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L A V I G E R I E . be

Mon « ETRE MISSIONNAIRE » en Tanzanie

Vic Missiaen
lundi 2 novembre 2009 par F.D. (Traduction), Webmaster

Les évêques de Tanzanie, par le biais de leur conférence nationale, m’ont demandé de continuer mon travail pour promouvoir, à partir de l’évangile de Jésus, une prise de conscience sociale de la société tanzanienne.

Je voudrais donc résumer brièvement ce que nous avons tenté de faire l’année dernière, pour vous en donner une image concrète.

Ces dernières années la Tanzanie a connu pas mal de changements au plan social. Un observateur attentif des événements en Afrique a certainement constaté une évolution : les gens simples, ceux de la base, ont commencé à bouger et à voir que bien souvent ils sont trompés par leurs propres leaders, qui abusent de leur situation pour se servir eux-mêmes et non leur population.
L’aide étrangère connaît souvent le même problème. La différence de classe, entre riches et pauvres, s’accentue. Ceci est vrai également au plan global, la crise financière en témoigne.

- C’est pourquoi, ensemble avec nos « Professionnels Chrétiens » et la « Commission Justice et Paix », nous avons organisé une rencontre de deux jours, où 31 évêques étaient présents, sur le thème : « Leadership en temps de crise et d’agitation sociale » . C’était en juin 2008. On y est arrivé à plusieurs conclusions, dont nous avons assumé la mise en exécution :

  • Une lettre pastorale des évêques sur ce sujet, qui fut publiée en janvier 2009.
  • Préparer un programme pour l’animation de toutes les paroisses afin qu’ils puissent exprimer leurs soucis pastoraux au niveau social et essayer d’aider les gens dans le besoin en mettant sur pied des organisations d’aide locales (p.ex. caisses de crédit, mutualités). En plus, leur apprendre comment faire pression sur la vie politique et les politiciens afin qu’ils rendent un meilleur service à la population. Nous avons lancé ce programme après une étude approfondie, réalisée avec les chrétiens professionnels qui ont fait ce travail tout à fait gratuitement.

- En mai 2009 nous avons édité une deuxième partie de ce programme, notre Manifeste . Celui-ci présente les mêmes principes, appliqués aux secteurs concrets de la vie sociale, et les priorités que nous voulons mettre en évidence dans le domaine politique.

  • Nous y parlons notamment du leadership moral dans la société, de la place des valeurs spirituelles et éthiques dans la politique économique et sociale, du sens du leadership politique, du rôle d’un gouvernement, d‘un parlement et de la justice.
  • Nous nous demandons quel est le but et la responsabilité des institutions financières (p.ex. les banques), le but d’une planification économique, la répartition équitable du profit et de la production, l’importance des prévisions sociales et des organisations étatiques ad hoc (mutualités, pensions, aide aux handicapés)… ? Beaucoup reste à faire pour ce dernier point.

Nous voulons aider les gens à réfléchir , et à exprimer leurs soucis et leurs besoins, entrant ainsi en discussion avec leurs responsables, non seulement les leaders politiques, mais aussi les responsables socio-économiques et religieux.

Nous voulons promouvoir un débat politique, où les gens apprennent à participer à la vie sociale et exigent d’avoir leur mot à dire dans les prises de décision. C’est la seule façon d’arriver à un vrai développement. Investir de l’argent sans une véritable participation de la population de tout bord entraîne souvent de la corruption et provoque la formation de classes.

La pauvreté se crée par le fait de ne pas utiliser ses propres capacités humaines, par un manque de collaboration et de solidarité effective, par un manque de confiance personnelle et mutuelle. Un pays pauvre ne peut progresser que si la population apprend à faire appel à ses propres ressources et talents et à s’organiser.

C’est pourquoi nous avons mis en œuvre ce programme.

  • Pour les gens c’est une nouveauté d’entendre un tel discours de la part de l’Eglise, mais ils l’acceptent volontiers car, disent-ils, « il s’agit de nos soucis quotidiens ».
  • Pour les responsables de l’Eglise, pour les prêtres et les religieux c’est encore plus difficile . Ils ne voient pas immédiatement comment s’y prendre et pourquoi cette discussion est tellement importante pour l’annonce du Christ et de son évangile. Mais si les responsables d’Eglise ne parlent pas des soucis et des difficultés des gens, il arrivera ce qui est déjà arrivé si souvent dans l’histoire : les gens simples décrocheront et ne se sentiront plus chez eux dans l’Eglise.
  • Certains musulmans se demandent ce que signifie ce programme. L’Eglise catholique aurait-elle un agenda secret pour s’immiscer dans la politique ? D’autre part, les journaux et la radio ont repris ce débat ; des milieux universitaires réagissent ; il y a eu des interpellations au parlement.
  • La grande majorité des musulmans, des universitaires et des médias ont réagi positivement et se réjouissent que notre groupe, ensemble avec les évêques, essaient de promouvoir le sens moral des responsables dans un pays qui connaît une grande pauvreté et où l’ouverture sociale des leaders et de l’élite intellectuelle fait souvent défaut.

Cette animation morale et cette réhabilitation des valeurs éthiques dans la société est d’une importance vitale pour la Tanzanie. C’est d’ailleurs aussi d’importance vitale pour le monde et pour un pays comme la Belgique. Cohabiter avec des personnes d’autres religions et cultures n’est pas un problème si nous apprenons à nous respecter mutuellement et si, ensemble, nous acceptons que Dieu est un Père pour tous les hommes et qu’il veut que nous nous occupions les uns des autres, d’une manière non seulement sentimentale mais concrète. Que nous organisions notre société de telle façon que chacun ait sa chance et qu’il apprenne à faire son devoir de citoyen.

Durant mes vacances, j’ai appris qu’en Tanzanie le débat suit son cours. Mes collaborateurs m’ont envoyé un message : « Merci, P. Victor. Tu as donné ta contribution. Maintenant, repose-toi, c’est à nous de poursuivre ».

Voilà donc quelques exemples de notre travail. Nous avons encore d’autres activités, comme le travail pastoral dans les prisons : nous essayons d’y former des groupes de prière ; nous écrivons des prières spéciales pour les prisonniers ; dans les paroisses nous créons des petits groupes qui s’appellent « amis des prisonniers » et qui leur rendent visite. Nous avons aussi un groupe d’avocats qui conseillent gratuitement les pauvres, et un groupe de médecins qui donnent gratuitement des consultations et des médicaments aux pauvres. Il s’agit de rendre service à ceux qui sont dépourvus et de rendre ainsi témoignage d’une solidarité et d’un engagement chrétiens.

  • P.S. : Il y a quelques semaines j’ai appris que deux de mes proches collaborateurs laïcs ont été invités à participer au 2e Synode africain, qui aura lieu à Rome en octobre. C’est une belle reconnaissance de notre travail et une joie pour toute l’Afrique que quelques laïcs ont été choisis comme observateurs à cette réunion des évêques africains.

Encore merci de votre amitié et de votre aide.
Début octobre je repars avec joie à Dar es Salaam en Tanzanie.

P. Victor Missiaen, Miss. d’Afrique
in Nuntiuncula N°658

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