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Notes de Lectures

Jésus pour le 21ème siècle – J. Spong

Résumé de la pensée de Mgr Spong
mardi 1er novembre 2016 par Pierre Bastin

[marron]John Spong est un évêque anglican des Etats Unis.
Ce résumé de son livre « Jésus pour le 21ème siècle » (Karthala) débute par un paragraphe de la fin du livre qui, à mon sens, permet de mieux saisir sa pensée
Pour que le lecteur s’y retrouve en lisant l’ouvrage, j’ai inséré les numéros des pages auxquelles je me réfère.
[/marron]

[bleu marine]« Je n’ai pas envie d’exercer une respiration artificielle à des symboles mourants ! »[/bleu marine]

Je ne peux pas me taire plus longtemps. La société séculière s’est fortement développée. Or la communauté chrétienne, catholique autant que protestante, est aujourd’hui en position défensive et plus isolée que jamais. Aujourd’hui, il s’agit de ne pas se démener dans des combats d‘arrière-garde ... comme revitaliser des dogmes ... ! Dans l’assaut des découvertes scientifiques de notre époque l’Eglise y perdra. Ne rien changer mènera à la mort du christianisme... Il faut qu’un christianisme neuf puisse croitre.

On a trop ignoré la personnalité juive de cet homme de Nazareth. Car, en fait, Dieu a été ressenti et rencontré dans l’humanité de cet homme Jésus. La jeune Eglise qui lui a succédé, a été un mouvement au sein de la vie de la synagogue. Elle ne s’en sépara que vers 80 par l’apparition des « évangiles écrits ». Jean, lui, écrira au-delà de cette rupture.

[marron] § - 1 Dieu et l’Histoire du Cosmos -[/marron] Spong p.231

[bleu marine]L’apparition des humanoïdes[/bleu marine] (p. 235)

Il y a environ deux millions d’années au cours de l’évolution, apparaissent des vivants capables de fabriquer des outils. Avec le temps, ces vivants atteignent le niveau de la conscience : conscience de soi et capacité de communiquer avec des mots.

Un aspect de cette conscience de soi a comporté un paradoxe fondamental : ces vivants ont besoin de la nature pour vivre et en même temps ils la craignent. Ils se rendent compte qu’ils n’arrivent pas à maîtriser cette nature dont ils dépendent pour vivre : la maladie et la mort, la pluie et la foudre ... sont des réalités effrayantes qui leur échappent. Ils vivent dans une angoisse fondamentale. Comment vivre cette réalité qui est la leur ?

Les humains se mirent alors à attribuer des noms aux forces auxquelles ils étaient soumis. Le terme souvent utilisé fut « esprits » : invisibles, mystérieux mais puissants dont les pouvoirs se manifestaient sous leurs yeux. Pouvaient-ils se mettre en rapport avec ces esprits, gagner leurs faveurs et obtenir leur protection ? Si tout venait ainsi du ciel, pouvaient-ils y faire quelque chose ?

C’est ainsi qu’avec le temps, cette conception du monde fournit l’ossature de religions ! Une des premières formes en fut « l’animisme » ou croyance que ces esprits régnaient sur leur vie. Il fallait chercher à leur plaire, à éviter de les mettre en colère et à se les rendre favorables. Des dieux naissaient dans leur conscience, des dieux extérieurs à leur vie mais dont la puissance « surnaturelle » régnait sur leur vie. Un théisme est ainsi né.

[bleu marine]En fait, plusieurs théismes sont nés.[/bleu marine]
On attribua aux forces d’en-haut des caractéristiques de type humain à l’image de ce qui se passe dans le monde des humains, relations de type familial, jalousie, querelles, bienveillance parfois. Au cours des siècles, dans certains peuples, cette conception s’est affinée comme le fait d’attribuer la totalité du monde à un Dieu unique, universel, superpuissant, régnant sur le monde des humains. Capable donc de favoriser certains éléments, de bénir, de détruire ! Des systèmes religieux se sont alors formés, comportant des cultes pour permettre d’être du côté des bénéficiaires et des codes de bonne conduite en harmonie avec ce Dieu. De ces convictions ont suivi des certitudes, des vérités jusqu’à se prétendre des « révélations » provenant de Dieu et donc une infaillibilité.

