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L A V I G E R I E . be
Islam

Les itinéraires de conversions

Dossier : L’Islam en Belgique (5)
jeudi 5 février 2009 par Jan Geypens

Le baptême public, par le Pape Benoît XVI pendant la veillée de Pâques 2008, de Magdi Cristiano Allam, converti de l’islam au christianisme, n’est pas passé inaperçu dans le monde en général et a même provoqué un certain remous dans le monde musulman. Cependant, il y a beaucoup plus qu’on ne pense de conversions de l’islam vers le christianisme, en Europe ainsi qu’en Belgique. Cependant, pour ne pas ajouter de difficultés supplémentaires aux convertis, les Eglises restent discrètes et ne donnent pas de chiffres. Par contre, le monde musulman affiche volontiers le nombre de convertis et quand il s’agit d’une personnalité importante la communauté musulmane célèbre l’événement comme une victoire. Ainsi, d’après Abdelkader du Centre Islamique de Bruxelles, en l’an 2004, il y eut 400 citoyens belges convertis à l’islam. Il dit que l’intérêt a grandi depuis les attentats du 11 septembre parce que les convertis avaient découvert une autre image de l’islam que celle donnée par les Media. Parmi les convertis il comptait 300 femmes sans qu’il puisse donner une explication. Cependant pour ce nombre élevé, il nie qu’il s’agisse seulement de mariage, puisqu’un musulman peut épouser une femme non-musulmane. Pour un homme non-musulman, épouser une musulmane, c’est une autre affaire, car là, il y a souvent une histoire de Romeo-Juliette à la base. Mais il y a aussi des raisons plus nobles comme nous le verrons plus loin.

Maintenant, quand quelqu’un, même après une recherche sincère, change de religion, il est considéré par les fidèles de la communauté qui le reçoit comme quelqu’un qui a trouvé la vraie voie (muhtadï), alors qu’il est pour les fidèles de la communauté qu’il quitte comme un apostat (mtourni, murtadd). Dès lors, dire que l’un ou l’autre a été appelé par Dieu à prendre cette décision, n’est-ce pas proclamer que Dieu se trouve d’un seul côté de la frontière ? Chrétiens et musulmans ne peuvent pas réduire Dieu à ce que leurs pensées humaines comprennent de Lui . Dieu veut-il le triomphe de l’islam ? Dieu veut-il le triomphe du christianisme ? La réponse à ces deux questions est bien sûr ’non’. Nous voulons dire par là que Dieu n’est pas au service de nos petites causes, et sa gloire ne consiste pas à faire triompher une communauté sur l’autre. Ce ne serait qu’un orgueil collectif de notre part.

Oui, les chrétiens comme les musulmans, croient que Dieu appelle tout être humain à connaître la Vérité, et à se donner dans l’adoration et l’obéissance.

 Au fond des consciences !

Le musulman peut être convaincu que l’Islam est la seule vraie révélation. Il prie Dieu ’de le guider sur la voie droite’ . De même, le chrétien croit que le Christ est le seul sauveur de tous les hommes. Il prie le Christ, et se sent aimé, pardonné, conduit par le Christ vers le Père. Là est son appel.

Il semble cependant que certains – chrétiens ou musulmans – n’arrivent pas à se sentir ainsi confirmés dans leur foi. Pourquoi ? Quelques fois leur sensibilité a été blessée dans leur religion d’origine si bien que les souvenirs évoqués ne réveillent en eux que douleur et révolte. D’autres fois, ils ont si mal compris les enseignements de leur religion que les mots, les gestes de cette religion, tels qu’ils les sentent dans leur cœur, déforment la vérité sur Dieu. Pour un certain nombre de musulmans c’est la violence en islam qui les en détourne. Ces paroles leur sont inacceptables en conscience. Souvent aussi, leur sensibilité personnelle n’est pas en accord avec l’accent principal de leur religion d’origine. Chaque religion a aussi des points forts, des vérités sur lesquelles elle met l’accent tandis qu’elle considère d’autres dimensions comme secondaires. Cela change d’ailleurs avec les époques et les pays. Ceci ne veut pas dire que leur religion d’origine n’était que mensonge. Cela ne prouve pas non plus que leur nouvelle religion soit la seule vraie. Cela veut dire que, pour eux, il y a un moment où cette nouvelle religion leur a permis d’entendre l’appel de Dieu comme ils n’avaient pas pu le percevoir dans l’autre.

