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L A V I G E R I E . be
Intervieuw : P. Fernand Mertens

Les aventures d’Akilimali

Famille Mission n°3 - 2009
vendredi 16 octobre 2009 par W. Trypsteen, M.Afr. , Webmaster
INTERVIEW
 

FERNAND MERTENS

Originaire d’Aarschot

 

67 ans.

Père Blanc

Ordonné prêtre en

1968.

  • Fernand, cela fait maintenant 41 ans que tu travailles au Congo « prêchant à temps et contre temps la bonne nouvelle ».
    Dans le concret, comment as-tu fait passer autour de toi ce message que Dieu est Père et qu’il nous aime en Jésus-Christ ?

Pas si simple que ça ! Au fil des années je me suis rendu compte de la force terrible qui s’oppose ici en Afrique à la vie chrétienne et aux valeurs évangéliques.

Par exemple, la sorcellerie est toujours bien vivante et les « sorciers » plus présents que jamais. Beaucoup de gens vivent dans la peur d’être ensorcelés. En cas de maladie ou de malheur quelconque on se soupçonne mutuellement, comment faire confiance aux autres ?

La mentalité africaine n’est pas comme la nôtre. Il faut des années pour commencer à la pénétrer un tout petit peu.
De même, sans connaissance approfondie de la langue du pays on ne peut travailler sérieusement.
Donc, le premier devoir de l’apôtre, c’est d’apprendre avec patience la langue et les coutumes de ses ouailles.
Ce qui m’a beaucoup aidé dans cette étude, ce sont toutes ces historiettes, contes, fables, proverbes et devinettes que j’ai enregistrés sur cassette…ensuite je transcrivais tout sur papier.
C’est d’ailleurs de ce travail qu’est né ce dictionnaire qui a été édité par le Musée Africain de Tervuren.
A partir de ces contes traditionnels et en les comparant aux paraboles de l’évangile, j’ai pu mettre en lumière les valeurs profondes qui animaient cette façon de vivre des Congolais.

C’était la route de l’évangile via la culture africaine…

  • Raconte-nous un peu comment tu t’y prenais dans le temps lorsque tu donnais tes premières leçons de catéchisme ?

Dans le temps, maintenant c’est un peu mieux, beaucoup de catéchumènes ne savaient ni lire ni écrire, alors je me suis mis à dessiner au tableau. Je mettais en images contes traditionnels et paraboles évangéliques. Par après, tous ces dessins et textes ont été rassemblés sous forme de bandes dessinées.

C’est ainsi qu’à vu le jour la série « AKILIMALI » du nom du héros de ces aventures en image. AKILI MALI, vient du proverbe Swahili « Akili ni mali ». (L’intelligence est un avoir).
Signifiant que les sots ont peu de chance de devenir riches, de se développer. Que l’avenir est aux malins et aux astucieux, à ceux qui prennent le temps d’apprendre ! Qu’avec la connaissance des choses on peut beaucoup…
Dans cette série de bandes dessinées, il y en a une sur le mariage, la sorcellerie (voir ci-contre) sur la violence, la justice et la paix…

Maintenant j’emploie un dessinateur Africain professionnel, un Hergé Congolais, il s’appelle Flavien Ntanganyampi.
Les jeunes aiment beaucoup les contes-fables.
Quand quelqu’un achète une bande dessinée, elle est partagée et commentée par une multitude d’autres, c’est la bonne nouvelle qui passe dans les foyers, les écoles…

  • Fernand quelqu’un m’a dit que là-bas où tu travailles les gens t’appellent « BWANA MIWANI », (Monsieur Lunettes). Explique –nous ça ?

Depuis belle lurette, il n’y a plus un bon opticien dans notre région. Beaucoup de gens ont besoin de verres pour lire et y voir clair dans la vie. Cela a commencé avec nos catéchistes. Comment voulez-vous que nos pauvres collaborateurs s’en sortent lorsqu’ils sont affligés par des problèmes de vue.

Il y a à peu près 15 ans je suis allé suivre des cours d’optique à l’école Stella Maris à Merksen où j’ai appris à manipuler les verres et les adapter. Après cela j’ai commencé à récolter des vielles lunettes…Depuis j’ai pu aider environ 1.700 personnes qui maintenant ont la joie de voir un peu mieux et de pouvoir lire. Voilà pourquoi on m’appelle « Monsieur Lunettes ».

Cette œuvre m’a permis de faire beaucoup de rencontres « surprises » et de créer des liens d’amitié qui sans ces MIWANI n’auraient jamais eu lieu. Grâce à ces « nouveaux yeux » mon chemin a croisé des musulmans, des protestants, des gens de ces nouvelles sectes que l’on voit un peu partout à l’heure actuelle…Bref ces lunettes ont été pour moi un fameux instrument d’œcuménisme.

  • Fernand dans quelques jours tu vas repartir à BUNIA. Qu’est-ce qui t’attend à ton arrivée là-bas ?

Je me rends de suite à L’I.S.R.( Institut des Sciences Religieuses) où Gérard Malherbe m’attend pour partir à son tour en congé. Nous formons des catéchistes et leurs épouses. Pour entrer dans notre école les futurs catéchistes doivent avoir leur diplôme d’humanités. On les forme à être les leaders laïcs de leurs communautés chrétiennes.

Leurs épouses les accompagnent et reçoivent une formation spéciale faite de cours de développement général, de Bible, soins des enfants, économie, cuisine, couture etc…

En enseignant à ces hommes et à ces femmes, nous préparons l’avenir de l’Eglise du Congo. Un tout beau boulot !

Avant de partir je dois encore aller acheter une bonne provision de cordes pour ma guitare, car ce travail d’enseignant, je ne le conçois pas sans les chants et la danse…En Afrique c’est essentiel.

  • Merci Fernand, merci de nous avoir partagé ta mission et ta joie. Bon voyage.
    Willy Trypsteen

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