Cette conviction de posséder la vérité absolue est parvenue à maîtriser l’angoisse. Cette maîtrise de l’angoisse, assure une sécurité fondamentale et entretient la conviction d’échapper au possible « courroux divin », d’assurer le salut de son âme ... jusqu’à se demander, en cas d’épreuve, ce qu’on a pu faire à Dieu pour mériter cela.

[bleu marine]Jésus a été empreint de cette vision.[/bleu marine] Il n’a pas pu échapper totalement à ce théisme omniprésent dans la culture juive. L’Evangile nous relate qu’il s’est parfois exprimé en ce sens : « Tout ce que vous demanderez ... » et « Père, éloigne de moi ce calice ... » !

[bleu marine]Pour les premiers chrétiens,[/bleu marine] il était normal de prolonger cette culture théiste dans laquelle ils baignaient. Ils trouvaient normal de croire à des interventions divines dans le monde humain : une naissance virginale, un Dieu qui se vêtit de chair humaine et vint parmi nous. Il devenait normal de réaliser des prouesses que seul Dieu pouvait réaliser : marcher sur les eaux, ressusciter des morts, etc.

[bleu marine]Aujourd’hui,[/bleu marine] nous n’attribuons plus les tsunamis ni les typhons à l’intervention d’un Dieu voulant punir les humains. Nous n’interprétons plus les maladies comme des punitions et nous ne croyons plus que Dieu punira nos ennemis ou défendra notre cause lors d’une guerre. (244)

Cependant les images théistes continuent à être utilisées. Bien qu’elles aient de moins en moins d’impact culturel dans la liturgie ou dans les sermons. Plusieurs craignent que si le théisme était aboli, il ne resterait plus grand-chose. De nombreuses formes religieuses ne sont que des manifestations cultuelles de la peur du néant. Ce théisme a maintenu l’humanité à ce stade infantile. Il a été destructeur.

Une compréhension théiste de Dieu (croyance en un Dieu qui intervient dans le monde) est encore toujours très vivante : elle rassure et donne un sens à la vie et permet de donner des réponses. Cependant le théisme n’est qu’une définition humaine de ce qu’est Dieu.

Des chrétiens de plus en plus nombreux seraient cependant ouverts à progresser au-delà des schémas théistes surannés et de trouver une nouvelle façon de parler de Dieu. Mais on ne quitte pas sa zone de sécurité tant que quelque chose de puissant ne les y force. Est-il possible de s’en débarrasser ? Est-il possible d’ôter le concept théiste de Dieu de notre compréhension de Dieu ? Pouvons-nous alors être encore des chrétiens ?

C’est possible.

[marron]§ 2 – Séparer l’homme Jésus du mythe[/marron]

Il n’y avait pas d’étoile au-dessus de Bethléem - Les parents de Jésus sont des portraits de fiction et Marie et Joseph, chez Matthieu, Marc et surtout Luc ... ! (p.54) Les Miracles sont-ils une partie essentielle des Evangiles ? Les guérisons ? Jésus n’a pas ressuscité des morts : ni la fille de Jaïre ni Lazare (p. 109).

Avant la rédaction des Evangiles, le souvenir de Jésus a été modelé par une célébration du rituel juif, le Yom Kippour, le jour du grand pardon, de l’expiation. Dans cette perspective du Kippour, les péchés étaient reportés sur le bouc émissaire. Ce qui a fait dire à Paul : « Cet agneau est mort pour nos péchés. »

Marc reprend alors le ps 22 et Is 53 (« Le serviteur qui donne sa vie pour son peuple ») – L’agneau pascal a donné du sang qu’on a teinté sur les montants des maisons (Exode) et l’agneau de Dieu qui a versé son sang pour « la multitude ».

