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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°25 Breuklijnen

Juillet - Juli 2009
jeudi 16 juillet 2009 par J.V.

 « CARITAS IN VERITATE », TROISIÈME ENCYCLIQUE DE BENOÎT XVI

La crise financière est venue donner une forte actualité à la troisième encyclique de ce pontificat qui, actualisant la doctrine sociale de 1’Eglise dans un contexte de mondialisation, critique les fondements mêmes du système économique international actuel.

« Aujourd’hui, nous le voyons bien avec la faillite des grandes banques : l’argent disparaît ; il n’est rien. » En octobre dernier, ce commentaire abrupt de Benoît XVI sur la crise financière, devant le Synode des évêques, avait surpris. /…/ Derrière la critique d’un système bâti sur « le succès, sur la carrière, sur l’argent », il explicitait clairement la nécessité de revenir « à la réalité des valeurs », à un changement radical de notre attitude non seulement d’homo oeconomicus, mais d’homme tout court.

Le ton de la troisième encyclique, Caritas in veritate (L’amour dans la vérité), trois ans après Deus caritas est et un an après Spe salvi , est ainsi donné. Il s’agit, expliquait Benoît XVI le 13 juin dernier, « de mettre en évidence quels sont pour nous, chrétiens, les objectifs à poursuivre et les valeurs à défendre inlassablement, afin de parvenir à une société humaine vraiment libre et solidaire ».

Cette encyclique - 140 pages dans le petit format des documents romains - n’a cependant guère à voir avec les deux précédentes. Non seulement parce qu’elle touche au social, quand les autres abordaient les vertus théologales. Mais aussi parce qu’elle constitue moins une oeuvre personnelle de Benoît XVI que les deux précédentes et davantage, comme c’est souvent le cas pour les encycliques, le résultat d’un travail auquel diverses instances de l’Église ont collaboré.

Extrêmement exigeant sur le fond

Il serait cependant faux d’en déduire que le pape ne s’y est pas fortement impliqué. Au contraire, il a relu et annoté chaque passage de sa petite écriture fine de professeur. Il s’est montré extrêmement exigeant sur le fond. Voilà deux ans, en effet, que l’on annonce régulièrement cette encyclique qui devait sortir pour les 40 ans de Populorum progressio (Paul VI, 1967) et aborder, pour la première fois de la part du Magistère de l’Eglise, le thème de la mondialisation. Mais Benoît XVI a renvoyé par quatre fois le manuscrit, jugé peu précis.

Surtout, le pape a vite compris que la crise économique était venue bouleverser la donne, donnant à ce texte une importance toute particulière et appelant un soin redoublé. Ce qui devait être une réflexion sur la mondialisation devait désormais prendre en compte un contexte financier en désagrégation et des économies nationales asphyxiées.

Une note, signée de la Secrétairerie d’État pour la conférence de Doha en 2008, pose la toile de fond : crise des souverainetés nationales, nécessité de repenser les mécanismes de régulation au niveau international (un nouveau « Bretton Woods »), injustice profonde d’un système où les pays pauvres financent la croissance des pays riches et en fournissent la main-d’oeuvre, inanité d’institutions bancaires confondant les moyens et les fins.

La crise, une opportunité pour rappeler la doctrine sociale

La crise a profondément remis en cause les mécanismes mêmes du libéralisme mondial. Elle constitue ainsi, pour l’Église, une belle opportunité pour rappeler les fondements de la doctrine sociale et les appliquer à la globalisation. /…/

Toutes les grandes encycliques de doctrine sociale sont ainsi intervenues à des étapes décisives du développement économique : Rerum novarum (Léon XIII, 1891) en plein essor du capitalisme industriel, Quadragesimo anno (Pie XI, 1931) avec la Grande Dépression, Populorum progressio (Paul VI, 1967), la décolonisation et la problématique du tiers monde, Centesimus annus (Jean-Paul II, 1991), la fin du communisme.

Soucieux de crédibilité, le pape a beaucoup consulté : le Conseil pontifical Justice et Paix pour le matériel de base, des économistes italiens, comme Stefano Zaragni, spécialiste d’économie sociale, ou le banquier Ettore Gotti Tedeschi, gouverneur de la Banque d’Italie. Surtout, Benoît XVI a travaillé avec des experts allemands de la doctrine sociale, comme Mgr Reinhard Marx, archevêque de Munich, ou son ancien collègue d’université le philosophe Ernst Wolfgang Böckenförde, l’un des critiques actuels les plus pertinents du libéralisme.

