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L A V I G E R I E . be

Lignes de fracture N°49 Breuklijnen

Juillet - Juli 2011
samedi 30 juillet 2011 par J.V.

 R W A N D A

- France : Le parquet défavorable à l’extradition de Mme Habyarimana vers le Rwanda

Ce mercredi 29 juin 2011, la veuve de l’ancien président rwandais dont l’assassinat avait déclenché le génocide de 1994 comparaissait devant la Cour d’appel de Paris qui statuait sur la demande d’extradition émise par les autorités de Kigali en octobre 2009 pour génocide et crimes contre l’humanité.
Pour la première fois dans des cas similaires de demande d’extradition vers le Rwanda, les autorités de Kigali étaient représentées devant la Cour en l’occurrence par Me Paruelle qui a plaidé pour une remise aux juridictions rwandaises de Mme Habyarimana car elle serait la cheville ouvrière du génocide, « l’éminence grise du 1er cercle du pouvoir hutu » qui aurait conçu et organisé le génocide des tutsis en 1994 faisant entre 800.000 et 1.000.000 de morts.

L’audience a commencé par un rappel de la Cour à l’ancienne première dame du Rwanda des 7 chefs d’accusation qui pèsent contre elle.

Se prononçant sur ces chefs d’accusation, le procureur les a trouvés truffés d’imprécisions dans les dates, de généralités des faits, de textes entretenant un « flou artistique » et n’ayant pas de fondement légal, ce sont ces raisons qui ont motivées l’avis défavorable qu’il a émis à la demande d’extradition vers le Rwanda. Aussi selon le parquet général, les juridictions rwandaises ne répondraient pas encore aux exigences du droit français et international.

 

- Le génocide a tout changé

Après les événements tragiques de 1994, les femmes ont hérité en partie du pouvoir. Elles sont désormais fortement représentées dans la vie politique et économique.

Les massacres des Tutsis et des Hutus modérés perpétrés par des milices hutues et les vengeances qui s’ensuivirent ont laissé le Rwanda exsangue, avec une population composée alors à 60 % de femmes et 40 % d’hommes. Comme des milliers d’hommes étaient en prison pour crime de guerre ou s’étaient réfugiés en république démocratique du Congo, par la force des choses, les femmes ont dû se lancer dans les affaires et la politique. Elles avaient beau bénéficier d’un statut social relativement plus élevé dans leur pays que partout ailleurs en Afrique, les Rwandaises n’avaient pas réellement accès à la propriété et les femmes chefs d’entreprise étaient rares.

Mais cette situation a changé rapidement, notamment dans l’agriculture, où de nombreuses femmes ont dû reprendre la direction des exploitations. Elles ont été appuyées dans cette tâche par les nombreuses organisations étrangères venues au chevet du Rwanda et notamment par le biais de la formation. La nécessité de faire évoluer les mentalités a été vite comprise par le pouvoir, qui, en 1999, a engagé des réformes permettant aux femmes d’hériter de propriétés – une décision qui a changé la vie de nombreuses femmes dans le secteur agricole. En parallèle, les femmes ont commencé à s’imposer en politique. Aujourd’hui, les Rwandaises détiennent 48 % des sièges au Parlement, un taux inégalé dans le monde. Elles représentent 36 % des membres du gouvernement et occupent des postes importants aux ministères du Commerce, de l’Agriculture, des Infrastructures, des Affaires étrangères et de l’Information. Quarante et un pour cent des entreprises locales sont détenues par des femmes, contre 18 % en RDC par exemple. Selon la Banque mondiale, le Rwanda compte le pourcentage le plus élevé de femmes chefs d’entreprise en Afrique, après le Ghana, avec 44 %.

Le Courrier International, n° 1079 du 7-7-2011
 

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