Marc avait fait coïncider la crucifixion de Jésus avec la Paque juive. Il a tenté d’expliquer l’assertion de Paul (40 ans avant la rédaction de son Evangile) : « Il est mort pour nos péchés » et « Selon les Ecritures », et « il a donné sa vie en rançon » pour décrire comment Jésus mourut. Cette narration de la Croix résulte-t-elle de l’histoire mémorisée de témoins oculaires ou serait-elle composée bien plus tard en conformité avec le besoin liturgique de célébrer la Paque nouvelle ? Les détails de la mort de Jésus seraient-ils fondés sur une interprétation plutôt que sur les faits ? La narration principale de l’histoire de notre foi donne l’impression qu’elle est de nature ‘interprétative’ plus que de nature historique ... pour des raisons de célébration liturgique. Ce récit fondateur a été raconté de la sorte comme les narrations de l’Exode. (p.116).

Dès que Jésus a été identifié à l’agneau de Pâque, il devenait inévitable qu’il soit identifié à un autre agneau. Sa mort est porteuse d’un but sacrificiel. Une nouvelle perspective s’ouvre aux disciples qui éclairait leur rapport à Jésus. Paul a fait ce lien : « Il est mort pour nos péchés ». Paul le dit maintes fois : Rom 3,25 et Ps 32,1 ; et ensuite Isaïe 59,29, etc.

Paul a peut-être été à la source de ce lien avec la crucifixion. Alors ensuite Marc 10,45, « Il a donné sa vie en rançon pour la multitude. » Pour Jean, cette révélation est acquise. La notion de l’expiation commençait à dominer la conscience religieuse. Jésus meurt pour le salut de tous.

Jésus s’est vu abandonné. Le fait est assuré. Un élan puissant et le courage de reprendre à leur compte la cause de Jésus face aux persécutions et au martyre a fait penser que « La mort ne peut le contenir » et « Nous avons vu le Seigneur » ! Ils ne voient dès lors plus Jésus comme distinct de Dieu. Il était devenu pour eux la face humaine de Dieu. Ils se mirent à décrire cette expérience qui les avait transformés. (133)

Il n’y a pas d’anges ... et Jésus n’émerge pas d’une tombe sous une forme physique. Ces contes interprétatifs ont été utilisés dans des explications humaines chez des auteurs alors incapables de communiquer dans un langage historique. C’est le langage d’une expérience intérieure qui transformé leur vie. Ces histoires nécessitaient un langage symbolique pour les relancer. C’est en cela que consiste le langage de la liturgie de l’époque jusqu’à aujourd’hui. (139)


[marron]§ 3 - Recherche d’un portrait original de Jésus[/marron] (p.149)

Je découvre une liberté vivifiante à reconnaître que la naissance virginale n’a rien à voir avec la biologie, que les miracles du NT ne sont pas à confondre avec une intervention surnaturelle, que la résurrection n’a rien en commun avec une résurrection physique et que la croyance en la divinité de Jésus ne peut être identifiée à l’invasion d’une déité externe dans le monde humain ...

[bleu marine] La tradition orale a transmis la mémoire de Jésus[/bleu marine] (155)
Jésus s’est vu abandonné. Le fait est assuré. Un élan puissant et le courage de reprendre à leur compte la cause de Jésus face aux persécutions et au martyre a fait penser que « La mort ne peut le contenir » et « Nous avons vu le Seigneur » ! Ils ne voient dès lors plus Jésus comme distinct de Dieu. Il était devenu pour eux la face humaine de Dieu. Ils se mirent à décrire cette expérience qui les avait transformés. (133)

Il n’y a pas d’anges ... et Jésus n’émerge pas d’une tombe sous une forme physique. Ces contes interprétatifs ont été utilisés dans des explications humaines chez des auteurs alors incapables de communiquer dans un langage historique. C’est le langage d’une expérience intérieure qui transformé leur vie. Ces histoires nécessitaient un langage symbolique pour les relancer. C’est en cela que consiste le langage de la liturgie. (139)

[bleu marine]Sa mort a été comprise comme la nouvelle Pâque.[/bleu marine]
Les évangiles ne furent pas écrits pour enregistrer les détails de la vie de Jésus mais pour interpréter son expérience.