Ces croyants connaissent donc un malaise qu’ils ne s’expliquent pas toujours. Plus ils cherchent, plus ils prient et plus ils se sentent bloqués dans leur foi. Quand ils rencontrent une autre religion, il se fait parfois que le chemin de Dieu de cette religion leur semble plus vrai, plus pacifiant, que ce qu’ils avaient compris jusque là. Quand ils prient pour être guidés, quelque chose en eux semble reconnaître la Vérité, l’appel de Dieu. Ils y répondent. Chaque appel est décrypté et interprété par chacun d’une manière unique. Quelles que soient nos convictions, cette démarche a le droit d’être respectée . Elle ne doit pas être exploitée pour faire de la propagande. Elle ne doit pas être déformée ni souillée au nom d’une certaine contre-propagande.

Bien sûr il y a des gens qui changent de religion et qui entrent dans l’islam ou le christianisme sans aucunement répondre à un appel intérieur, mais pour des motifs plus ou moins inavouables. Mohammed lui-même en a rencontré dans les débuts de l’Islam et a réagi vis-à-vis d’eux en les appelant ’des hypocrites’ , les avertissant qu’ils ne peuvent pas tromper Dieu. Les actions ne valent que ce que valent les intentions. D’ailleurs un verset dans le Coran dit : « Pas de contrainte en matière de religion ».

 La liberté religieuse en islam !

Dans la déclaration finale du Premier Séminaire du FORUM CATHOLICO-MUSULMAN tenu à Rome en novembre 2008, on peut lire sous le n° 5 à propos de la liberté religieuse : “ L’amour du prochain authentique implique le respect de la personne et de ses choix dans les domaines de la conscience et de la religion.” Pour les chrétiens, ce texte signifie clairement qu’il ne s’agit pas simplement de la liberté de culte, mais aussi de la liberté de changer de religion. Mais on doit se poser alors la question : que signifie ce texte exactement pour un musulman en général ? La liberté religieuse a été proclamée par des musulmans dans plusieurs déclarations internationales mais doit souvent être comprise dans les limites islamiques. Notamment pour la plupart des docteurs islamiques le droit de changer de religion évoque souvent la notion de ’liberté à sens unique’ dont l’entrée est libre alors que la sortie est interdite.

L’apostasie pouvait traditionnellement être punie de mort. Il est vrai que la peine de mort pour ’défection’ de la foi islamique n’a été prononcée que très rarement dans la tradition. On connaît des cas en Iran et au Soudan. L’apostasie n’est plus formellement reconnue, dans le système juridique des Etats islamiques, comme un acte criminel. Toutefois, lorsqu’ils se convertissent à une autre religion, les convertis doivent s’attendre à de lourdes conséquences partout dans le monde islamique. Non seulement au mépris social, mais à toutes sortes de sanctions sur le plan du droit civil ou même du droit pénal.

Ceux qui viennent de l’islam rencontrent une certaine méfiance de la part des chrétiens. En Hollande, en 2008, Ehsan Jami a voulu réunir ceux qui avaient quitté l’islam, mais les membres de son groupe subissaient trop de menaces.

Cependant le converti est un témoin unique du dialogue !

DOSSIER : l’Islam en Belgique (5)
réalisé par J. Geypens, mafr
pour le Groupe « RENCONTRE »,
(Annexe NUNTIUNCULA n°654-février 2009)


Sources :

  • J-M.Gaudeul ’Appelés par le Christ’ CERF ;
  • Ibn Warraq ’Weg uit de islam’ Meulenhof, Amsterdam.

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