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L A V I G E R I E . be
Mozambique

Colonialisme et Mission.

Famille-Mission N° 1 - 2011 (extraits)
mardi 12 avril 2011 par Webmaster

Un ancien du Mozambique, le Père Victor Nijs, nous parle de son séjour là-bas, avant l’indépendance.

Né à Tessenderloo en 1930, Victor est entré chez les P.B. en 1950. Il a été ordonné prêtre au Canada en 1957 et nommé pour le Mozambique en Afrique orientale où il arrive en 1958.

Au Mozambique

A cette époque ce pays était encore une colonie du Portugal (jusqu’en 1975). On ne pouvait pas y travailler sans une attestation officielle du Portugal. Après une année d’étude et de travail paroissial, muni d’un certificat de l’enseignement primaire, je me suis envolé vers le Mozambique.

Septembre 1958 : Arrivée à la mission de Chemba, tout près du fleuve Zambèse. D’abord, apprendre la langue et les coutumes de la population.

L’emprise du colonialisme portugais était visible et pesait sur la population. Après plus de 500 ans de présence, la richesse du pays ne profitait qu’aux blancs et au Portugal. Les gens étaient amorphes, ‘on ne peut rien y faire’. La moindre résistance était durement réprimée par l’administration blanche. La police secrète était partout ...

Après neuf mois, enrichi d’une nouvelle langue, j’ai été nommé dans un « petit séminaire », une école secondaire pour la formation des prêtres. Il y avait 180 élèves venant de trois diocèses, en superficie, autant que trois fois la Belgique.

Le retour

1964 : Après sept ans, l’Evêque local, un portugais, m’a prié de quitter son diocèse !?! Tant mieux, j’ai pu me reposer un peu en Belgique. Quelques mois plus tard, j’ai été rappelé par l’évêque de Beira, dans un autre diocèse.

Je suis alors devenu directeur d’une école pour la population noire. Tout en étant responsable du secrétariat, j’y enseignais l’anglais et le français, et je donnais des cours du soir pour adultes. Après avoir appris une autre langue locale, je me suis engagé dans la paroisse, ... et dans le football. La police secrète continuait à nous surveiller, les problèmes se sont accumulés, mais nous avions le soutien de beaucoup de Blancs. Nous avons donc continué.

En 1968 : sur conseil du médecin : repos. Ensuite retour à la brousse avec encore une autre langue, le Chiniungwe qui est apparenté au Chisena ; la région était pauvre et sujette à la sécheresse.

Un projet agricole s’avérait nécessaire. Pendant mes vacances en Belgique de 1969, mes anciens scouts ont commencé une campagne pour ce projet agraire. Dans une usine de tracteurs et un garage, j’ai appris tout ce qu’il fallait faire pour entretenir et réparer ces engins. Pour mon retour au Mozambique j’ai fait le voyage en cargo accompagné d’un tracteur, d’une remorque et d’une charrue : une traversée de trois semaines en mer !

1970 : la famine : une année sans pluie, la nourriture était rare, les puits étaient à sec. La situation politique était sans espoir. La population locale avait besoin d’aide alimentaire, mais le gouvernement refusait d’aider. Certaines familles ont alors formé une communauté qui travaillait avec le tracteur, extraction de roches, plantation d’arbres, labours… A la saison des pluies (novembre) les champs de maïs étaient prêts pour les semailles, il y avait aussi l’arachide et le coton ; quand il y a de la vie il y a de l’espoir.

1971 : La première récolte a été maigre en raison du manque d’engrais. L’armée portugaise exerçait un règne de terreur. En tant que missionnaires nous ne pouvions plus garder le silence. Les 40 Pères Blancs ont réagi, soutenus par d’autres missionnaires, ainsi que de nombreux Blancs.

En mai, nous avons quitté le Mozambique : un chapitre était clos. Beaucoup ont pleuré…

Un vieux rêve

De retour en Belgique, j’ai reçu comme mission de travailler avec les travailleurs immigrés. Un vieux rêve est devenu réalité : travailler à la mine comme ouvrier non qualifié, à 789 m de profondeur. Dur, très dur ! Je n’ai jamais pensé qu’une pelle et un marteau soient aussi lourds. Après le travail, je rendais service comme vicaire à la paroisse : scouts, brancardiers-mineurs accompagnant les malades à Lourdes, contacts avec les jeunes défavorisés.

Ensuite, le diocèse de Hasselt m’a accueilli comme professeur de religion à l’école de Commerce. A Lummen nous avons trouvé une maison idéale pour accueillir des jeunes en difficulté.

Dix ans plus tard il était plus que temps pour un repos bien mérité. C’est ici à Sint-Lambrechts-Herk (près de Hasselt), que j’ai trouvé le home qui convient pour une retraite tranquille.

Victor Nijs
 

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