L’indice final suggérant la connexion entre la Pâque et la crucifixion est devenue plus liturgique qu’historique. Marc avait composé une histoire constituée de 8 tranches de trois heures chacune – (ch. 9 p. 113). Cette histoire ne se présente pas comme le compte-rendu d’un témoin oculaire mais plutôt comme l’accomplissement d’images messianiques extraites du Ps 22 et d’Isaïe 53.

Le raccourci liturgique - jeudi soir, vendredi saint et veillée pascale - est comme une mise au point pour se souvenir de ce qui s’était passé et permet de méditer sur la mort de Jésus, tel l’agneau pascal qui brisa le pouvoir de la mort. Cette décision d’interprétation a été prise avant que le 1er Evangile ne fut écrit. (171)

  On peut imaginer un prédicateur de l’époque dire : « Jésus et l’agneau pascal furent tous deux sacrifiés. Le sang de l’un fut étendu sur les montants des foyers juifs, le sang de l’autre s’écoula sur une croix suspendue entre ciel et terre qui tenait de linteau de porte pour le monde. Le sang de chacun avait le pouvoir de bannir la mort. »

[bleu marine]Jésus le Fils de l’homme ?[/bleu marine] (p.188)

Jésus se présente maintes fois sous le titre de « Fils de l’homme ». Il demande même à l’aveugle-né : « Crois-tu au Fils de l’homme ... » ? Il reprend cette appellation face au grand prêtre lors de son jugement. Il signifie par-là l’homme complet, l’homme réussi selon le projet de Dieu (le « ben adam ».)

Il donne encore de lui cette double image de « serviteur » et de « berger ». Renonçant à toute volonté de puissance, il se situe comme le serviteur souffrant qui est du côté de Dieu, souffrant par procuration pour les autres ... Is 53 et Za 9,9 et le jour des rameaux : « humble monté sur un âne »

Jésus, est donc un homme pour toutes les saisons juives – (209) Il a réellement vécu mais il a été raconté selon le cadre de pensée foré par les rituels saisonniers juifs. (209 – 229)


[marron]§ 4 - Quel est le Dieu rencontré en Jésus ? [/marron] (229)

Jésus était un être humain bien réel du 1er siècle de notre ère.

A notre époque, les découvertes récentes ont rendu le concept traditionnel de Dieu obsolète : le Dieu dans la conception théiste, qui serait « un être situé là-haut, pouvant, s’il le souhaite intervenir dans notre monde et répondre aux prières ou punir selon sa divine volonté et de nos prières ».

Je ne peux définir mon expérience en Dieu dans les limites d’une définition théiste.

Quand je dis que Dieu est en Christ, je vais au-delà. Cela nous ramène à l’aube de la conscience de soi des êtres humains. (Aux premiers siècles de la naissance d’une humanité). C’est pourquoi cette conscience a grandi. Une fois plus élaborée, elle a gardé une telle emprise jusqu’à aujourd’hui. D’autant plus qu’elle met en relief les besoins humains. Quand un groupe crut avoir rencontré Dieu dans la vie de Jésus (au 1er siècle), ils virent le théisme comme présent en Jésus. Un Dieu théiste se vit revêtir de chair humaine et vint parmi nous. Ce Jésus pouvait accomplir tout ce que Dieu pouvait faire puisqu’il était Dieu sous une forme humaine : calmer les tempêtes, marcher sur les eaux, ressusciter des morts ... ! Cela a permis de forger des histoires de type miraculeux : marcher sur les eaux, ressusciter des morts, etc.

