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missionnaires d’afrique

L A V I G E R I E . be
Madagascar

RESTE AVEC NOUS, SEIGNEUR,
CAR IL SE FAIT TARD...

par le Père Serge Desouter (M.Afr.)
Texte original dans Band 3/4 2017
mardi 3 octobre 2017 par F.D. (Traduction), Webmaster

Comment Serge a-t-il bien pu arriver à Madagascar ?

Bonne question, car nous les Pères Blancs, nous n’avons pas beaucoup de relations avec ce pays. Fin des années 80, la FAO (N.U.) m’a demandé d’y lancer et diriger un projet quinquennal pluridisciplinaire et intégré. Ceci créera entre ce pays et moi un lien qui a tenu jusqu’à maintenant. Déjà à ma première arrivée à l’aéroport d’Antananarivo une charmante dame malgache s’est approchée de moi pour laisser des traces de rouge-à-lèvres sur mes deux joues. Après, elle s’est excusée : elle s’était trompée de personne. Cela peut arriver évidemment, mais ça a aussi caressé ma vanité ! Ainsi le genre était créé, et « la Grande Ile » a pris une place à elle dans mon cœur. Mais aussi pour bien d’autres raisons…

J’habitais à Miarinarivo au lac Itasy dans un petit appartement du diocèse, à côté d’une congrégation de religieuses qui y tenait un noviciat : les Sœurs de N.D. de l’Immaculée Conception (de l’immatriculation, disaient les gens). Je pouvais donc facilement y assurer des services et des conférences pour les Sœurs et les novices. Mais il y avait aussi quelque chose d’autre : tout près se trouvait une prison. Les détenus y vivaient en des conditions misérables, sans soins et affamés car ne recevant pas de nourriture. Plusieurs fois par semaine, un détenu passait sous ma fenêtre poussant une brouette dans laquelle il amenait un homme d’une extrême maigreur, souvent mourant, vers l’hôpital. Tout à fait genre Buchenwald ! Ainsi on pouvait dire à la famille qu’il avait reçu des soins médicaux, mais que malheureusement il avait succombé. La majorité des détenus n’avait d’ailleurs jamais eu de procès devant une institution judiciaire (notoirement corrompue).

Jusqu’à présent ça m’a profondément choqué. Avec les Sœurs nous avons rassemblé nos idées. Nous lancerions un service d’aumônerie et un soutien pour les détenus. Et ça, nous avons continué à le faire jusqu’à aujourd’hui. Nous organisions des distributions de riz avec le PAM (N.U.) avec lequel j’avais des contacts privilégiés. Nous organisions aussi des moments de prière, de pastorale, et de l’aide médicale et juridique. Revenu en Belgique j’ai rassemblé des amis et connaissances pour leur venir en aide. Maintenant je peux y séjourner plusieurs mois par an, et garder encore mieux le contact avec la direction de la prison. Cela donne plus de possibilités. Mais à part cela, j’ai aussi pu en ces 25 ans bâtir deux écoles primaires, un collège, une église et un presbytère, toujours sous l’œil intéressée d’un évêque rayonnant.

Cette année, nous sommes en train d’achever une réserve d’eau (impluvium) à la prison et nous avons organisé une bibliothèque. Déjà, ce « water-supply » peut fournir 30.000 litres d’eau de pluie, suffisant pour passer la période de sécheresse. Nous devrions pouvoir l’achever pour la fin de l’année. Mais pendant ce temps, en février, nous avons connu un cyclone destructeur –du nom de Enawo – et notre secours s’adresse maintenant surtout aux centaines de milliers de victimes qui ont tout perdu. Avec mes amis, confrères et sympathisants en Belgique, nous avons pu aider quelque 800 familles en leur fournissant du riz pour une semaine.

Ce qui m’a vexé pendant cette catastrophe, c’était l’ignorance quasi-totale dans la presse belge de cette calamité humaine. Quand en Chine un autobus fonce dans un arbre faisant deux morts, on le retrouve dans nos journaux. Mais pour une centaine de morts, cent-mille sans abri et la destruction totale des récoltes de riz et de vanille, pas la moindre petite info ou brin de tv. Mais passons.

Et l’avenir ?

La congrégation de religieuses a fait de la prison son objectif prioritaire et le service pastoral y est assuré. Notre présence a aussi pu y empêcher un tas d’abus et de corruption, grâce aux bons contacts avec l’administration pénitentiaire et d’autres relations. Nous commençons l’alphabétisation parmi les détenus, la catéchèse, des célébrations, de l’aide alimentaire, une aide juridique et familiale, des soins médicaux, un jardin potager, des facilités sportives, de l’aide après la fin de la détention, une aide pastorale… Ce dernier aspect est très important pour des gens enfermés. Cela leur donne de nouveaux espoirs, supports et perspectives. Mais ça restera toujours une prison.

P.S. Des dons pour ce projet peuvent être versés au compte de KONTINENTEN vzw

BE66 7380 3734 7143 bic KREDBEBB
Avec l’indication :
Gevangenis Madagaskar (Prison Madagascar)

(attestation fiscale à partir de 40 €)

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