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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°10 Breuklijnen

vendredi 29 février 2008 par J.V.

 30 janvier 1948 : assassinat du Mahatma Gandhi

Plusieurs commémorations ont eu lieu en Inde soixante ans après l’assassinat du Mahatma, le « père de la nation ».

Ter gelegenheid van de zestigste verjaardag van zijn overlijden zijn woensdag 30 januari stoffelijke asresten van de grote Indiase leider Mohandas « Mahatma » Gandhi in de Arabische Zee, voor de kust van de metropool Mumbai (Bombay), verstrooid. De as werd in zee gestrooid door Gandhi’s achterkleindochter Nilamben Parikh. De plechtigheid werd tevens bijgewoond door vijftien kinderen van Mahatma’s vier zonen en veel dignitarissen en functionarissen.

Assassiné le 30 janvier 1948 par un extrémiste hindou, celui qui prôna la désobéissance civile contre les Britanniques est encore considéré comme la conscience morale de la nation et bénéficie d’une aura intacte dans le pays. Des portraits de Gandhi, le visage souriant, s’affichent partout dans le pays, depuis les billets de roupies jusqu’aux peintures murales le long des routes.

Martin Luther King voyait en Gandhi l’un des plus grands hommes de tous les temps. « Il fut probablement le premier, dans toute l’histoire humaine, à élever l’éthique d’amour de Jésus, par-delà les rapports interindividuels, au rang d’une puissante force de transformation sociale, à grande échelle ».

Volgens King komt de geest van de actieve geweldloosheid van Jezus, maar Gandhi heeft er een strategie van gemaakt.

Op 28 januari werd in het Albertpark te Antwerpen een buste van Gandhi onthuld, op initiatief van de Indische gemeenschap in Antwerpen. De Antwerpse burgemeester Patrick Janssens wees erop dat de inwijding van de buste meer was dan een herdenking van de gewelddadige dood die Mahatma Gandhi is gestorven en het leven dat hij heeft geleefd. « Zijn boodschap is vandaag misschien nog veel belangrijker dan ooit tevoren, » aldus de Antwerpse burgemeester. « Het geweld in de wereld heeft immers ook een rechtstreekse impact op deze kosmopilitische stad met zijn verschillende culturen. »

Que signifie Gandhi pour nous aujourd’hui ? Blijft de invloed van Gandhi nog voelbaar ? Quelques éléments de réponse, glanés çà et là…

« Ceux qui s’accordent à encenser Gandhi pour sa grandeur morale récusent généralement sa qualité d’homme politique. Et pourtant, le leader indien recèle de multiples facettes : le Mahatma ou la »grande âme« (Tagore), le »fakir séditieux à demi nu« (Churchill), le »pèlerin en quête de vérité« (Nehru), le »pur héros« (Lanza del Vasto) ou le »stratège politique« . Jamais homme ne suscita de jugements si diamétralement opposés. La clé de ce personnage complexe est sans doute donnée par Nehru dans son livre Ma vie et mes prisons. Il montre que la vérité de cet homme hors normes se dérobe toujours à l’analyse, mais les faits sont là, cinquante ans après sa mort, son message de non-violence est toujours vivant, la dynamique de libération des oppressions diverses qu’il soulève çà et là encore dans le monde permet de croire en l’avenir de l’humanité. »Dans les jours qui ont suivi sa mort, Jean Guéhenno se livrait ainsi dans Le Figaro littéraire du 7 février 1948, à propos de cet extraordinaire personnage : « Parce qu’une fois de plus il s’était offert à mourir pour que les hommes cessent de s’entre-tuer, parce qu’il ne voulait pas qu’on tue, un homme l’a tué pour rétablir en quelque sorte pour tous les hommes le droit de tuer tous les hommes. Gandhi est mort. Ce petit homme débile faisait obstacle à tous les fanatiques, à tous les assassins. /…/ »En définitive, on peut se demander si Gandhi fut « le politicien le plus saint ou le saint le plus politicien ». Quoi qu’il en soit, unanimement reconnu et estimé de par le monde encore aujourd’hui, ce petit homme a tracé pour des générations une voie de conduite personnelle, politique et sociale non violente qui a influencé bon nombre de personnalités politiques et religieuses, de mouvements et d’individus à l’Ouest comme à l’Est, au Nord comme au Sud."

Voilà ce qu’écrit Marie-Pierre Bovy, membre des Communautés de l’Arche de Lanza del Vasto, dans l’introduction à l’ouvrage collectif, publié sous sa direction « Gandhi, l’héritage », Siloë, 2001.

Jean-Marie Muller, écrivain et philosophe, activiste non-violent et directeur des études à l’Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits, a publié plusieurs livres sur la non-violence ainsi que sur Gandhi. Où réside d’après lui l’actualité de Gandhi ? Son texte, écrit en 1997 n’a rien perdu de sa pertinence. Jugez-en par vous-mêmes. Je me suis permis de mettre certains mots en caractères gras…