Le théisme a toujours essayé de donner du sens à la vie, à répondre à nos questions et à nos angoisses. Mais avec le temps certains se sont rendus compte que [bleu]l’apparition de Jésus a changé profondément les processus[/bleu] : il oriente dans des directions nouvelles, révolutionnaires évidemment, et fait voler en éclats le langage théiste. Un langage neuf, non religieux apparaît. En route ... cherchons  !

« Je suis venu pour que les hommes aient la vie ... en abondance ...en plénitude » ! (Jn 10,10). Telle est la quintessence du Christianisme.

En Occident, la culture même chez les croyants, s’est transféré nettement du christianisme institutionnel vers un humanisme montant. De gigantesques transformations de prises de conscience ont lieu là où le christianisme recule ? (ex : la situation de la femme, la déclaration des Droits de l’Homme : « tous sont égaux en droit et en dignité, ... »). Malheureusement un souci de garder son pouvoir a perduré dans les institutions ecclésiastiques qui n’en n’ont que très peu tenu compte.

Aujourd’hui encore, les préjugés culturels (tel que l’esclavage) restent plus durement ancrés chez ceux qui ont des références religieuses.

« Seigneur prend pitié ! » ... Notre méchanceté est continuellement mise en avant. Le christianisme qu’on nous a donné, suppose continuellement la corruption et la dépravation de la nature humaine. La grâce devrait-elle passer par un dénigrement de notre humanité ?

Le dieu théiste qui trônerait et tiendrait un livre de comptes n’est plus crédible. Ce dieu théiste est immoral. Malgré cela, les Eglises dépensent encore tellement d’énergie à des objectifs qui favoriseraient leur autorité.

Les haines tribales ont toujours eu tendance à diminuer l’humanité de leurs victimes (258).

Ressusciter avec Jésus, c’est dépasser la distance : juif et gentil – « De toutes les nations faites des disciples. Vous serez mes témoins » (Actes 1,8.) Alors, il s’agit d’un Dieu ouvert à l’Amour.(270) Vis-à-vis des préjugés ...Dépréciation des « autres » races ou groupe humains : Jésus réhabilite le bon Samaritain (Luc 10) ainsi que celui qui fut le seul à remercier d’avoir été guéri (Luc 17) et (Jn 4).


[marron]§ 5 - C’est dans l’humain que nous pouvons faire l’expérience du divin.[/marron] (283)

Nous ne devrions pas permettre que ce Jésus-là soit captif des images que l’Eglise a construite, images d’un Dieu extérieur à notre monde, d’un dieu théiste venu à l’aide d’un monde déchu, de pécheurs perdus.[bleu] Le salut est plutôt le fait d’être appelé à la plénitude de notre humanité,[/bleu] le fait de célébrer l’unité avec soi-même et avec Dieu. C’est pour cela que la conception de Jésus comme l’incarnation d’une déité céleste, ne peut pas être le sens ultime de « l’expérience de Jésus ». Le salut réside dans un Jésus pleinement humain qui nous révèle ce que peut être la vie humaine : une existence débarrassée des barrières tribales, libérée des préjugés sexuels, raciaux ou religieux et aussi de la peur. Quand des gens accèderont à ces promesses, ils feront, me semble-t-il l’expérience de la réalité de Dieu. (283)

Le portrait de Jésus se dévoile le mieux chez St Jean. Mais ce Jésus divin resterait caché si nous interprétions l’Evangile de Jean comme un Dieu nous arrivant des cieux, un Jésus qui viendrait nous envahir, un dieu qui aurait temporairement emprunté la forme humaine. Ce n’est pas par le truchement du divin que nous pouvons expérimenter l’humain : c’est dans l’humain que nous pouvons faire l’expérience du divin.

