’est beaucoup moins ! Car elle ne peut l’être à la façon des puissants et des grands de la Terre : « Il ne doit pas en être ainsi parmi vous : au contraire, celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur… » (Mc 10, 43)

Il faudra sans cesse chercher une forme qui ne soit pas la reproduction des institutions humaines. Nous en sommes encore là ! L’histoire nous montre que ce n’est jamais facile d’éviter le piège. Hommes et femmes qui exerçons une autorité dans l’Église, nous savons combien il est difficile de le faire dans cet esprit de service, à la façon de Jésus.

Allons plus loin. Le Jeudi Saint est proche. Le geste de laver les pieds au cours de la célébration du soir est pour nous familier, parfois un peu spectaculaire ; il est d’ailleurs peut-être moins facile de se laisser laver les pieds, car c’est terriblement engageant ! Pierre en sait quelque chose !

La Congrégation pour la Liturgie a ouvert sans le vouloir une porte en permettant un geste qui se pratique pourtant depuis longtemps : celui pour le célébrant de laver les pieds des femmes… tout en y mettant de sérieuses restrictions ! Mais passons…le Pape lui-même, ainsi que bien d’autres, a devancé cette Congrégation Romaine en faisant ce geste dans une prison de Rome.

Que tirer de cette « permission » déjà actualisée depuis longtemps ? Rappelons-nous que c’est à ses Apôtres que le Christ a lavé les pieds. Serions-nous sur le chemin d’une vraie reconnaissance du titre d’APÔTRE pour les femmes qui exercent une autorité dans l’Église ? Osera-t-elle aller plus loin en leur confiant des pouvoirs jusqu’ici réservés à des hommes ? Je n’aborderai pas ici la question trop controversée du sacerdoce.

Mais dites-moi ? L’autorité confiée par Jésus à Pierre et aux Apôtres ne pourrait-elle pas être aussi exercée au plus haut niveau de l’Église en partenariat avec des femmes sans les mettre sous la « tutelle » des hommes ? Je crois deviner que notre Pape François - et bien d’autres avec lui - s’y emploie mais la tâche est rude !

Peut-être qu’un jour des femmes pourront elles aussi laver les pieds dans la liturgie du Jeudi Saint comme elles le font si souvent auprès des malades et des petits !

Leur titre d’Apôtres devrait pouvoir le leur permettre. Cela signifierait alors que leur autorité dans l’Église est reconnue à son juste titre et à son juste niveau. L’Église aurait fait un grand pas. Je rêve… mais permettez-moi de rêver encore avant de partir !

Et ma conclusion sera celle d’une femme : Thérèse d’Avila.

"Lorsque vous êtes passé sur la terre, vous n’avez point, ô Seigneur de mon âme, abhorré les femmes... Et vous avez trouvé en elles autant de foi et plus d’amour que chez les hommes...

Quand je regarde l’époque à laquelle nous vivons, je ne trouve pas du tout juste que l’on dédaigne des cœurs vertueux et courageux pour le seul fait qu’ils se rencontrent chez des femmes".

(Thérèse d’Avila. C.3, 7.)
 
+ Claude, votre frère évêque.

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