« En cette fin du XX° siècle, le moment n’est-il pas venu de prendre conscience avec Gandhi que »la violence est un suicide«  ? Chaque jour, la violence apporte la preuve qu’elle est parfaitement incapable de construire l’histoire. Elle ne peut que la détruire. En ce sens, c’est bien la violence, et non la non-violence, qui est une »utopie« . Selon sa signification étymologique, le mot u-topie désigne ce qui n’existe en aucun lieu. Or, précisément, si la violence existe partout, en aucun lieu elle n’atteint la fin qui prétend la justifier, jamais, nulle part, elle ne réalise la justice entre les hommes, jamais, à aucun moment, elle n’apporte une solution humaine aux conflits humains. En ce sens, l’homme violent poursuit bien une utopie. »Gandhi ne nous offre pas des réponses à répéter mais il nous invite à poser avec lui les questions essentielles dont l’enjeu concerne le sens même de notre existence et de notre histoire. Et, comme lui-même a tenté de le faire en son temps, il nous appartient d’inventer ici et maintenant les meilleures réponses possibles. Nous avons la conviction profonde que la philosophie politique qui nous permettra de construire, dans la société pluriculturelle qui est désormais la nôtre, une démocratie citoyenne, devra intégrer les intuitions essentielles de Gandhi. L’exigence primordiale de cette philosophie politique est de se référer à l’universel. Et seule la non-violence permet à la philosophie de s’ouvrir a l’universel.

« Dans la confrontation des cultures qui a lieu partout dans le monde et dans chacune de nos sociétés, le message de non-violence que Gandhi a voulu donner au monde peut être essentiel. Pour affirmer leur identité, les hommes et les peuples se réfèrent constamment aux valeurs qui fondent leur propre culture et leur propre civilisation. Chacun affirme que ces valeurs correspondent aux exigences les plus profondes de l’humanité et prétend donc qu’elles ont vocation à être universellement reconnues. Il résulte de ces prétentions contradictoires des antagonismes, des oppositions et des heurts. L’histoire d’hier et d’aujourd’hui nous montre que ces conflits peuvent facilement devenir sanglants et meurtriers. Car chacun, au nom de ses propres valeurs, est tenté d’aller livrer bataille contre les autres. »Pour apaiser ces conflits et établir le fondement d’une existence pacifique entre les communautés et les peuples, des hommes de bonne volonté appellent à la tolérance à l’égard des autres cultures. Ils font valoir que si nous faisons l’effort de mieux les connaître et mieux les comprendre, nous découvrirons ce que chacune renferme de grandeur et de noblesse. Et ils affirment que, pour vivre en paix les uns avec les autres, nous devons accepter nos différences.

« Cela est vrai, mais pour une part seulement. Car, en réalité, n’est-ce pas plutôt nos ressemblances qui engendrent nos querelles, nos conflits et nos batailles ? N’est-ce pas parce que nous imitons nos erreurs et nos fautes que nous nous retrouvons toujours en guerre les uns contre les autres ? Plus précisément, n’est ce pas parce que toutes nos civilisations sont pareillement imprégnées par la culture de la violence que nous sommes continuellement sur le point de nous blesser et de nous meurtrir les uns les autres ? »En réalité, l’idéologie de la violence nécessaire, légitime et honorable qui domine toutes les cultures tend à effacer toutes les différences et à faire apparaître des ressemblances effrayantes. Dès lors, l’urgence, pour construire un avenir pacifié, n’est pas tant d’accepter nos différences que de refuser nos ressemblances.

« La sagesse de la non-violence, que Gandhi voulut expérimenter aussi bien dans la vie quotidienne que dans la vie politique, nous invite à revisiter notre propre culture et à discerner en elle, d’une part, tout ce qui légitime et honore la violence contre l’autre homme, et, d’autre part, tout ce qui demande que l’autre homme soit respecté et aimé. Ce double discernement fera apparaître une double exigence. Une exigence de rupture avec tous les éléments d’idéologie qui justifient le meurtre dès lors qu’il prétend servir une cause juste ; et une exigence de fidélité aux »valeurs« qui confèrent à l’homme dignité, grandeur et noblesse. Par elles-mêmes, ces valeurs viennent contredire la prétention de la violence à régenter la vie des hommes et des sociétés. C’est en fidélité à ces valeurs que chacun de nous pourra découvrir dans sa propre culture les fondements de la sagesse de la non-violence. »Il est contradictoire et, quelque part, malhonnête de s’étonner de récolter la violence après l’avoir cultivée. Cultiver la violence, c’est en faire une fatalité, mais c’est une fatalité tout entière faite de main d’hommes. C’est pourquoi nous sommes mis au défi de cultiver la non-violence. Sans quoi, nous devons craindre d’être incapables d’apprendre l’espérance à nos enfants.«  »Christelijk geloof overtuigde hem niet« titelt Tertio van 23 januari 2008. Wat niet belet dat het evangelie een grote invloed op hem uitoefende. Hij had trouwens altijd het Nieuw Testament bij zich. Op Kerstmis 1931 zei Gandhi tot een groep christenen : »Het is ongeveer 45 jaar geleden dat ik kennis heb gemaakt met de Bijbel. Het Oude Testament vond ik niet erg interessant, maar toen ik het Nieuwe Testament en de Bergrede las, begon ik de leer van Christus te begrijpen. De boodschap van de Bergrede wekte in mij herinneringen op uit mijn jeugd. Die leer zei van geen wraak te nemen en het kwaad niet met kwaad te vergelden /…/. Ik begreep dat de Bergrede gans het christendom bevatte voor wie een christelijk leven wil leiden. Het is de Bergrede die me Jezus heeft doen beminnen".

QUESTION à méditer : le monde actuel – et cela inclut notre gouvernement et nous-mêmes qui votons pour lui – est-il prêt à opérer la conversion et à se plier à l’ascèse que suppose la pratique de la non-violence ?

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