  « Comme le Père possède la vie en Lui, ainsi a-t-il donné au Fils de posséder la vie en lui- même » (Jn 5,26)
« Si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père » Jn 8,19.
« Celui qui me voit, voit aussi celui qui m’a envoyé » Jn 12,45.
« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés » Jn 15,19
.

Là, Jésus représente Dieu : c’est la vie humaine de Jésus qui me rend capable de voir Dieu comme la profondeur même du sens de la vie de Jésus. C’est ce que Paul appelle « la nouvelle création ».

[bleu marine]Jésus a même brisé les frontières religieuses[/bleu marine] (p.287)

Les systèmes religieux n’ont pas pour objectif la recherche de la vérité mais répondent à la recherche humaine de sécurité. Jésus brise les barrières religieuses en invitant à pénétrer dans une humanité nouvelle, imprégnée de Dieu mais pleinement humaine. Il vivait avec entrain et enthousiasme.

Exemple : l’épisode de la femme adultère ... Il place l’humain avant la loi religieuse. - « Le sabbat est fait pour l’homme... » et non pour satisfaire un Dieu surnaturel. Le rêve de Pierre (Actes 10) vient confirmer la prise de position de Jésus : « N’appelle pas impur ce que j’appelle pur ... » !

A chaque génération, ses adeptes n’ont jamais fini de lutter.

Bonhoeffer parle d’un christianisme non-religieux ; longtemps un Dieu théiste nous a caché le Dieu de la vie, un Dieu qui émerge au cœur de l’humanité. Voilà le sens véritable de l’expérience de Jésus. Il n’était pas un être divin parce qu’il était un homme en qui le Dieu extérieur serait entré. Il est divin parce que son humanité était tellement développée que la signification de Dieu pouvait se découvrir en Lui. Il est un être pleinement humain l’expression ultime de Dieu.


[marron]§ 6 - La croix, un portrait humain de l’amour de Dieu[/marron] (300)

Il est nécessaire de regarder Jésus avec un regard neuf.

D’ailleurs « Chercher Dieu » fait partie intégrante de ce que signifie « être humain ». La totalité du drame a culminé à la croix. Pour Jésus chaque être humain semblait posséder le potentiel de devenir un être épanoui, investi d’une valeur sans limite. Il accueille une femme reconnue comme pécheresse et un homme qui collectait les impôts, il guérit un jour de sabbat, etc. ...Tant d’actions qui attiraient l’attention et forçaient à remodeler les systèmes de valeur. Tous ces thèmes semblent se retrouver réunis dans la réalité de sa crucifixion.

Et longtemps après la crucifixion cette mort a été comparée à celle de l’agneau pascal. Le pouvoir de la mort est alors brisé.

Nous sommes incapables de dire ce qu’est Dieu. Nous ne pouvons parler de lui qu’à partir de nos réalités humaines. Les insectes ne peuvent pas sentir ni exprimer ce que c’est que d’être un humain. L’homme pourrait-il alors savoir ou sentir ce qu’est Dieu ? Mon expérience humaine est plus vaste que ce que je puis concevoir. Mais je suis capable d’aller au-delà des limites de ma conscience humaine, de goûter quelque chose d’une bonté qui me dépasse, une douceur aussi en nous et dans un « au-delà » de nous. Je fais l’expérience de l’amour, mais je ne puis épuiser cette connaissance ! Nous n’entrons dans le divin que lorsque nous devenons libres de nous offrir nous-mêmes à autrui. Non pas en spéculant sur Dieu mais en vivant à partir de ce que Dieu est. Regardons la plénitude de Jésus et voyons-y la présence du divin.