La pensée économique du pape est d’ailleurs profondément influencée par cette méfiance de la philosophie allemande hégélienne à l’encontre du libéralisme et du capitalisme. En 1985, dans une conférence intitulée « Eglise et économie, responsabilité pour le futur de l’économie mondiale » , le cardinal Joseph Ratzinger s’en prenait à la vision d’Adam Smith (confiance en la liberté totale des acteurs du marché) et affirmait la nécessité de s’attaquer aux fondements mêmes du système économique, citant Peter Koslowski « L’économie n’est pas seulement un réseau de lois économiques, mais doit être au service de l’homme. »

Plus proche de Paul VI que de Jean-Paul II

Enfin, le pape se veut aussi fidèle à l’« humanisme intégral » inspiré par Jacques Maritain à Paul VI, notamment quand celui-ci mit en avant l’idée de « développement intégral », consistant à « promouvoir tout homme et tout l’homme » (Populorum progressio, n° 14). Benoît XVI a placé explicitement l’encyclique Caritas in veritate dans cet héritage, se sentant sans doute plus proche, de ce point de vue, de Paul VI que de Jean-Paul Il.

De même, Benoît XVI en appelle à une conversion radicale de l’homme : il part des fondements de l’agir humain, à savoir l’Amour éclairé par la Vérité, selon les termes de la Première Lettre de saint Paul aux Corinthiens (chap. 13).

Sans amour dans la vérité, sans réhabilitation du don, le don gratuit de l’amour, il n’y a pas de vraie responsabilité sociale, et le monde court le risque d’une désagrégation. A partir de là, l’encyclique peut décliner les conséquences pour les différents acteurs, responsables politiques, les syndicalistes, et aussi pour la gouvernance mondiale.

Isabelle DE GAULMYN dans La Croix du 8 juillet 2009

 « LIEFDE IN WAARHEID » ONVOLLEDIG ZONDER « LIEFDE IN GEWELDLOOSHEID »

Ik heb met belangstelling de nieuwe encycliek « Caritas in veritate » gelezen. Daarbij had ik voor ogen wat deze encycliek kan betekenen voor Pax Christi en het Netwerk Rechtvaardigheid en Vrede waarin ik werkzaam ben. Bijzonder kostbaar is de nadruk die wordt gelegd op de band tussen geloof en rede en het begrip “integrale menselijke ontwikkeling”. Terecht zegt de paus dat er geen echte ontwikkeling mogelijk is zonder aandacht voor heel de mens en voor alle mensen.

Deze nieuwe encycliek is duidelijk een vervolg op de eerste encycliek “Deus caritas est - God is liefde” . Liefde noemt de paus de grootste gave van God aan de mens. Waarheid is dan de mogelijkheid om God te kennen als oorsprong van het leven en om alle mensen in liefde nabij te zijn. Deze gelovige visie wordt doorheen de ganse encycliek consequent toegepast op tal van domeinen van het menselijk samenleven. Paus Benedictus verwijst in hoofdstuk 1 naar de encycliek “Populorum Progressio” die aansloot op het Tweede Vaticaans Concilie. De paus stelt vast dat de wereldrijkdom sindsdien aanzienlijk is gegroeid, maar de ongelijkheden tussen de mensen tegelijk onrustwekkend zijn toegenomen. Over het principe van de markt, het huidig economisch en financieel systeem, en de steeds groeiende technologische mogelijkheden wordt eerst kritisch zakelijk gesproken, gevolgd door een duidelijke oproep tot correctie vanuit de roeping van de mens en de eisen van een universele broederlijke liefde.

Behartigenswaardig zijn de paragrafen over de zorg voor het leefmilieu en de uitdagingen die hiermee samengaan (48 tot en met 52). Ook het hoofdstuk 5 over “de samenwerking van de menselijke familie” en het hoofdstuk 6 over “de ontwikkeling van de volkeren en de techniek” zijn nuttig en oriënterend om te verstaan wat bedoeld wordt met “de actieve kracht van de liefde in waarheid”.

Rond de strikte vredesproblematiek wordt spijtig genoeg weinig of niets gezegd. Een politiek wereldgezag - met een summiere verwijzing naar het statuut van de Verenigde Naties - is volgens de encycliek nodig, maar wordt ook niet uitgewerkt. De problematiek van geweld en het geweldloos leren omgaan met conflicten worden helemaal niet genoemd. “Liefde in waarheid” is nog niet zover. “Liefde in geweldloosheid” zal hopelijk het thema zijn van de volgende encycliek. Vooral geweldloze liefde vanuit het geloof in Christus kan in de wereld van vandaag geloofwaardig zijn.

Jo Hanssens, voorzitter Pax Christi Vlaanderen
Où trouver le texte de l’encyclique ?



 

En français, anglais, espagnol… sur le website du Vatican : www.vatican.va
L’édition en français est attendue en librairie (UOPC, par exemple) d’un jour à l’autre…

 

In het Nederlands zal men moeten wachten tot half augustus…


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