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Lignes de fracture N°82 Breuklijnen

Mai - Mei 2014
mercredi 4 juin 2014 par J.V.

 Il n’a pas faim, ne craint rien : le robot tueur, soldat idéal et controversé

L’Onu héberge pour quatre jours à Genève un débat sur ce nouveau type d’armes. Plusieurs prix Nobel dénoncent ce vecteur d’une guerre qui serait « plus facile ». Où en est la recherche sur ces guerres sans soldats ?

Avantage : il n’a pas faim, n’a pas peur et n’est jamais en colère. Désavantage : il peut devenir un tueur en série. A la grosse louche, c’est le débat qui s’est amorcé mardi à la Conférence sur le désarmement des Nations unies à Genève où des dizaines d’experts sont venus parler d’un sujet déjà bien controversé aux Etats-Unis : faut-il interdire les robots tueurs autonomes dans la guerre ?

Ceci n’est pas de la science-fiction. Les Etats-Unis, mais aussi le Royaume-Uni, la Russie, Israël ou la Chine, ont lancé des programmes de recherche pour remplacer à moyen terme une partie des soldats par des robots sur des champs de bataille.

Dans la zone démilitarisée qui sépare la Corée du Sud de sa voisine du Nord, des robots sur roues de la société Samsung Techwin sont capables de détecter par infrarouges la présence d’êtres humains. Ils sont pour le moment actionnés par des soldats mais disposent d’une technique de tir automatique s’activant à la détection de la chaleur. Et au Pakistan et en Afghanistan, les gouvernements se sont rebellés contre l’utilisation de drones par l’armée américaine et la CIA. L’armée américaine est loin de lancer sur ses champs de bataille des robots du type Terminator, mais envisage des options plus soft, comme par exemple le remplacement de camions de transport par des engins téléguidés.

Les visionnaires vont plus loin

Pourtant les recherches vont bien plus loin. L’industrie militaire envisage depuis plusieurs années des champs de bataille presque entièrement automatisés, avec surveillance satellite et un minimum de soldats d’infanterie. En 2011, l’ancien secrétaire adjoint à la Défense Zachary Lemnios préconisait « de construire des systèmes entièrement automatisés » où les robots pouvaient s’adapter à la nature changeante d’un champ de bataille.

Ces perspectives dressent les cheveux des spécialistes du droit humanitaire. Mardi, une vingtaine de prix Nobel, dont Desmond Tutu, Jody Williams et Shirin Ebadi, se sont joints à la campagne « To Stop Killer Robots ». Selon eux, « laisser les machines tuer pourrait rendre la guerre plus facile et faire porter le poids de la guerre sur les civils ». L’organisation « Human Rights Watch » (HRW) coordonne la campagne et s’interroge dans un rapport de 26 pages sur ce qu’il en restera du droit de la guerre et de ses principes, comme la proportionnalité de la réplique ou l’épuisement de tous les moyens avant l’usage de la force.

Pour HRW et d’autres organisations comme le CICR, le robot n’exprime aucune compassion, ni empathie (des « inhibiteurs importants pour éviter de tuer inutilement ») et n’est pas capable d’exercer un jugement sur un champ de bataille. Sans compter la responsabilité pénale de ces machines en cas de crimes de guerre. « Une arme autonome serait-elle capable de faire la différence entre un civil et un combattant ? », a demandé hier à Genève Kathleen Lawand, du CICR.

Apprendre le bien et le mal

Mais d’autres experts expriment un point de vue différent. Les adeptes des robots estiment que ceux-ci peuvent épargner la vie des soldats et constituer un antidote aux réductions constantes des budgets militaires. Ronald Arkin, un roboticien du « Georgia Institute of Technology », croit qu’il est techniquement possible d’apprendre aux robots à distinguer le bien du mal et à n’utiliser la violence que dans le cadre réduit de certains événements programmés. Arkin a été sous contrat du Pentagone en 2006 pour développer cette « conscience artificielle ».

Ceux-là aussi rappellent que l’armée américaine, et son célèbre département de recherche DARPA, sont à la base de plusieurs inventions qui ont révolutionné le monde, comme le précurseur de l’interface graphique et l’Internet. Aujourd’hui, DARPA travaille sur des robots capables d’intervenir immédiatement dans des catastrophes nucléaires comme celle de Fukushima et a contribué à mettre au point « Cheetah », un quadrupède capable de courir plus vite qu’Usain Bolt.

Christophe Lamfalussy 13 mai 2014
 

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