J’ai cherché à comprendre Jésus comme quelqu‘un qui rompt les barrières, qui incite les gens à sortir des enceintes de leurs systèmes de sécurité. Il fut un être conscient de la peur qui étouffe l’humanité ; car celle-ci érige des barrières protectrices et pour cela crée des préjugés bien définis. Emprunter la voie du Christ, signifie recevoir le pouvoir de marcher à l’extérieur et au-delà des systèmes humains de sécurité. Cela comprend un pouvoir de franchir les formes traditionnelles qui enchaînent l’humanité afin que nous puissions pénétrer dans le monde sans religion d’une humanité nouvelle. Cela signifie que nous cessions de chercher une divinité extérieure dans ce qu’il y a de plus profond dans ce que cela signifie « être humain ».

Nous n’entrons dans le divin que lorsque nous devenons libres de nous offrir nous-mêmes à autrui. Cela signifie ne plus spéculer sur qui est Dieu ou ce qu’est Dieu, mais agir et vivre à partir de ce que Dieu est. C’est-à-dire regarder la plénitude de Jésus et y voir la présence du divin.

Cette expérience de Dieu mène à la plénitude, à une nouvelle création, à une nouvelle humanité et à une nouvelle façon de vivre. (308)

Les Evangiles apparaissent comme des documents faits sur mesure pour des besoins liturgiques. Mais ils représentent un souvenir de Jésus stupéfiant. Les autorités veulent le rabaisser définitivement mais la religion n’a réussi qu’à faire de Lui une [bleu]pierre angulaire[/bleu]. Jésus met en question les frontières religieuses de son époque càd les règles de la tradition juive. Il suggère qu’elles se bornent à enchainer les humains et ne nous rend pas libres. Les règles imposées pas la religion doivent être transcendées : Dieu ne se trouve pas dans le pouvoir mais dans la faiblesse. Jésus le dit par toute sa vie. Et c’est ce que la croix et son signe l’eucharistie nous dit : se souvenir de Lui.

Jésus est renié, abandonné, et en croix, il ira même jusqu’à aimer ses exécuteurs : l’hostilité, le rejet, l’abus et la mort, rien n’a réussi à réduire son humanité. Il s’est même libéré de la mentalité, d’un instinct de survie.

La croix n’est pas ici un lieu de torture et de mort : c’est le portrait de l’amour de Dieu qui peut être aperçu quand on peut offrir ce qu’on est et ce qu’on a. L’appel de Jésus n’est pas un appel à être religieux, à s’échapper du traumatisme de la vie, à trouver sa sécurité. C’est un appel à être pleinement humain, à étreindre l’insécurité sans chercher des barrières protectrices, à accepter l’absence de tranquillité de l’esprit en guise d’exigence humaine. Il insiste à voir que Dieu est l’expérience de l’amour, de la vie, de l’être qui est atteint à l’orée d’une humanité épanouie.

La religion chrétienne est mourante : elle est la victime d’une vision du monde considérablement agrandie. L’expérience de Dieu en Jésus sur laquelle le christianisme a été construit, se lève comme une aube nouvelle et créera en son temps des formes grâce auxquelles cette nouvelle vision pourra vivre. Quand Jésus sera libéré de la prison de la religion, une renaissance deviendra possible. Jésus pour les non-religieux commence à apparaître. (313)

  Repris de la « Libre Pensée Chrétienne » -

« Dans mon effort pour reconstruire et recréer l’expérience de la prière, j’ai commencé par affirmer qu’il y a au fond de moi et, je suppose, au fond de chacun de chacun quelque chose qui a besoin de communier à la source de vie. C’est comme un centre mystique de vie qu’on ne peut décrire ni démentir. C’est quelque chose qui est au-delà de moi, mais qui cherche toujours à me rencontrer dans les profondeurs de mon être. C’est une présence qui m’invite à la plénitude. C’est quelque chose de puissant qui se heurte à ma conscience et semble l’inviter au-delà des frontières de ma sécurité et même au-delà des frontières de mon humanité. C’est quelque chose qui m‘invite à la solidarité et à l’amour des autres. Je dis « TU » à cette présence, non parce que c’est un être personnel mais parce qu’elle semble toujours m’appeler à une plus profonde individualité. »

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